Vendredi, 9 Décembre 2022
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    Michel-Émile Gendron, écrivain et ex-collaborateur de Fugues n’est plus

    Un ancien collaborateur de Fugues, Michel-Émile Gendron, est décédé à Québec autour du 7 ou 8 janvier dernier. Il serait mort de causes naturelles. C’est la sœur de M. Gendron qui a retrouvé son corps sans vie, une semaine plus tard.

    « J’ai connu Michel-Émile Gendron au courant des années 70, par le biais d’amis qui habitaient à Québec », se rappelle Jean-Denis Lapointe, qui fut responsable de la rédaction de Fugues à ses débuts, puis de celle de Zipper. « À cette époque, Michel enseignait la littérature québécoise et tenait une petite galerie d’art sur Grande Allée. Il avait une belle personnalité, de la classe, il était cultivé, c’était un bel esthète qui s’entichait de beaux éphèbes. La vie lui souriait et il mordait dedans à pleines dents. Nous nous sommes reconnu des intérêts communs, dont la musique […] et l’écriture. De mon côté, j’étais à la rédaction du magazine Fugues et je lui ai offert de rédiger des textes, des historiettes, des nouvelles, mais aussi une chronique sur les bars de Québec à titre de représentant », de dire Jean-Denis Lapointe. Michel-Émile Gendron a enseigné la littérature au cégep de Sainte-Foy durant de nombreuses années. Tout en étant professeur, il a fondé sa propre maison d’édition, Lizon-Ozé. 

    Un auteur prolifique
    « Son humour caustique ne plut pas », de renchérir Jean-Denis Lapointe. « C’est sans doute à ce moment que Michel décida d’écrire ses romans et fonda sa maison d’édition, ainsi il se sentirait libre de dire ce qu’il veut et comme il le voulait. […] Malgré que la vie n’était plus aussi simple avec le temps, Michel gardait toujours cette envie de vivre, de profiter de chaque moment, de partager avec ses amis les moindres joies, fussent-elles passagères. C’est ainsi que j’ai connu Michel-Émile Gendron. »

    Dès 1985, M. Gendron collaborera donc à Fugues, puis aux défuntes revues érotiques Zipper et ZIP. Il publiera également plusieurs romans et essais, dont L’assassin à la jarretière (2008), Mes drôles de Matantes (2009), Le filleul superstitieux (2011), Les olympiades du Mont-Charnel (2012), Les fils d’Abel (un récit historique publié en 2012), Ce n’est pas un roman ou comment assassiner ses rêves (2014), Puerto Vallarta, ville de légendes (2018), ainsi que Nouvelles gaies à cloche-pied, également en 2018. 

    En 2012, Michel-Émile Gendron lance Chroniques z’érotiques de l’ère pré-sidéenne et petits poèmes de circonstance, un recueil de contes et de nouvelles érotiques parfois illustrés par l’artiste Zolon et dont la grande majorité a été publiée dans les magazines Fugues, Zipper et ZIP, entre les années 1985 et 2000. Il entreprend ainsi une série intitulée Les complices du juvénat, « soit des nouvelles de jeunes novices [et leurs aventures érotiques] qui étudiaient pour entrer en religion, et ce, sous la plume de Émile de la Vérendière », rajoute M. Lapointe.   

    En 2015, Michel-Émile Gendron publie La vie gaie à Québec, un ouvrage sur l’histoire de la présence de la communauté gaie dans la Vieille Capitale. Il reçoit la collaboration de l’historien Yves Beauregard (qui a fondé la revue d’histoire Cap-aux-Diamants ) afin de parcourir les quatre siècles de la vie homosexuelle dans la capitale depuis les débuts de la Nouvelle-France jusqu’à aujourd’hui. M. Gendron avait d’ailleurs réservé le lancement de ce livre pour le week-end de la Fête Arc-en-ciel qui battait son plein à la fin du mois d’août 2015. « Il faut par ailleurs souligner que l’ouvrage est abondamment illustré à l’aide de reproductions d’articles de journaux et revues, publicités, cartes postales et photographies de toutes sortes. Le tout a sans doute nécessité un nombre incalculable d’heures de recherche puisque les sources sont souvent assez rares », écrivait d’ailleurs mon confrère Benoît Migneault dans le Fugues à propos de ce livre. 

    « J’étais en contact avec lui régulièrement. La dernière fois que l’on s’est vus remonte au mois d’avril dernier. Je garde le souvenir d’un homme intègre et sans compromis, un homme désespérément en quête de bonheur dans ce monde où on ne le rencontre pas si facilement. Adieu, mon ami, mon Mimi. »

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