Mercredi, 7 Décembre 2022
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    Qui est Tomson Highway, récipiendaire du prix Violet ?

    L’écrivain et musicien Tomson Highway, qui s’est fait connaitre notamment par les pièces de théâtre The Rez Sister et Dry Lips Oughta Move to Kapuskasing, ainsi que le roman à succès Kiss of the Fur Queen, recevra le prix Violet Metropolis bleu 2022, un prix remis à un écrivain canadien issu de la communauté LGBTQ+ pour l’ensemble de son œuvre. 


    Auteur acclamé dans le monde entier, Tomson Highway est un artiste cri ludique qui affirme joyeusement son orientation gaie. Il partage son temps entre ses voyages à l’étranger et le nord de l’Ontario et il est sans contredit l’un des plus grands écrivains autochtones que l’Amérique du Nord ait connus. Il est aussi un pianiste virtuose et un communicateur exceptionnel qui parle plusieurs langues, dont le français.

    Né dans une région isolée du nord du Manitoba, Tomson Highway a vécu les premières années de sa vie dans un tipi en forêt avant d’être envoyé dans une école. Il a étudié à l’Université du Manitoba, à Londres et à l’Université Western en Ontario, d’où il détient des baccalauréats en musique et en littérature. Il est l’auteur d’une quinzaine de pièces, dont  The Rez Sisters (prix Dora Mavor Moore, représentant le Canada au Festival international d’Édimbourg et finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général), et Dry Lips Oughta Move to Kapuskasing (prix Dora Mavor Moore et prix Floyd S. Chalmer). En 1998, Highway publie un premier roman, Kiss of the Fur Queen (Éditions Doubleday Canada), qui obtient un grand succès critique et populaire et devient rapidement un best-seller au Canada. Ce roman est paru en français en 2004 sous le titre de Champion et Ooneemeetoo (Éditions Prise de parole).

    L’auteur, que l’on compare souvent à Michel Tremblay, n’hésite pas à recourir à l’humour. Un humour qui fait ressortir le côté bienveillant et pacifique des peuples autochtones. Il a publié également, en anglais et en cri, une trilogie de livres pour enfants intitulée Songs of the North Wind. Ces livres ont été traduits en français, il y a deux ans, par la Gatinoise Mishka Lavigne. À travers les aventures des frères Joe et Cody — une version fictive de l’auteur lui-même et de son petit frère —, Tomson Highway raconte les souvenirs de son enfance dans un petit village isolé, situé dans le nord du Manitoba, tout près de la frontière du Nunavut, nous faisant découvrir des mots en langue cri.

    De 1986 à 1992, il est directeur artistique de Native Earth Performing Arts Inc., la seule troupe de théâtre autochtone professionnelle de Toronto. En 1994, il est nommé membre de l’Ordre du Canada, devenant le premier auteur autochtone à recevoir cet honneur. Il détient cinq doctorats honorifiques et la Fondation nationale des réalisations autochtones lui a remis un prix d’excellence. En 2003, l’École nationale de théâtre lui décernait le prix Gascon-Thomas.

    En 2008, il signait le livret du premier opéra en langue crie : Pimooteewin, qui signifie le voyage et qui aborde le deuil à travers l’histoire de personnages mythologiques cris. En 2009, l’Espace Go ouvrait sa 30e saison avec la pièce Une Truite pour Ernestine Shuswap, mettant en scène quatre femmes autochtones qui doivent préparer un repas en l’honneur de Wilfrid Laurier de passage à Kamloops en Colombie-Britannique. Par la voix des quatre femmes, la pièce, entre fiction et réquisitoire, détaille la manière dont les peuples autochtones ont été dépossédés de leur territoire et de leur culture. Les œuvres de Tomson Highway font partie du programme d’études de nombreuses écoles et universités canadiennes. Plusieurs universités allemandes ont aussi intégré ses œuvres dans leur programme d’études canadiennes. Son roman Kiss of the Fur Queen a d’ailleurs été traduit en allemand en 2001.

    L’an dernier, il publiait la première partie de ses mémoires (il prévoit d’en publier cinq), sous le titre Permanent Astonishment. Ce premier tome (offert en anglais seulement pour le moment) se concentre sur la naissance et l’éducation de Highway dans les années 1950 et 1960, principalement dans les environs de Reindeer Lake, une région du nord du Manitoba et de la Saskatchewan, juste au sud de l’actuel Nunavut et à près de 1 000 kilomètres au nord de Winnipeg à vol d’oiseau. Sa famille nomade — Highway était le onzième de 12 enfants, bien que 5 frères et sœurs soient morts dans l’enfance — vivait sur diverses îles, utilisant le village indigène isolé de Brochet comme base.

    Vers la fin du livre, Highway raconte brièvement une expérience d’attouchements sexuels par un prêtre, alors qu’il était dans le système des pensionnats, qui a officiellement fonctionné au Canada de 1880 à 1996. Au cours de nombreuses décennies, d’innombrables Autochtones ont dénoncé les abus sexuels ou autres qu’ils ont subi au sein de ce système. Mais cette histoire horrible n’est pas la clé de la façon dont Highway voit l’histoire de sa vie : « Un jour, j’espère qu’ils écriront à ce sujet parce que je ne peux pas. Et pour ceux qui ne le peuvent pas, j’ai fait de mon mieux pour écrire cette histoire de survie pour vous. »

    Le public francophone pourra découvrir cet artiste exceptionnel, drôle et attachant, lors de la cérémonie de remise de prix qui aura lieu le 7 mai prochain, à 14 h 30, et sera suivie d’un entretien sur scène avec Ange Loft et Christopher DiRaddo, ainsi que d’une séance de dédicaces.


    INFOS | Pour connaître la liste des événements LGBTQ+ qui se dérouleront, du 28 avril au 8 mai 2022, dans le cadre du festival Métropolis Bleu, visitez le metropolisbleu.org

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