Jeudi, 12 février 2026
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    Fierté Indomptable / Wild Pride promet une première édition sans compromis

    Le collectif derrière la toute première édition de Fierté Indomptable / Wild Pride à Montréal entend offrir un festival accueillant, inclusif, engagé et «sans compromis», du 30 juillet au 16 août. Au total, environ 80 événements — en grande majorité gratuits ou à contribution volontaire — devraient avoir lieu dans divers parcs, centres sportifs et petites salles de spectacle à travers la ville. Les fonds recueillis serviront à appuyer des initiatives liées à la Palestine, à l’accès au savoir pour les personnes incarcérées au Canada ainsi qu’aux droits des peuples autochtones. Aucun commanditaire corporatif ne sera de la partie.

    Fierté Indomptable — Wild Pride, en anglais — est portée par un collectif non hiérarchique composé d’une quarantaine de bénévoles de tous âges et de diverses origines, précise Yara Coussa, libraire, intervenante communautaire et membre du collectif. Plusieurs de ces bénévoles proviennent de groupes ayant rompu publiquement leurs liens avec Fierté Montréal plus tôt cette année, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme «un manque d’engagement politique». Le collectif entend démontrer qu’un festival communautaire, en dehors des structures capitalistes et corporatives, est faisable.

    Le coup d’envoi officiel du festival sera donné le 30 juillet au Carré Saint-Louis avec une cérémonie d’ouverture autochtone, suivi d’une soirée dansante gratuite, Intifada On The Dance Floor, le 31 juillet au Ping Pong Club, mettant de l’avant des artistes arabes, autochtones et noires.

    La programmation se veut variée : spectacles, ateliers de théâtre, cours de boxe queer-positifs, ateliers artistiques intergénérationnels, heures du conte, pique-niques, raves et soirées burlesques figurent au menu. Parmi les événements, Yara Coussa souligne notamment : un après-midi à la Piscine Quintal réservé aux personnes trans et à leurs familles (le samedi 9 août) ; Mélodies et Murmures, une soirée intimiste de poésie, chant et spoken word sapphique francophone, présentée en collaboration avec Helem Montréal et mettant en vedette des invitées surprises (le jeudi 7 août à la MARBRASSERIE) ; une marche engagée (le 10 août), partant de la Place des Arts, « pour la libération d’ici à la Palestine, jusqu’à tous les territoires en résistance… et pour un monde où toutes nos vies sont célébrées. »

    Elle explique que le collectif a souhaité « créer des évènements accueillants pour tous – dont les jeunes, les parents avec enfants et les personnes neurodivergentes ». Le port du masque sera fortement encouragé lors des activités en intérieur, et la majorité des sites seront accessibles en fauteuil roulant. Certains événements s’adressent spécifiquement aux jeunes, aux membres de la communauté trans ou aux personnes racisées. Tous les lieux et fournisseurs ont été choisis pour éviter les conflits éthiques. « On voulait un festival où personne n’a besoin de faire de compromis avec ses convictions », résume Yara Coussa.

    Le collectif souhaite aussi souligner le travail des groupes qui organisent des évènements pour la communauté queer à l’année longue. «On a plusieurs [collaborateurs] qui font des ‘éditions spéciales Wild Pride’ de leurs évènements réguliers», note la bénévole. Parmi ces organismes, on compte le club de boxe queer-positif Pelea, Sweet Like Honey et Discoño.  

    Yara Coussa insiste : «le but n’est pas de rivaliser avec Fierté Montréal, mais bien de créer un espace parallèle, un lieu où les jeunes, les personnes racisées et celles qui ne se reconnaissent pas dans une fierté jugée dépolitisée puissent se sentir à leur place». Un festival par et pour les queers conscientisé·e·s.

    «On veut faire rêver les gens, les faire comprendre qu’ils n’ont pas besoin de plier aux exigences d’autrui, qu’ils peuvent être eux-mêmes et être vus», conclut-elle. « Tout a été pensé pour accueillir les baby queers, les nouveaux membres de la communauté — parce qu’on a tous déjà été là, un jour ou l’autre. »

    INFOS |  La programmation complète de Fierté Indomptable / Wild Pride

    Instagram: @wildpridemontreal.   https://linktr.ee/wildpride

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    5 Commentaires

    1. C’est certain que je vais marcher au défilé de Fierté Montréal, encore plus en cette année de division et de désinformation et d’antisémitisme.
      Si je veux marcher pour la Palestine, je peux le faire presque à tous les weekends aux marches organisées par les étudiant.e.s de McGill et Concordia.
      Je suis immensement déçue des dirigeantes des groupes lesbiennes (RLQ, le Centre de solidarité Lesbiennes et le Conseil Québécois LGBTQ, pour ne nommer que ces groupes) qui au lieu de marcher pour la visibilité lesbienne à Fierté Montréal prennent le chemin de la division idéologique.
      Elles devront éventuellement répondre de ce choix qui n’a aucune vision d’avenir. Les a-t-on vues marcher dans le cadre des manifestations « Femme, Vie, Liberté » du mouvement iranien, qui ont suivi la mort de Jina Mahsa Amini une jeune femme kurde de 22 ans assassinée par la police des Mollahs? Non. C’est quand même LE MOMENt pour qu’elles le fassent! Choisissez donc des causes conséquentes avec vos mandats!

