Dimanche, 26 avril 2026
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    Road trip mé-mo-ra-ble à prévoir vers les Jardins de Métis

    En plus de faire partie des plus beaux jardins au Québec et en Amérique du Nord, les Jardins de Métis sont un hub créatif effervescent! Tout au long de l’été, l’espace historico-bucolique accueille l’une des œuvres phares de Claude Cormier (le concepteur des fameuses boules roses dans le Village), un spectacle ultra populaire de Christine Beaulieu, des concerts de jazz et de classique, un festival de jardins et trois expositions. À prévoir sans faute : un road trip vers le Bas-Saint-Laurent! Fugues a discuté avec Joël Pelletier, le porte-parole des Jardins de Métis.

    Replongeons dans le passé. Comment les jardins sont-ils nés?
    Joël Pelletier : En 1887, Sir George Stephen, qui dirigeait le Canadien Pacifique, a fait construire son camp de pèche ou sa résidence estivale. Sa nièce, Elsie Reford, aimait beaucoup la pèche, l’équitation et la nature. Elle était aussi très influente dans les milieux politiques à Montréal; pas comme élue, mais dans les coulisses, pour faire avancer les droits des femmes et plusieurs enjeux en santé. Elle aimait venir sur le bord du fleuve, à l’embouchure de la rivière Mitis. Avec l’ouverture du chemin de fer, c’est devenu un lieu de villégiature pour les familles bourgeoises de Montréal, de Toronto et des États-Unis. Comme aujourd’hui, les gens fuyaient la grande ville l’été pour se reposer sur le bord de l’eau. C’était son refuge.

    Elle en a finalement hérités.
    Joël Pelletier : Exact. Après une appendicite qui a poussé son médecin à lui suggérer de calmer ses activités, elle a décidé de transformer le camp de pèche en jardins. En 1926, on ne pouvait pas aller au Rona ni au Canac pour acheter des poches de compost. Il n’y avait rien. Elle troquait des saumons avec des producteurs locaux pour obtenir du fumier. Elle a fait déboiser la forêt d’épinettes. Elle avait du cran, beaucoup de passion et de rigueur. Dans l’espoir de créer son jardin à l’anglaise, elle
    communiquait avec plusieurs personnes en Angleterre pour obtenir des semences et elle faisait venir des plans de partout dans le monde. Elle a même échangé avec Henry Teuscher, le concepteur du Jardin botanique de Montréal aux côtés de Marie Victorin.

    Ses jardins auront donc 100 ans l’année prochaine!
    Joël Pelletier : Oui. Jusqu’en 1958, elle a créé des jardins absolument magnifiques. Puis, elle les a légués à son garçon, qui n’avait pas le pouce vert. En 1962, le gouvernement du Québec a repris les jardins pour les rendre publics, à l’époque où on voulait développer le tourisme dans l’est. Il s’en est occupé jusqu’en 1995. Puis, l’organisme Les amis des Jardins de Métis ont pris le relais. Ils ont contacté Alexander Reford, un historien de Toronto et arrière-petit-fils d’Elsie, pour lui parler du projet.
    Il a accepté la mission et déménagé dans la région. Il est le directeur général depuis trente ans.

    Depuis quand y a-t-il une programmation culturelle?
    Joël Pelletier : Le cœur de nos activités restera toujours les jardins qui font sa renommée. Nous avons environ 3000 végétaux. Certaines plantes poussent ici grâce au micro-climat, dont le pavot bleu de l’Himalaya, une fleur emblématique. Mais Alexander et la communauté voulaient développer les jardins et apporter de la modernité. Ils ont créé le Festival international de jardins en 2000. Chaque année, les concepteurs de jardins (architectes paysagistes, designers, artistes) de partout dans le monde proposent des jardins contemporains sous une thématique.

    Diriez-vous qu’il y a un buzz culturel depuis?
    Joël Pelletier : Absolument. Le festival amène depuis 25 ans une autre dynamique et une communauté de créateurs qui imaginent des jardins et proposent des spectacles en plein air. Un écosystème s’est créé. On a plusieurs collaborations pour des concerts durant l’été avec le Festival de Jazz de Rimouski et le Conservatoire de Rimouski, sans oublier les thés littéraires avec le CLAC et la semaine chantante à laquelle la soprano Marie-Josée Lord participera cet été.

    Parlons maintenant de Claude Cormier et du Jardin des bâtons bleus. Qu’est-ce que c’est?
    Joël Pelletier : Claude avait conçu ce jardin lors de la première édition du festival : ce sont des bâtons de bois peints sur trois surfaces en bleu et une en orange pour symboliser la floraison du pavot bleu. Cette installation a ensuite été déplacée dans plusieurs jardins au Canada et au Royaume-Uni pendant des années. C’est un des projets iconiques de sa carrière. Cette année, il renaît sous une nouvelle forme : les bâtons vont être installés au centre de la nouvelle forêt réalisée selon le concept Miyawaki, soit avec une mixité de végétaux plantés autour. À long terme, la forêt va envahir les bâtons.

    Christine Beaulieu revient aussi avec Les saumons de la rivière Mitis. Comment la pièce est-elle née en 2021?
    Joël Pelletier : Le projet est né grâce à la conception de la véranda conçue par l’architecte Pierre Thibault. On voulait qu’elle soit habitée et utilisée de différentes manières, dont par l’art vivant. Pierre a lancé une invitation à Christine, qui a développé une fable écologique dans la lignée du théâtre documentaire. On suit l’histoire de saumons dès leur naissance, le chemin qu’ils parcourent durant leur vie quand ils quittent vers l’océan Atlantique et leur capacité à toujours retrouver leur chemin vers leur rivière d’origine. Elle aborde aussi les embûches qu’ils vont trouver sur leur chemin en raison des activités humaines. Le spectacle a été très apprécié. Il a été présenté dans d’autres villes au Québec. Cet été, Christine fait une tournée de huit villes, dont quatre représentations aux Jardins de Métis, les 1er et 2 août.

    Quelles sont vos expositions ?
    Joël Pelletier : On pourra découvrir le travail de l’artiste T.M. Glass qui s’amuse à prendre des photos avec une résolution extrême et qui les retouche pour leur donner un effet d’hyperréalisme. Quand tu te retrouves devant ces photos, tu as l’impression d’être devant de vraies fleurs. C’est vraiment capoté. Marcel Jomphe a été illustrateur pour le Musée canadien de la nature et Agriculture Canada durant des années. Il a dessiné des fleurs pour la science, mais depuis qu’il est à la retraite, il laisse son imaginaire prendre le dessus sur son crayon. On découvre une nouvelle flore. Il y a aussi l’exposition Exotique, qui présente des vivariums avec des plantes carnivores. Ça plaît beaucoup aux jeunes. C’est plus ludique.

    Les gens peuvent aussi séjourner sur les lieux, non?
    Joël Pelletier : Oui, depuis la construction de notre maison écologique en 2012. C’est une vitrine en éco-construction. Depuis, elle est en location. Pierre Thibault a aussi conçu la résidence des stagiaires du festival quelques années plus tard. On la met aussi en location durant la basse saison. Cela dit, l’hébergement n’est pas le centre de nos activités.

    INFOS | Les Jardins de Métis et les expositions peuvent être visités jusqu’au 5 octobre 2025.
    https://jardinsdemetis.com

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