Lundi 1er décembre, c’est la date choisie par Martin Nadeau, le propriétaire du St-Hubert, pour remettre la somme de 9100$ au GRIS pour sa campagne de financement qui est en cours avec pour objectif d’amasser 375 000$. Le 19 septembre dernier avait donc lieu la 9e édition du «Bal en blanc et gris», sur la terrasse du St-Hubert et dans la partie bistro, soirée à laquelle a participé Miss Butterfly, entre autres artistes. C’est là qu’on a pu amasser cette somme-là. Cette fête de fin d’été rassemblait clients du St-Hubert, sympathisants du GRIS mais aussi des gens qui ne connaissent pas nécessairement cet organisme de sensibilisation auprès des jeunes et qui, grâce à des bénévoles sur place, en apprennent plus.
«On remercie Martin Nadeau pour sa fidélité au GRIS, on sait que ce sont des temps économiquement difficile pour tout le monde, souligne Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. On aimerait le remercier pour son appui au GRIS depuis toutes ces années-là.»
«Aujourd’hui, c’est ce qui lance ma propre campagne qui s’inscrit dans la campagne annuelle du GRIS, de dire Martin Watier, bénévole à ce groupe. C’est le grand coup d’envoie de ma campagne personnelle pour amasser des fonds et pour souligner aussi ce beau partenariat avec Martin Nadeau et le St-Hubert.» «Nous avions arrêté cette belle soirée durant les deux années de la pandémie, mais nous avons maintenant repris ce partenariat avec cet organisme tellement important dans sa mission de sensibiliser les jeunes aux réalités LGBTQ+ auquel je crois beaucoup, de noter Martin Nadeau. Cette année, le Bal en blanc et gris a été super. Et ici la Fondation St-Hubert contribue aussi à cette somme-là.»
«J’avais quitté le GRIS l’année de la pandémie de Covid-19, je pensais que c’était acquis, que nos droits étaient moins menacés. Mais malheureusement, je constate que rien n’est acquis et qu’il y a même des reculs dans nos droits même dans les écoles…», continue Martin Watier. «On a eu ensemble une très belle conversation durant la soirée en blanc et gris et Martin [Watier] est revenu au bercail», rajoute Marie Houzeau avec un grand sourire.
Des attitudes décomplexées
Dans les classes, on assiste en effets à des commentaires homophobes et transphobes décomplexés, des préjugés bien affirmés. On ne se cache plus pour le dire tout haut. On en est presque fier. Cela illustre combien le travail du GRIS est plus essentiel que jamais. «Ce genre de chose m’encourage encore plus à participer au GRIS, à m’impliquer pour ne pas que nos droits reculent et pour que les jeunes développent moins de préjugés», résume Martin Watier.
«Désapprendre l’intolérance, c’est encore possible !» est justement le thème de la présente campagne de levée de fonds 2025-2026 qui se terminera au printemps prochain. On voulait éveiller les esprits avec ce slogan-là. «Dans les derniers temps, on voit des gens qui viennent au GRIS en nous disant qu’ils ont constaté des reculs, qu’il y a plus d’intolérance et d’homophobie, ils veulent participer pour sensibiliser les jeunes, ajoute Marie Houzeau. Ils savent qu’il y aura en classe des questions difficiles, des commentaires et des préjugés, mais avec la formation, on les prépare à répondre aux questions et à témoigner de leur propre vécu.»
Rappelons que le GRIS-Montréal est le plus important organisme de démystification de la diversité sexuelle et de genre en milieu scolaire avec plus de 1000 interventions par année dans des écoles et institutions, des ateliers donnés par plus de 250 bénévoles qui se dévouent à cette cause de sensibiliser les jeunes afin de briser le cercle vicieux de l’intolérance et de la discrimination envers les personnes LGBTQ+.
Un témoignage émouvant
«Pendant longtemps, ma propre fille m’a cachée qu’elle était gaie, confie Martin Nadeau. Pourtant, elle savait que mon resto était dans le Village, que je faisais partie d’un comité avec des gais, à ce moment-là, que j’avais beaucoup d’amis gais aussi. Mais elle avait peur de me le dire. Elle avait peur d’être rejetée. C’est en partie pourquoi je m’implique ici avec le GRIS pour ne pas que les jeunes aient peur [de dire qu’ils sont LGBTQ+].»
«Oui, mais beaucoup l’ont dit et se sont fait rejeter par leurs parents. C’est triste, mais c’est la réalité», de renchérir Martin Watier qui connaît Martin Nadeau depuis qu’ils étaient adolescents.
Une 10e édition de cette belle soirée en 2026
«Nous avons de beaux projets et une belle équipe du cabinet de campagne avec Gautier Péchadre (le coprésident) et Annabelle Cadieux (la coprésidente), nous sommes confiants que nous allons arriver à atteindre notre objectif [de 375 000$]», de dire Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. La campagne 2023-2024 avait rapporté un montant de plus de 378 000$.
«L’an prochain, ce sera déjà la 10e édition de cette soirée en blanc et gris», de spécifier Martin Watier, bénévole au GRIS-Montréal.
«On va travailler pour faire quelque chose de spécial l’an prochain, on verra bien, on l’annoncera bien à l’avance», de rajouter Martin Nadeau, le propriétaire du St-Hubert, tout sourire faisant un clin d’œil à Martin Watier.

