Jeudi, 29 septembre 2022
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    San Francisco, la cité perdue dans les nuages

    Sommes-nous dans un rêve, dans une publicité de fromage à tartiner ou tout simplement dans une ville enveloppée de nuages et de brouillard ? C’est la question qui nous est venue à l’esprit en sillonnant les rues de San Francisco, avec l’impression d’être emprisonnés — pour notre plus grand bonheur — dans une cloche de ouate. Comme si le temps s’était arrêté afin qu’on s’imprègne de l’atmosphère détendue de la côte Ouest.


    Après un vol direct d’environ six heures à partir de Montréal, un nouveau trajet inauguré à l’été 2022 par Air Transat, nous découvrons vite pourquoi San Francisco est souvent décrite comme la capitale LGBTQ+ de la planète : l’aéroport international a dédié un terminal entier à Harvey Milk, le premier élu ouvertement gai de la Californie. Si le nom du célèbre activiste ne dit rien aux millions de personnes qui y transitent chaque année, elles pourront difficilement manquer la photo géante du politicien en train d’embrasser son amoureux Joseph Scott Smith. L’aéroport — dont l’extérieur était illuminé aux couleurs des communautés queers durant notre séjour en plein cœur de la Pride en juin — mise également sur une série d’œuvres d’art exposées sur ses nombreux murs : un clin d’œil au caractère résolution artistique et bohème de cette ville qu’on aime instantanément.


    Peu à peu, nous découvrons ce territoire de seulement 121 kilomètres carrés, qui nous procure la savoureuse impression de découvrir une petite grande ville comme Montréal ou Amsterdam. D’ailleurs, saviez-vous que le comté de San Francisco comptait moins d’un million de personnes ? Selon les informations obtenues sur place, la Fog city a perdu plusieurs habitant.e.s depuis que la pandémie a poussé quantité de professionnel.le.s de la technologie à travailler à distance de la Silicon Valley. Les dernières années ont également vu le nombre de personnes sans-abri et consommatrices de drogues augmenter en flèche.

    Il n’est pas rare de les croiser dans Union Square, mais n’écoutez pas les ragots affirmant qu’elles sont partout. Il suffit de vous éloigner du centre pour nuancer votre perspective. Vous cherchez une façon unique de découvrir la ville ? Alors, prenez place dans un minibus aux charmes vintage de la compagnie San Francisco Love Tour. Imaginez la scène un instant. Vous êtes à bord d’un véhicule peinturé aux couleurs des années peace & love qui font tourner les têtes partout sur votre passage. Vous écoutez les blagues et les informations des guides passionné.e.s par leur ville et vous vous laissez planer sur la musique de John Lennon, ABBA et Jefferson Airplane, au fur et à mesure que vous croisez Chinatown, Little Italy, le Fisherman’s Wharf (pour admirer l’ancienne prison d’Alcatraz au loin et quelques phoques de plus près), la magnifique baie de San Francisco, l’incontournable Palais des beaux-arts (l’une des plus belles choses que nous ayons vues à ce jour), le cimetière national, le Japanese Tea Garden, l’inoubliable rue Lombard, le Golden Gate Bridge et son parc large d’environ 1000 acres, plus grand encore que Central Park à New York. Parlant du célèbre pont rouge, il est impératif que vous tempériez vos attentes avant de le saluer, car il est fort possible que vous le voyiez dans toute sa splendeur, ou encore qu’il soit complètement caché par le brouillard (officiellement prénommé Karl par les gens du coin) ou qu’il apparaisse à moitié dans une grisaille dramatique qui n’est pas sans charme.


    On s’en voudrait de ne pas vous suggérer la visite du Castro, le légendaire secteur queer de la ville où l’on retrouve quantités de bars, de galeries d’art, de restaurants, de librairies queers, de friperies possédant des trésors ô combien colorés, de boutiques modernes et un théâtre iconique. Cela dit, il importe de préciser que Castro possède également un musée LGBTQ+ qui ne mérite absolument pas un arrêt. Ça nous fend le cœur de le souligner, mais l’endroit est minuscule, son exposition manque terriblement de budget, d’informations et de profondeur. Lors de notre visite, nous avions parfois l’impression d’avoir affaire à un travail scolaire sur l’histoire queer avec un point de vue plus local que global.


    Si vous voulez découvrir San Francisco autrement, vous pouvez bien sûr marcher d’un quartier à l’autre en vous extasiant devant l’architecture des maisons, tantôt blanches, tantôt colorées, qui valent une fortune. Mais pourquoi ne pas réserver une place sur un catamaran qui vogue en mer en vous offrant un point de vue magique sur la ville, une deuxième chance d’apercevoir le Golden Gate Bridge en passant sous sa ferraille ou tout simplement une occasion de découvrir la vie maritime ?


    Pour faire la fête, vous devez absolument réserver une table au AsiaAF, un restaurant-cabaret où vous dégusterez des spécialités orientales, pendant que de talentueuses et magnifiques serveuses/artistes trans livrent des numéros de lipsync, la plupart de haut niveau, sur une scène au centre de l’espace. Divertissant et éblouissant, le spectacle vous décrochera la mâchoire à plus d’une occasion. Dans la foulée, faites donc un arrêt au bar Oasis pour admirer les prestations des drags locales, mais avant de pénétrer dans ce temple de la personnification, n’oubliez pas qu’il est coutume d’offrir un pourboire aux drags chez nos voisin.e.s du Sud.


    Si vous préférez une soirée moins festive, mais tout aussi mémorable, installez-vous au Charmaine’s Roftop Lounge, dont la terrasse possède une vue à couper le souffle, des places intérieures dans un look résolument chic et de la nourriture plus que satisfaisante. Au lendemain de vos soirées aussi tardives qu’arrosées, un copieux déjeuner s’impose. On vous suggère le Brenda’s French Soul Food, un resto dirigé par un couple queer qui sert des crêpes généreuses, des œufs bénédictines mémorables, une assiette de porc effiloché digne de mention et des beignets fantasmagoriques dans une ambiance chaleureuse. Le jour d’après, on vous invite à vous gâter en faisant un arrêt au Fairmont. Conçu par l’une des premières femmes architectes au pays, la pionnière Julia Morgan, l’hôtel a accueilli plusieurs présidents américains tout au long de son histoire. Donnant temps et argent à diverses organisations LGBTQ+ tout au long de l’année, commanditaire officiel de la Pride et hôtel de colorés « drag brunchs », l’établissement de plus de 600 chambres et suites est une ode au faste d’antan.


    L’estomac repu, les yeux débordants de beautés, la tête enveloppée par le brouillard et le cœur bercé par le rythme de la West Coast, vous reviendrez au Québec en disant à tout le monde que San Francisco est l’une des villes à voir avant de mourir.


    *Les frais de ce voyage ont été payés par Air Transat qui n’a exercé aucun droit de regard sur cet article.

    CRÉDIT PHOTOS: Samuel Larochelle

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