20 coups de cœur LGBTQ au petit écran

Depuis 1984, la télévision a connu de nombreux changements dans son traitement des réalités ou des personnages LGBTQ et les noces d’émeraude de Fugues sont l’occasion rêvée de dresser une liste de séries et de téléfilms qui ont frappé l’imaginaire et se révèlent toujours tout aussi captivants et pertinents.

Sont donc exclues les productions qui, bien que constituant un passage historique obligé, ont très mal vieilli et naviguent dans les eaux troubles de la caricature. Sont également rejetées celles où le thème est anecdotique ou trop accessoire (Dynastie, version 1981). Par ailleurs, l’exercice se limitera avant tout à ce qui est toujours accessible et ne nécessite donc pas de longues heures de recherche ou de vendre un rein.

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Will & Grace (1998-2006, 2017-2020)
Sans aucun doute le produit phare de la fin des années 90 qui a fait pénétrer, via l’humour, une ribambelle de personnages gais, lesbiens et queers dans les salons générant même une certaine évolution du public quant à sa perception des enjeux LGBTQ. La série s’articule autour des mésaventures d’un homme et d’une femme, Will (Eric McCormack) et Grace (Debra Messing), mais rompt avec le cliché hétéronormatif puisque le premier est gai et la seconde ne nourrit pas de réels intérêts amoureux à son endroit.

Ce qui fait la force de la série, c’est cependant dans la qualité de ses personnages secondaires dont le succès fut tel qu’ils se sont rapidement hissés au premier rang : Jack (Sean Hayes), le meilleur ami hystérique de Will, et Karen (Megan Mullally) dans celui d’une riche femme désœuvrée et complètement déjantée. La série a attiré une quantité industrielle d’invités spéciaux et, signe d’un cru qui vieillit relativement bien, la reprise de 2017 a généré des cotes d’écoute fort honorables. Elle est disponible, en anglais, sur diverses plateformes d’achat.


RuPaul’s Drag Race (2009-)
Qui, en 2009, aurait pu prévoir qu’une téléréalité mettant en scène une compétition de drag queen deviendrait un empire télévisuel et financier qui conquerrait la planète? Personne, mais c’est pourtant cet exploit auquel est parvenu cette émission hors norme qui a généré une multitude de séries dérivées un peu partout sur le globe.

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La série a donné lieu à une quantité industrielle de moments iconiques, de crêpages de chignon et de controverses, mais s’est toujours maintenue au sommet des cotes d’écoute et a récolté de nombreux prix dont huit Emmy. Elle a également lancé la carrière de nombreuses drag-queens et révélé à un très large public l’art du drag. La franchise compte maintenant des séries dérivées, dont All Stars, et 15 adaptations internationales, notamment les excellentes productions réalisées au Canada, en France et en Belgique. Les diverses saisons sont notamment disponibles sur Crave et Netflix.


Schitt’s Creek (2015-2020)
Schitt’s Creek constitue l’exemple le plus probant de ce qu’on appelle la « comfort TV », une émission qu’il fait bon regarder dans les moments difficiles ou simplement pour se faire du bien. La prémisse est simple, les Rose, une riche famille de parvenues, perdent toute leur fortune et sont transplantés au milieu de nulle part où ils doivent se réinventer. Chacun des personnages est brillamment mis en scène et c’est avec bonheur que l’on suit leur évolution, les coups durs comme les petits bonheurs.

Dès le premier épisode, David (interprété par le cocréateur de la série, Dan Levy) est présenté comme un être superficiel. Il parvient cependant à évoluer et à gagner le cœur des téléspectateurs, en particulier suite à sa rencontre avec Patrick (Noah Reid) avec qui il noue une relation amoureuse et professionnelle.

Impossible de ne pas souligner la performance hors norme de Catherine O’Hara dans le rôle de Moïra, la matriarche hypocondriaque et neurasthénique de la famille, qui offre des moments surréalistes hilarants (dont l’excellente bande-annonce du film « The Crows Have Eyes »). Humour et larmes sont au menu de ce petit joyau de la télévision canadienne. La série est disponible sur PrimeTV, GEM et un doublage français, réalisé au Québec, est disponible sur Série+ sous le titre Bienvenue à Schitt’s Creek.


Dix pour cent (2015-2020)
Une comédie dramatique qui se déroule dans une agence artistique après la mort de son fondateur qui laisse l’équipe aux prises avec une longue série de problèmes à résoudre : alliances et coups bas sont donc au menu! Ce qui fait sa particularité tient en ce que la clientèle y est interprétée par des artistes qui y jouent leur propre rôle, bien qu’un tantinet décalé du réel. Bref, la frontière entre réalité et fiction s’avérait parfois un peu floue.

