Jeudi, 16 septembre 2021
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    Les Sœurs Auxiliatrices : défenderesses des valeurs de justice

    À l’aube de la disparition de leur petite communauté, qui comptait jadis 35 religieuses, les Sœurs Auxiliatrices commencent l’inéluctable tri, au terme d’une vie. Si elles sont aujourd’hui au nombre de sept, les religieuses reviennent sur leur passé pour mieux construire leur fin de vie, leur sortie. Ainsi soient-elles pose un regard tendre et observateur questionnant l’inévitable: Quel avenir pour leur communauté?

    Armées de leur foi, Gisèle, Marie-Paule, Nicole, Suzanne et leurs sœurs se préparent à léguer un précieux patrimoine. «À toi qui as contribué au renouvellement de la vie religieuse au Québec», annonce l’un des premiers plans du film à l’une d’elles, centenaire. Un an plus tard, on constate son décès. «Quand on travaille dans les archives, ça nous fait revivre beaucoup de souvenirs», exprime sa consœur. C’est notamment dans cette optique que le film de Maxime Faure se positionne, un testament unique sur le legs de grandes militantes féministes québécoises. 

    Les Sœurs Auxiliatrices du Purgatoire étaient engagées dans la défense de droits, tant dans le milieu laïque que chrétien. Au fil des décennies, elles militent pour la pauvreté, l’égalité, les droits des femmes, elles sont de la Marche du Pain et des Roses. Alors qu’elles visionnent À la recherche d’un renouveau (1968), une émission dans laquelle elles témoignèrent jadis des préoccupations de l’époque, les octogénaires semblent émues de constater leur militantisme d’hier. Ce spectacle est désarmant à maints niveaux. Il nous permet de ressentir le militantisme qui a animé ces femmes toute leur vie, mais il est triste de constater que nombre des enjeux sont encore à l’ordre du jour. «Apprendre à être femme est un processus. Je ne peux pas être complètement moi-même si les autres femmes ne peuvent pas vivre dans de bonnes conditions», dira une sœur en regardant son épinglette «Féministe tant qu’il le faudra!». Si nous voyons sœur Suzanne Loiselle recevoir la Médaille de l’Assemblée nationale des mains d’Amir Khadir, nous la voyons également militer et s’exprimer sur diverses tribunes radiophoniques. «On s’est engagé pour la cause des droits des femmes. Les luttes féministes, syndicales et internationales, ne meurent pas. Quand on voit toutes ces femmes qui s’engagent sur le terrain, ce sont comme nos filles. C’est la relève qui prend le relais!»

    Sympathique, authentique et touchant, Ainsi soient-elles pose gentiment des ultimatums. Qu’advient-il du militantisme après la mort? Du devoir de mémoire? Et enfin, «imaginez si le pape était une femme. Si la première ministre, la chef des soldats, etc., bref tous les postes de pouvoir étaient occupés par des femmes? Comment réagiriez-vous? Vous diriez : ça n’a pas de bon sang? Pourtant, ces gens nommés sont en majorité des hommes…» Bien sûr, c’est appelé à changer et la présentation de l’élection de Manon Massé, en fin de film, démontre le vent qui tourne. Certes, les changements sont lents, à la manière de ce film très réflexif qui démontre que, parfois, il ne suffit pas d’une vie pour constater le fruit du travail accompli. 

    INFOS : Ainsi soient-elles de Maxime Faure (Québec/France. 2019. 75 minutes)
    Facebook : facebook.com/ainsisoientelleslefilm  

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