Lundi, 18 mai 2026
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    Brussels Pride recule après une controverse entourant la visibilité des personnes juives LGBTQ+

    La Brussels Pride se retrouve au cœur d’une controverse après qu’un groupe LGBTQ+ juif belge ait affirmé avoir reçu des consignes lui demandant de limiter l’affichage visible de son identité juive pour participer au défilé.

    Selon plusieurs médias, dont Jewish News, l’organisation aurait finalement fait marche arrière et retiré ces conditions à la suite d’une vague de réactions critiques.

    « Notre présence était acceptée seulement si elle restait discrète »
    Le groupe Mazal Pride, qui représente des personnes LGBTQ+ juives en Belgique, affirme avoir été informé qu’il pourrait participer à la Pride de Bruxelles, mais sous certaines conditions.

    Dans un message publié dans le groupe Facebook « BaLaGan! – LGBT+ Jews in and around Brussels », un membre du collectif explique avoir reçu une liste de restrictions jugées profondément choquantes.

    Selon cette publication, les organisateur·trice·s auraient notamment demandé de ne pas afficher le logo du groupe; d’éviter le symbole de l’étoile de David, et même de ne pas utiliser le mot « juif » sur les bannières du groupe.

    Le message sur Facebook affirme : « On nous disait que nous avions notre place à la Pride et dans la communauté LGBTQ+ de Bruxelles, mais seulement à certaines conditions qui nous ont profondément blessés. »

    Le collectif affirme également avoir été informé que ces restrictions découlaient de préoccupations liées à la sécurité dans le contexte actuel.

    « Nous refusons de cacher qui nous sommes »
    Pour les membres de Mazal Pride, cette demande allait à l’encontre même des valeurs portées par les événements de la Fierté.

    « Entendre cela dans un événement censé célébrer la fierté et la liberté d’exister a été extrêmement douloureux », peut-on lire dans le message.

    Le collectif estime que les conditions imposées revenaient essentiellement à invisibiliser leur identité. « Le message que nous recevons, au final, c’est que notre présence est acceptable seulement si elle n’est pas trop visible. Nous refusons d’accepter l’effacement de notre identité comme solution. Nous refusons l’idée que les personnes juives doivent cacher qui elles sont pour participer à un espace public, militant et festif. »

    Malgré la controverse, Mazal Pride indiquait vouloir participer à l’événement « plus fier que jamais », même si cela signifiait initialement limiter certains symboles visibles.

    Des tensions qui traversent plusieurs espaces militants
    Cette controverse survient dans un contexte international particulièrement tendu autour des questions liées à l’antisémitisme, à la guerre à Gaza et aux débats politiques qui traversent plusieurs mouvements progressistes et LGBTQ+. Depuis plusieurs mois, des tensions similaires ont émergé dans certains événements communautaires en Europe et en Amérique du Nord (y compris au Canada), où des groupes juifs queer affirment parfois se sentir marginalisés ou exclus. À l’inverse, certains militant·e·s pro-palestiniens dénoncent aussi des tentatives de récupération politique de la lutte contre l’antisémitisme pour faire taire certaines critiques envers Israël.

    Quoi qu’il en soit l’instrumentalisation des enjeux géo-politiques en lien avec la fierté ont surtout réussi à montrer une division interne et à mettre à l’arrière les enjeux de la montée du conservatisme, la hausse de la transphobie et de l’intolérance en lien avec les questions de la non-binarité, mais aussi le recul général des droits LGBTQ+.

    Une question sensible aussi au sein des communautés LGBTQ+
    Pour plusieurs observateur·trice·s, cette situation illustre les défis grandissants auxquels font face les organisations LGBTQ+ lorsqu’elles tentent de concilier sécurité des participant·e·s, diversité des identités, la liberté d’expression et tensions géopolitiques internationales entre groupes LGBTQ+.

    Au Québec également, plusieurs organismes LGBTQ+ rappellent l’importance de maintenir des espaces inclusifs exempts à la fois d’antisémitisme, d’islamophobie, de racisme et de haine envers toute communauté.

    Le Conseil québécois LGBT souligne régulièrement que les espaces queer doivent demeurer sécuritaires pour l’ensemble des personnes LGBTQ+, quelles que soient leurs origines ethniques, religieuses ou culturelles. 

    Pour plusieurs militant·e·s, l’affaire soulève une question fondamentale : comment préserver des espaces de solidarité queer réellement inclusifs dans un climat politique de plus en plus polarisé?

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