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L’équipe d’agents artistiques compte notamment Andréa (Camille Cottin), qui recherche la compagne idéale et à écraser la concurrence, et Hervé (Nicolas Maury), un homme gai complexé qui se cherche et se découvre. La série est complètement addictive et se réécoute toujours avec le plus grand plaisir. Au Québec, elle est connue sous le titre « Appelez mon agent » et est disponible sur Netflix et tou.tv.


Harley Quinn (2019-)
Amateurs de superhéros complètement disjonctés, la série d’animation Harley Quinn offre tout ce qu’on peut souhaiter et encore plus. Elle met en scène une équipe complètement improbable dont le personnage éponyme, de même que Poison Ivy, Clay Face (Gueule d’argile en VF), King Shark et Doctor Psycho.

Complètement iconoclaste, elle tourne en ridicule tous les poncifs et les clichés propres à l’univers des superhéros, n’hésitant pas à montrer un commissaire Gordon à la limite de la paranoïa et prêt à tout pour être le meilleur ami de Batman ou un Superman qui, sous l’emprise de la drogue, se triture les pectoraux. Le sel de la série se trouve cependant dans l’irrésistible relation amoureuse qui se développe entre Harley et Poison, de même que dans l’incessant combat qu’elles mènent à l’encontre d’un patriarcat débilitant. Bref, un pur plaisir! La série est disponible en anglais sur PrimeTV et dans un très bon doublage français sur Netflix.


Géolocaliser l’amour (2022)
Adaptation en minisérie du roman poétique de Simon Boulerice qui y tient également le rôle principal. On le suit à travers sa quête amoureuse, via les applications de rencontre, qui se solde en de glorieuses conquêtes, des déceptions en tout genre, de même que de petites et grandes trahisons. Se révèle rapidement un besoin compulsif d’être aimé où notre héros est prêt aux plus grandes concessions afin de ne plus être seul.

Le scénario fait preuve d’une grande maestria dans la mise en place de scènes où le ridicule, l’humour et l’émotion se côtoient finement, toujours au service d’un récit qui demeure captivant. La minisérie se compose de dix épisodes d’une durée variant de 10 à 20 minutes et s’écoute donc en rafale tant la curiosité nous ronge : Simon saura-t-il trouver l’amour? La série est disponible, en français, sur tou.tv.


Heartstopper (2022- )
Phénomène télévisuel qui a radicalement modifié la perception de ce que l’on pouvait attendre d’une série pour ados. Non, la prostitution et la consommation de drogue ne sont pas un passage obligé ! La recherche de soi et les bons sentiments peuvent également se révéler des accroches captivantes. La série de Netflix est basée sur la bande dessinée d’Alice Oseman et met en scène deux garçons qui, à la fin du secondaire, tombent en amour.

Joe (Charlie Spring) est le bouc émissaire de la clique sportive de l’école alors que Nick (Kit Connor) est le porte-étendard de l’équipe de rugby. Rien n’aurait dû les réunir, mais le hasard des places assignées en classe va amener une connexion et une réalisation pour Nick : celle de sa bisexualité. Aux deux garçons, s’ajoutent de nombreux personnages issus de la diversité, dont deux lesbiennes, un garçon asexuel et l’excellente Yasmin Finney dans le rôle d’Elle, une jeune fille trans. La série se révèle un plaisir auquel il est presque impossible de résister.

La profondeur et le réalisme des sentiments et des problématiques rencontrées interpellent immédiatement et, après deux saisons, l’attente pour la suite se révèle déjà insoutenable. La série est disponible sur Netflix en anglais et dans un excellent doublage français.


The Last of Us (2023-)
Cette série a su prouver qu’il était possible d’aller à l’encontre de la malédiction entourant les adaptions de jeux vidéo, qui se révèlent généralement des bides, en offrant une trame scénaristique solide et en respectant et réinventant le matériel d’origine. La prémisse est simple : un champignon pathogène a touché l’ensemble de la planète et des groupes tentent de survivre dans un environnement ou l’être humain n’est plus au sommet de la chaine alimentaire.

Une jeune fille de 14 ans, Ellie (Bella Ramsey), s’avère être porteuse d’une immunité qui suscite la convoitise et est protégée par Joel (Pedro Pascal) dans un périple à travers une Amérique dévastée. Nonobstant le fait qu’Ellie se révèle être lesbienne, la série offre un extraordinaire épisode 3 (Long, long time) sous la forme d’un aparté où l’on suit l’histoire d’amour entre Bill (Nick Offerman) et Frank (Murray Bartlett). Cet épisode a fait pleurer à chaud de larmes la planète tout entière et fut unanimement salué par la critique, récoltant une note de 98% sur Rotten Tomatoes. Sans aucun doute un grand moment de télévision. La série est disponible sur Crave, en anglais et dans un excellent doublage français.


