Cofondatrice de Fierté au travail Canada et du Fonds de la Purge LGBT
Lequel de tes engagements LGBTQ+ te rend la plus fière?
Martine Roy : En 1994, j’ai fondé le Bad Girls Club Montréal pour amasser des fonds pour nos ami·e·s qui étaient en train de mourir du sida. Par la suite, j’ai créé le regroupement d’employé·e·s LGBT chez IBM à Montréal en 2005.
Puis, j’ai participé à la fondation de Fierté au travail Canada, qui perdure depuis 15 ans. Ça aide plus de 200 compagnies à soutenir les regroupements d’employé·e·s 2ELGBTQI+ et à s’impliquer dans la communauté en aidant GRIS Montréal, Interligne, la Fondation Émergence et plusieurs autres. On est allé chercher des compagnies qui n’étaient pas très inclusives et qui le sont devenues.
Je suis également fière d’avoir fondé le Fonds de la Purge LGBT, qui a obtenu le plus gros recours collectif gagné pour la communauté, avec 145 millions. On organise une exposition avec le Musée des droits humains qui s’en vient à Montréal en octobre 2027.
Y a-t-il un prix à payer pour faire changer les choses ?
Martine Roy : Dans les années 1990, quand j’amassais des fonds pour aider mes ami·e·s qui avaient le VIH, je ne me posais pas de questions. C’était comme un film d’horreur. On n’avait rien pour arrêter ça. Ça a tout pris pour qu’on trouve une thérapie. Mes implications avec la Fondation Émergence, Fierté au travail Canada et la Purge LGBT demandent des voyages et des présences constantes. Le prix à payer est une question de temps qu’on ne donne pas à nos familles. Il a fallu se battre pour obtenir nos droits et faire beaucoup de lobbying auprès des politicien·ne·s et des organisations. Ça a été très dur pour ma famille. J’ai deux enfants de 8 et 10 ans. En m’impliquant autant, j’ai été moins présente. C’est un prix très difficile à payer. Ce n’est pas toujours facile de dire non à certaines choses, alors que la demande est grande. Je dois apprendre à viser l’équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle.
Que dirais-tu pour encourager les jeunes générations à s’engager?
Martine Roy : Ça ne va pas si mal que ça, si on regarde tout ce qu’on a gagné : le droit de se marier, d’avoir des enfants, de procréer, etc. Cela dit, il faut que les jeunes restent au front pour maintenir nos droits. Il y a encore des tempêtes et des vents de la droite qui soufflent fort. La Charte des droits et libertés est là pour nous protéger et on doit s’en servir. J’ai démontré que ça vaut la peine d’utiliser la justice pour défendre nos droits, qui sont si importants.

