Jeudi, 13 juin 2024
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    Tranna Wintour, diva en formation

    Après l’élan de visibilité offert par Big Brother Célébrités l’année dernière, l’humoriste Tranna Wintour continue sur sa lancée ! En plus de faire la première partie des vedettes internationales Matteo Lane et Kevin James Thornton dans plusieurs villes, elle vient de lancer un balado, Les Divas, dans lequel elle interroge Mitsou, Marie-Mai, Anne-Marie Losique, Joe Bocan et Patsy Galant pour perfectionner sa diva intérieure.

    Qu’est-ce qui t’a menée à présenter les premières parties de Matteo et Kevin ?
    Tranna Wintour : Matteo et moi sommes amis depuis presque 10 ans. C’est fou de voir où il est rendu dans sa carrière ! Il est devenu international, il remplit ses salles partout dans le monde et il aime encore mettre en lumière ses personnes préférées. C’est très généreux. Il aurait pu choisir quelqu’un dans chaque province, mais de m’amener dans toutes les villes canadiennes, ça me touche énormément. Pour Kevin, la demande est venue par hasard. Je n’ai aucune idée de comment son équipe m’a découverte. Quand j’ai reçu la proposition, j’étais très heureuse de faire sa première partie à Montréal.

    Comment leurs publics réagissaient-ils à ton humour ?
    Tranna Wintour : Ce sont des publics très queers et ouverts d’esprit. Le plus grand luxe de faire les shows avec Matteo, c’est que son public connaît toutes mes références. Je peux parler de quelque chose de très précis dans la culture pop et ils vont savoir de quoi je parle. Son public est plus composé d’hommes gais et le mien est surtout fait de femmes straights, mais il y a un sens de l’humour partagé.

    L’énergie des publics est-elle différente à Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver ?
    Tranna Wintour : À Ottawa, on avait un public de feu ! On sentait que c’étaient des personnes de la banlieue qui s’offraient une soirée d’humour. On a reçu cette énergie de big night out pour les straights. C’est une vibe très l’fun pour nous ! C’était semblable à Vancouver, alors qu’à Toronto et Montréal, on voyait beaucoup d’hommes gais venus faire la fête avec nous. L’énergie était beaucoup plus queer. On jouait dans des grandes salles pleines. Je me sens tellement gâtée ! Ce n’est pas tout le temps comme ça l’humour.

    Où est rendue la construction de ton spectacle solo ?
    Tranna Wintour : Je travaille toujours là-dessus, mais depuis l’an passé, c’est devenu clair, malheureusement, que je ne suis pas rendue à un point dans ma carrière où je peux remplir le type de salle nécessaire pour que ce soit financièrement viable. Je dis ça en toute transparence. Dans le monde du divertissement, on a tendance à croire que si quelqu’un a une certaine visibilité ou un certain following, ça va automatiquement se traduire en vente de billets, mais ce n’est pas nécessairement le cas.

    Ce n’est pas facile de remplir des salles, surtout quand on veut faire quelque chose qui sort un peu du moule. Je veux créer quelque chose qui nous met dans un univers de la tradition new-yorkaise des années 1960 et 1970 avec une twist contemporaine. Je veux offrir une ambiance bien spéciale. Mais ce n’est pas facile. J’ai des rêves et j’ai tellement à donner, mais parfois, ce n’est juste pas le moment. Ça peut être un peu déprimant, mais I’m not giving up yet.

    Tu viens de lancer le balado Les Divas. D’où vient ce concept ?
    Tranna Wintour : De mon admiration pour les divas en général et plus précisément pour celles du Québec. Je suis anglophone, je n’ai pas nécessairement grandi avec ces icônes, mais au cours des dernières années, j’ai appris à les connaître. J’aime le fait que nous ayons notre propre star-système québécois, qu’on soit une province avec si peu de personnes et créer une industrie aussi large avec des figures qui font un travail à la hauteur des artistes américain.e.s. Ça fait longtemps que je voulais retourner au monde du podcast, mais l’idée de faire quelque chose chaque semaine pendant des années, c’était trop pour moi. Je ne me sentais pas prête pour ce type d’engagement. Alors, pourquoi pas faire une série limitée ? Au lieu de créer un volume d’épisodes, je fais un travail attentionné pour que chacun soit spécial.

    Pourquoi Marie-Mai, Mitsou, Patsy Galant, Joe Bocan et Anne-Marie Losique ?
    Tranna Wintour : Ma liste de divas que j’adore est très longue et je pense qu’il va y avoir un volume 2. Mais ces cinq-là sont parmi mes préférées.

    Mitsou est une grande amie. Je ne pouvais commencer avec personne d’autre qu’elle. Comme ça fait longtemps que je n’ai pas fait de podcast et que j’enregistre celui-ci devant public, ça vient avec une certaine nervosité. Je savais qu’avec elle, j’aurais un certain niveau de confort. Et elle est tellement iconique ! La façon dont elle a défini la culture pop québécoise au début des années 1990 est incomparable. C’est une œuvre qui dure et que les gens redécouvrent maintenant.

    Marie-Mai, je la connais un peu grâce à l’expérience Big Brother Célébrités, mais je n’avais pas eu encore la chance d’avoir une conversation profonde one-on-one avec elle. J’admire ce qu’elle a pu faire à l’intérieur du Québec.

    Anne-Marie Losique est mystérieuse. C’est une business woman et une animatrice iconique. Je n’ai pas nécessairement envie de briser son mystère, mais j’ai le goût d’avoir une conversation avec elle et de rappeler au monde qu’elle a sorti un album (au début des années 2000) qui est un bijou.
    Joe Bocan, je la vois comme ma grande découverte du podcast. J’adore ses chansons, mais des cinq divas que j’ai choisies, c’est celle que je connais le moins personnellement.

    Et Patsy Galant, c’est la party girl ! La diva de toutes les divas. À 75 ans, je ne peux pas croire son énergie, son esprit de curiosité, d’ouverture et de hustler. Elle se bat pour chaque
    opportunité. Grâce à Big Brother, un nouveau public la découvre.

    Quelle couleur donnes-tu à tes entrevues ?
    Tranna Wintour : Il y a un fil conducteur dans le show : je me vois un peu comme une diva en formation et j’apprends comment être une vraie diva en allant à la source. Dans chaque entrevue, je veux aborder la célébrité avec humour et absurdité avec elles et parler de leurs carrières. Je veux aussi discuter des déceptions et des moments où rien ne fonctionne pour apprendre à naviguer les hauts et les bas.

    Sur les réseaux sociaux, tu partages des vidéos dans lesquelles tu te montres critique envers de grandes divas internationales. Et tu reçois parfois des réactions très négatives. Pourquoi ?
    Tranna Wintour : Je dois dire que les réactions sont principalement bonnes. Le backlash ne représente pas la majorité. Ce sont simplement les personnes qui font le plus de bruit. Je trouve l’idée de défendre les personnes milliardaires un peu absurde. Elles n’ont pas besoin de la protection de leurs fans. Et l’idée d’être fan, pour moi, c’est d’être critique quand même. J’attaque très rarement la personne ; quand je le fais, c’est en fonction de [son] art : par exemple, quand J.Lo a sorti un album et un film très personnels, c’était impossible de parler de l’œuvre sans parler de la femme. Mais à la base, les personnes que je critique, je les aime. Je suis investie dans ce qu’elles font. Je ne veux pas regarder mes idoles avec des lunettes roses.

    INFOS | Le balado Les Divas est disponible sur plusieurs plateformes (Spotify, iHeart, Deezer et Amazon).
    https://www.trannawintour.com

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