Les petits rois (2022)
Julep (Jules-Pascal) et Adaboy (Adam) sont les étoiles de leur école secondaire. Cette position au sommet de l’échelle sociale est corollaire d’un égo survolté et d’un statut d’intouchable. Jusqu’au moment où ces derniers et leurs proches sont aux prises avec une campagne de harcèlement et de manipulations. Qui est responsable et pour quel motif cherche-t-on leur perte?

Le scénario n’hésite pas à bousculer les clichés habituels dans la représentation des orientations sexuelles (hétéro, gai, lesbienne et bisexuel), notamment au regard des deux personnages principaux. Julep est un aspirant hockeyeur professionnel qui est gai et en couple avec un Afro-Québécois alors qu’Adaboy est hétéro et s’intéresse au patinage artistique et au design de mode. La série, où se distille efficacement un climat de mystères et de tension, est disponible sur tou.tv.



Orange is the New Black (2013-2019)
L’une des premières grandes séries à succès de Netflix qui propose une incursion intelligente et intimiste de l’univers des femmes incarcérées. On y retrouve notamment plusieurs personnages lesbiens comme Piper (Taylor Schilling), Alex (Laura Prepon), Crazy Eyes (Uzo Aduba), Nicky (Natasha Lyonne), Poussey (Samira Wiley) et Sophia (Laverne Cox), un personnage trans, elle-même interprétée par une actrice trans (dont la performance époustouflante lui mérita d’être nommée au Emmy dans la catégorie meilleure actrice).

Une incursion brutale dans l’univers carcéral et, sans aucun doute, l’un des grands jalons atteint en termes de représentation lesbienne et trans à la télévision dans une série toujours considérée comme l’un des joyaux de Netflix. La série y est disponible en anglais et en français.


Queer as folk (2000-2005)
Bien que basé sur l’excellente série britannique du même nom, diffusée entre 1999 et 2000, c’est la version canado-américaine qui nous intéresse ici puisqu’il s’agit de celle qui a véritablement marqué le public nord-américain. Elle suit les aventures de cinq hommes gais de Pittsburgh à travers leur vie sentimentale, sexuelle et professionnelle : Brian (Gale Harold), Justin (Randy Harrison), Michael (Hal Sparks), Emmett (Peter Paige) et Ted (Scott Lowell). S’ajoute également un couple de lesbiennes, Lindsay (Thea Gill) et Melanie (Michelle Clunie) ainsi que l’irrésistible mère de Michael, Debbie (Sharon Gless), et son oncle Vic (Jack Wetherall).

Présentée sur Showtime, la série a suscité de grandes controverses puisque certains lui reprochaient de présenter une version peu flatteuse des communautés LGBTQ (drogue et sexe à gogo), mais se révéla la série numéro un de la chaine. À noter que le premier épisode présente la toute première scène de sexe entre hommes montrée à la télévision américaine. La série aborde de front les enjeux d’intolérance, d’homophobie et les problématiques du sida, de même que le plaisir et la force des communautés LGBTQ.

La série britannique originale est disponible sur PrimeTV. Pour la série américaine, il faut étrangement se rabattre sur des DVD. La réinvention de 2000, qui ne compte qu’une saison, est disponible, en anglais, sur PrimeTV et en doublage français sur Illico.


Hollywood (2020)
Ryan Murphy a grandement marqué la télévision et la culture américaine et Glee (2009-2015) aurait certainement pu trôner sur cette liste malgré une qualité parfois chancelante. La minisérie Hollywood gagne cependant cet honneur en se distinguant par son inventivité et sa solidité narrative. Celle-ci prend place dans l’âge d’or hollywoodien, juste après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’un groupe de jeunes artistes marginaux tentent de se faire un nom et de s’opposer aux règles ultraconservatrices du Code Hayes qui règne alors en maître.

La série fait le pari audacieux de mélanger fiction et réalité avec des vedettes en devenir qui font des choix qui diffèrent de la réalité historique, générant ainsi une nouvelle ligne du temps. Prostitution masculine, racisme débridé, recherche identitaire, masculinité toxique et machisme y jouent un rôle de premier plan et offrent une peinture sociale saisissante. Et quelle intense satisfaction que d’ainsi permettre à Rock Hudson et Anna May Wong de connaître un destin différent, tout en explorant le réseau de prostitution masculine mis en place par Scotty Bowers (un fait vécu). La série est disponible sur Netflix en anglais et dans un très bon doublage français.