    2. M.Dupont l’idée de nuancer paraît être essentielle en soi, mais la nuance au temps de Benjamin Netanyahu et de Donald Trump relève de l’utopie. Une dystopie nouvelle et radicalement cruelle est au pouvoir. Il n’ya plus de liberté de penser qui vaille dans ce nouveau paradigme, seule la force brutale d’un capitalisme débridé domine partout. Que des groupes émergent à la défense d’une nation affamée en prise avec le génocide orchestré par l’extrême droite israélienne et américaine exécuté par Tsahal, je ne peux que les appuyer de tout cœur. L’oppression comme gay on connaît, mais jamais à ce niveau, jamais. Il est temps de parler pour les victimes à qui on veut enlever tout droit d’exister.

      • Je ne dis pas qu’on ne doit pas appuyer la Palestine. Au contraire, toute solution à ce conflit devra probablement passer par une discussion état avec état… Mais doit-on en faire le thème des célébrations de la fierté LGBTQ+? Doit-on faire pressions surs les artistes et les directions d’organismes communautaire (comme cela a été fait depuis deux semaines) pour qu’ils et elles ne marchent pas à Fierté Montréal? Pour moi c’est non seulement innacceptable, mais dommageable pour l’avenir de la communauté ici. À Montréal on marche à chaque semaine pour la Palestine, à chaque weekend depuis un an et demi… mais on ne marche qu’une fois pas année pour la FIerté LGBTQ (quand elle n’est pas cancellée). C’est fou, non de ne pas mettre de l’avant ce qu’il nous faut faire devant la montée de la droite et du conservatisme pour protéger nos droits. Si j’étais cynique je dirais que vous vous battez pour que le Hamas ou une autre autorité islamique puisse devenir le futur tortionnaire des communautés LGBTQ+ de la palestine… J’ai honte! On nourrit simplement la division.

    3. Bien que toute personne à la possibilité de créer le festival qu’il désire, pour une cause ou — en réaction à —, ce texte n’insiste pas assez selon moi sur un fait important et central à cette affaire : la WILD PRIDE a été créée ESSENTIELLEMENT en réaction à la décision de FIERTÉ MONTRÉAL de ne pas prendre position dans le conflit Israélo-Palestinien. On ne célèbre pas les réalités et la diversité queer à la WILD PRIDE, on ne propose pas de débat nuancé on fait des amalgames douteux et on veut juste imposer une idéologie sans lien avec les réalités LGBTQ+. Tout le reste des questions en lien avec les droits est vraiment accessoire à la WILD PRIDE qui se dit révolutionnaire… mais pas pour les queers.
      Il est important de rappeler certains faits. Depuis le 7 octobre 2023, une frange de la gauche militante queer, en Occident, arbore fièrement le keffieh, en signe de solidarité avec le peuple palestinien. Cette solidarité — en soi légitime, face aux épouvantables souffrances endurées par les civils palestiniens — s’exprime il faut le dire et le redire sans AUCUNE nuance, au point d’englober les politiques dont l’idéologie est fondamentalement incompatible avec la défense des droits LGBTQ+. Affirmer son soutien inconditionnel à la cause palestinienne SANS JAMAIS ÉVOQUER le rôle du Hamas, groupe islamiste armé au pouvoir à Gaza, ou celui du Hezbollah au Liban qui est derrière plusieurs attaques contre Israël, c’est TRAHIR la réalité vécue par les personnes LGBTQ+ dans ces territoires. C’est faire l’impasse sur le fait que l’islamisme appliqué dans ces contextes constitue un enfer quotidien pour les minorités sexuelles et de genre.
      J’exagère? Allez vois sur Instagram la programmation de ce festival dont plusieurs événements se font au bénéfice de la Palestine, sans pouvoir assurer que l’argent ira aux victimes civiles et pas aux milices armées. Certains partys et fêtes portent même des noms faisant références au conflit et sont nés du Hamas et du Hezbola : INTIFADA.
      L’une des organisatrices du Wild Pride et dirigeante du Helem Montreal prend même la peine de poster une vidéo officielle le compte Instagram de Wild pride pour CONFIRMER que la RAISON D’ÊTRE du Wild pride est de dénoncer la situation en Palestine, sans jamais nuancer ses propos quant au rôle du Hamas et du dans le conflit et sans dire quoi que ce soit sur la LGBT+phobie institutionnalisée et règne dans la région. Elle reproche aux médias de ne pas en avoir suffisamment parlé de GAZA et trop du fait que c’est un festival sans alcool.. car il y a nécessairement un lien évident avec la Fierté et la Palestine , ainsi que l’alcool et la Fierté..
      Misère….

    4. Pas évident de trouver un événement parmi les différentes publications d’Instagram du collectif. J’ai beau chercher rien de semble bien bien intéressant à date. Domage…

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