Directeur général chez Interligne
Tu as déjà été enseignant, entrepreneur et gestionnaire à la Défense. Sens-tu que ton travail chez Interligne te nourrit différemment ?
Pascal Vaillancourt : Depuis longtemps, j’ai besoin de savoir que ma job sert au bien commun. Dans mon emploi au sein des Forces canadiennes, je travaillais dans le programme des cadets du Canada : un des objectifs était le développement de la citoyenneté et du leadership chez les jeunes, pour faire des citoyen·ne·s plus engagé·e·s qui comprennent leur environnement social. Il y avait déjà beaucoup de sens. En enseignement, je transmettais des connaissances et je préparais les ados à leur future vie d’adulte.
En 2015, je suis arrivé à Gai Écoute (NDLR : qui est ensuite devenu Interligne) parce qu’il y avait une limite au sens que je trouvais dans mes précédents emplois, souvent liée à la structure. Dans le milieu communautaire, j’ai gagné plus d’agilité. C’est un milieu où on peut faire une différence, même si on a moins de ressources. Gai Écoute, c’est un organisme que j’ai utilisé quand j’étais ado. Je savais comment ça pouvait faire une différence. Ça me nourrissait de savoir que je venais soutenir ces communautés-là.
Si Interligne avait un financement stable et à la hauteur de ses besoins, que pourriez-vous faire de plus pour soutenir nos communautés?
Pascal Vaillancourt : On stabiliserait notre service de nuit, qui est toujours fragile, car il est financé à « projet » pour le moment. On augmenterait le nombre de personnes intervenantes pour toucher plus de gens et avoir plus d’impact. On serait plus proactifs et proactives dans les campagnes de sensibilisation dans les milieux scolaires et de travail : on le fait avec des ressources limitées pour le moment. Je rêve aussi qu’Interligne devienne une ressource d’hébergement ou de crise pour les personnes qui vivent des situations difficiles : il y en a peu pour les personnes LGBTQ+. En résumé, on déploierait encore plus l’expertise développée depuis 46 ans.
Y a-t-il un·e leader communautaire qui t’inspire?
Pascal Vaillancourt : J’ai de l’admiration pour des gens qui ont fait l’histoire, dont la
militante trans Marsha P. Johnson et des personnalités politiques très fortes comme
Christiane Taubira, dont j’admire l’intelligence, la bienveillance, l’éloquence et l’authenticité.
En général, j’admire plusieurs personnes de notre écosystème, comme Mona Greenbaum et Marie Houzeau, qui ont donné des décennies à nos communautés. Elles ont fait avancer les choses au Québec à leur façon. Ce sont surtout des femmes, cis et trans, que j’admire. Il y a quelque chose dans leur leadership qui me rejoint davantage.