Six Feet Under (2001-2005)
Série culte de HBO, cette comédie noire s’ouvre sur la mort du patriarche d’une famille d’entrepreneurs de pompe funèbre : les Fischer. Cette prémisse constitue d’ailleurs la signature de la série qui s’ouvre systématiquement avec la mort d’un futur nouveau client de l’entreprise. Chaque membre de la famille se caractérise par une certaine excentricité et c’est avec le plus grand bonheur que l’on suit leurs aventures ainsi que celle de leurs cadavres (avec qui ils dialoguent pendant le processus d’embaumement).

La série a l’insigne honneur de présenter la première relation à long terme d’un couple gai au petit écran, Keith (Mathew St. Patrick) et David (Michael C. Hall), incluant alors du jamais vu à la télévision : l’adoption de deux enfants par ces derniers. Navigant efficacement entre le drame et l’autodérision, la qualité est toujours au rendez-vous et la série peut se targuer, encore de nos jours, de présenter ce qui est considéré comme le meilleur dernier épisode de l’histoire de la télévision. Elle est disponible, en anglais et en français, sur HBO et Crave.


Interview With the Vampire (2022)
Considérée comme l’une des meilleures séries télévisées de 2022, celle-ci met en vedette Sam Reid dans le rôle de Lestat de Lioncourt et Jacob Anderson dans celui de Louis de la Pointe-du-Lac. Fidèle aux romans d’Anne Rice, la série combine astucieusement des éléments des deux premiers romans de sa Chronique des vampires. Contrairement au film éponyme de 1994, la relation charnelle des deux hommes est pleinement assumée et représentée à l’écran à grand renfort de déclarations et de gestes passionnés, mais également par l’inclusion d’une domesticité amusante (des conversations sur l’oreiller entre deux cercueils) et toxique.

L’action est également intelligemment transposée dans la Louisiane de 1910 où Louis est dorénavant un Afro-Américain. Cette stratégie permet ainsi d’aborder des enjeux en lien avec le racisme et les jeux de pouvoir, qu’ils soient affichés ou souterrains. L’homophobie généralisée de l’Église et de la société est également explorée, notamment au cœur d’une scène explosive où Lestat déverse sa rancœur à l’endroit d’un prêtre. Visuellement splendide, une seconde saison prendra l’affiche le 12 mai 2024. La série est disponible, en anglais, sur AMC. Le doublage français n’est pas encore diffusé au Canada.


The Boys in the Band (2020)
Réinterprétation par le réalisateur Joe Mantello de la pièce de théâtre de 1968, de Mart Crowley, qui devint elle-même un film en 1970, réalisé par William Friedkin, et qui fut la première grande production à n’être articulée que sur des personnages gais. L’action se déroule à New York, en 1968 : Michael invite des amis gais à célébrer une petite fête.

À sa grande stupéfaction, Alan, un ami hétéro, se joint à l’événement et Michael fait l’impossible pour que lui soit cachée leur homosexualité collective. Mais plus la fête progresse et plus les langues se délient jusqu’à ce qu’un jeu d’alcool expose au grand jour de vieilles blessures. Le film met en vedette une distribution prestigieuse uniquement composée d’acteurs ouvertement gais : Jim Parsons, Zachary Quinto, Matt Bomer, Andrew Rannells, Charlie Carver, Robin de Jesús, Brian Hutchison, Michael Benjamin Washington et Tuc Watkins.

Drame saisissant, le film comporte de véritables tours de force d’interprétation au cœur de scènes où la tension est à couper au couteau, notamment une impliquant un appel téléphonique à l’endroit d’un béguin de jeunesse. Le film est disponible sur Netflix, en anglais, de même que, sous le titre
« Les Garçons de la bande », dans un excellent doublage français.


The L Word (2004-2009)
Une série se déroulant à West Hollywood, dans les années 80, et mettant en scène le quotidien d’un groupe de femmes lesbiennes, bisexuelles et trans. Elle occupe toujours une place prépondérante dans la culture grâce à la qualité des scénarios, des intrigues toujours divertissantes et une sexualité assumée et présentée d’un point de vue féminin, ce qui était révolutionnaire à l’époque.

