Dimanche, 25 septembre 2022
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    JO de Pékin : Quels droits pour la communauté LGBTI+ en Chine?

    La Chine, où a débuté le 4 février les Jeux olympiques d’hiver, accueille un nombre record d’athlètes LGBTI+ pour l’évènement. Mais qu’en est-il des droits de la communauté dans le pays ? Entre conservatisme et début d’ouverture, gros plan sur la réalité des existences queer en Chine.

    Pékin accueille les JO d’hiver présentement, mais qu’en est-il des droits des personnes LGBTQ+ dans le pays, alors qu’un nombre important d’athlètes ouvertement LGBTQ+ (au moins 35…) sont présents en Chine ?

    Comme beaucoup d’autres pays, la Chine a attendu la fin des années 90 pour dépénaliser l’homosexualité, considérée jusqu’en 2001 comme maladie mentale. Depuis, des associations de défense des personnes LGBTQ+ ont été créées, la première marche des fiertés a eu lieu et des clubs gais et lesbiens se sont ouverts.

    Une censure grandissante contre la communauté LGBTQ+
    Bien qu’il n’existe plus de loi criminalisant l’homosexualité, ces derniers mois ont vu fleurir la censure de contenus liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. En juillet 2021, l’application WeChat qui comptabilise plus d’un milliard d’utilisateurs avait fermé nombre de  comptes féministes et LGBTQ+.

    Encore plus récemment, une note du service interne de l’agence centrale de réglementation, de censure, de surveillance et de contrôle d’internet du pays indiquait que tous les personnages efféminés, sans genre clair ainsi que toute relation entre personnes LGBTQ+ allaient désormais être interdits dans les jeux vidéos. En 2016, le pouvoir central chinois avait déjà eu recours à la censure en empêchant la production de la saison 2 de la web-série gai à succès Addicted.

    Ne pas demander, ne pas en parler  
    En réalité, les chinois pratiquent ce qu’on appelle communément le « Don’t Ask, don’t Tell » (« Ne pas demander, ne pas en parler ») en référence à la consigne qui circulait au sein de l’armée américaine jusqu’en 2011 et qui interdisait aux membres des Forces américaines d’évoquer leur orientation sexuelle.  Les personnes queers décident le plus souvent de ne pas évoquer leur sexualité quand le reste de la population refuse de s’attarder sur la question.

    Dans certaines régions du pays, les choses peuvent aller beaucoup plus loin. Ces dernières années s’est par exemple développée la pratique du « Xing Hun ». Ce concept qui consiste à mettre en lien des hommes gais et des femmes lesbiennes afin d’arranger des mariages est devenu très populaire. Grâce à cela, les faux partenaires peuvent présenter un conjoint ou une conjointe à leur parent et leur famille tout en continuant de vivre leur homosexualité en secret.

    Le poids de la famille
    En Chine, le poids de la famille est très important. Avec la politique de l’enfant unique, beaucoup de parents n’ont qu’un seul enfant. Dès lors, ils n’ont qu’une peur : que leur fils ou leur fille soit gay ou lesbienne et donc que leur descendance ne soit pas assurée. Aujourd’hui encore, il reste difficile pour les Chinois LGBTQ+ de sortir du placard.

    Pour autant cela ne signifie pas que toute vie out est impossible dans l’empire du Milieu. Certaines grandes villes comme Shanghai ou Chengdu (la capitale gaie du pays, aussi surnommée Gaydu) sont connues pour être des lieux de vie de la communauté LGBTQ+.

    Et qui sait, avec entre 50 et 130 millions de Chinois LGBTQ+, le pays tout entier finira peut-être par s’ouvrir un jour ?

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