En rupture avec les codes sociaux imposés, le·la narrateur·trice du premier roman de Maude Lafleur navigue à travers une quête identitaire double : celle de l’orientation et celle du genre. Un parcours que l’on accompagne de l’enfance jusqu’à l’âge adulte.
Difficile de résister aux diktats sociaux, puisque, dès son plus jeune âge, iel a appris à se conformer aux attentes de ses proches, ce qui est fort bien évoqué à travers de nombreuses références et anecdotes culturelles qui illustrent bien l’hégémonie de la pression sociale.
C’est ainsi que, lorsque Star Académie régnait en roi et maître des ondes télévisuelles, iel n’osait pas afficher son adoration pour Annie Villeneuve et préférait se réfugier dans un mimétisme des opinions professées par sa mère qui, de son côté, affichait le plus grand dédain pour les concurrentes féminines.
Au-delà des pressions parentales, c’est avant tout à travers les femmes qui traversent sa vie que l’on suit son cheminement : Jessica, Floriane, Jade, Marie-Claude, Annabel et Éléonore. Ce parcours s’inscrit également dans des lieux de socialisation et d’apprentissage que l’auteur·trice évoque éloquemment, qu’il s’agisse des écoles primaire ou secondaire, du Cégep du Vieux Montréal ou de l’UQAM.
Contre toute attente, iel réalise éventuellement que l’affirmation de son orientation sexuelle ne lui amène pas l’apaisement escompté, puisqu’iel se trouve confronté·e aux codes de la « bonne lesbienne », notamment incarnés par les modèles de la série The L Word et le dégoût que ses consœurs manifestent lorsqu’un drag king y apparaît.
Une recherche identitaire à la fois inspirante et intrigante, mais également une exploration temporelle et culturelle fascinante du Québec des 30 dernières années.
INFOS | En forme de fille(s) / Maude Lafleur. Montréal : Leméac, 2025. 223 p.