Première série écrite et réalisée par des lesbiennes, elle fut saluée pour la diversité de sa distribution et de la représentation de la réalité lesbienne à une époque où celle-ci se limitait bien souvent, au mieux, à un personnage secondaire généralement célibataire. Pour le meilleur ou pour le pire, elle a également inauguré l’ère du « lesbian chic » dans la culture populaire. Devant le succès rencontré, une suite fut produite entre 2019 et 2023 : The L Word: Generation Q. La série originale est disponible, en anglais, sur des plateformes d’achats et Generation Q est disponible, en anglais et en français, sur Crave.


The Other Two (2019-2023)
Cary (Drew Tarver), un aspirant acteur gai, et sa sœur Brooke (Heléne Yorke), une ancienne danseuse professionnelle, réalisent qu’ils ont atteint le statut de vedette déchue lorsque leur frère de 13 ans trouve la gloire après avoir enregistré une chanson sur YouTube. Cette série de Comedy Central et de HBO brosse un portrait mordant et satirique du milieu de la télévision et du cinéma et verse régulièrement dans une autodérision hilarante et libératrice, n’hésitant pas à égratigner au passage les stratégies de manipulation des firmes de relation publique. Les amateurs d’humour noir ou absurde se délecteront des frasques et des contradictions de ses personnages. Saluée par la critique, la série récole un somptueux 97% sur Rotten Tomatoes et est génératrice de véritables fous rires. La série est disponible, en anglais, sur Crave.


Sans rendez-vous (2022-2024)
Très librement inspirée de Sexy Herpes, une websérie australienne, la série est centrée sur le personnage de Sarah (pétillante Magalie Lépine-Blondeau), une sexologue qui revient d’un congé de trois mois suite à la mort de l’une de ses patientes. Ce repos forcé l’amène cependant à remettre en question la relation avec sa copine. Difficile de compter sur ses collègues de travail qui, bien qu’attachants, se révèlent tout aussi dysfonctionnels les uns que les autres et dans l’incapacité de faire face à leurs propres problèmes. Il faut par ailleurs noter la présence d’un personnage non binaire fort bien développé : Lou/Louis-Philippe, magnifiquement interprété.e par Mikhaïl Ahooja.

Au fil des trois saisons, les employés de la clinique traverseront maintes épreuves, mais également des expériences délicieusement loufoques. Oubliez le langage chaste puisqu’on n’hésite pas à aborder de front des situations incongrues ou à ponctuer les dialogues d’un vocabulaire cru tout en demeurant toujours intelligent et pertinent. La série est disponible sur tou.tv.


It’s a Sin (2021)
Minisérie de Russell T Davies, réalisateur de la version britannique de Queer as folk, qui plonge au cœur des années 80 alors que Ritchie, Roscoe et Colin arrivent à Londres pour réaliser leurs rêves, notamment celui de vivre au grand jour leur sexualité. C’est cependant également l’épidémie du sida qu’ils affronteront, de ses premiers jours jusqu’à ses pires moments. La série traverse ainsi une décennie entière, de 1981 à 1991, et malgré un sujet douloureux met l’emphase sur un désir farouche de vivre, malgré la menace du VIH, sublimant ainsi la tragédie au profit du plaisir.

Preuve que la fiction peut affecter la réalité, sa diffusion a entraîné une recrudescence marquée des tests de dépistage, en Angleterre, qui en une seule journée sont passés d’un maximum de 2 800 à 8 200. La série a récolté la très honorable cote de 97% sur Rotten Tomatoes et est disponible sur PrimeTV en anglais et dans un très bon doublage français.


Torchwood (2006-2011)
On l’oubli trop souvent, mais cette série, dérivée de Doctor Who, a fait ce qu’aucune autre n’avait réalisé avant elle, soit mettre de l’avant un personnage principal non hétérosexuel à la tête d’une série de science-fiction : le capitaine Jack Harkness (John Barrowman). En effet, non content d’être immortel et immobilisé sur Terre, Jack se distingue du fait qu’il n’a pas la langue dans sa poche, est un homme d’action et que son cœur et sa libido ne s’embarrassent pas de notions aussi triviales que le sexe, la race ou l’espèce de ses partenaires.

C’est cependant entre les bras de Ianto (Gareth David-Lloyd) qu’il trouve l’amour à travers les quatre saisons d’une série ou le groupe Torchwood affronte des monstres en tout genre, des menaces interdimensionnelles et autre singularité cosmique afin de sauver la planète bleue. À l’époque, la sexualité du personnage a alimenté les colonnes de nombreux journaux conservateurs à grand renfort de titres dénonciateurs. Le personnage s’est cependant révélé très populaire et un modèle pour les jeunes hommes gais et bisexuels et trône toujours avantageusement dans l’univers de Doctor Who. La série est disponible, en anglais, sur des plateformes d’achat.

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