Lundi, 11 mai 2026
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    Au cœur des nouvelles révélations sur le Zorro Ranch d’Epstein

    Le nom de Jeffrey Epstein évoque immédiatement son île privée des Caraïbes, devenue le symbole mondial de son empire de prédation sexuelle. Mais depuis quelques semaines, un autre lieu revient brutalement dans l’actualité : le mystérieux Zorro Ranch, immense propriété isolée du Nouveau-Mexique longtemps entourée de rumeurs, de silence et d’allégations troublantes.

    De nouveaux témoignages de survivant·e·s présumé·e·s, la réouverture d’une enquête par les autorités du Nouveau-Mexique et les déclarations récentes de responsables politiques ravivent aujourd’hui les questions sur ce qui se serait réellement passé derrière les clôtures de ce domaine perdu au milieu du désert.

    Une élue américaine relance le débat
    La démocrate Melanie Stansbury, membre du Congrès représentant le Nouveau-Mexique, a récemment accordé une entrevue à l’émission australienne 60 Minutes Australia. Au cours de cette intervention, elle a qualifié Jeffrey Epstein et sa complice condamnée Ghislaine Maxwell de « prédateurs sexuels en série » et de « superprédateurs », tout en soulignant l’importance de soutenir les survivant·e·s et de poursuivre les efforts judiciaires.

    Stansbury a également évoqué le témoignage d’une victime présumée affirmant avoir été invitée à une réception au Zorro Ranch, où elle aurait été droguée puis agressée sexuellement.

    Ces révélations ont contribué à replacer la propriété au cœur de l’attention médiatique et judiciaire.

    Un ranch immense et isolé
    Situé dans une région reculée du Nouveau-Mexique, Zorro Ranch appartenait à Jeffrey Epstein depuis environ 25 ans. Contrairement à son île privée des Îles Vierges, devenue tristement célèbre à travers le monde, ce vaste domaine est longtemps resté relativement absent des manchettes.

    Le ranch est décrit comme extrêmement isolé, entouré de vastes étendues désertiques loin des grands centres urbains. Plusieurs personnes ayant fréquenté l’endroit parlent d’une atmosphère oppressante et inquiétante.

    Aujourd’hui, les autorités tentent de déterminer l’ampleur réelle des abus qui auraient pu y être commis.

    Une enquête rouverte au Nouveau-Mexique
    Selon plusieurs médias américains, l’État du Nouveau-Mexique a rouvert plus tôt cette année son enquête sur les allégations liées au Zorro Ranch. Les autorités cherchent notamment à identifier combien de femmes et de jeunes filles originaires de l’État auraient pu y être victimes d’abus.

    Jusqu’à récemment, une seule résidente locale avait publiquement été associée aux accusations entourant le ranch.

    La représentante d’État Marianna Anaya, coparrainant une commission d’enquête liée à l’affaire Epstein, a confirmé à Reuters que plusieurs victimes présumées du Nouveau-Mexique avaient désormais contacté la commission. Il s’agit de la première reconnaissance publique indiquant que des résident·e·s de l’État affirment avoir été agressé·e·s au ranch.

    D’éventuelles poursuites encore possibles
    Marianna Anaya affirme également que la commission collabore avec le département de la Justice du Nouveau-Mexique afin d’aider les survivant·e·s qui pourraient encore disposer de recours juridiques.

    Même si Jeffrey Epstein est mort en prison en 2019, les enquêtes actuelles cherchent désormais à déterminer si d’autres personnes auraient facilité, couvert ou participé aux crimes allégués.

    Les autorités examinent donc la possibilité de poursuivre d’éventuels complices ou collaborateurs.

    Le témoignage glaçant de Chauntae Davies
    Parmi les femmes ayant déjà parlé publiquement figure Chauntae Davies, qui affirme avoir été agressée par Epstein entre 2001 et 2005.

    Dans son entrevue à 60 Minutes Australia, elle décrit Zorro Ranch comme un endroit « sinistre », profondément isolé et angoissant. Selon elle, l’endroit était si éloigné de tout qu’« il n’y avait personne pour entendre les cris ».

    Davies raconte avoir vécu dans une peur constante pendant ses séjours au ranch, attendant dans sa chambre qu’on vienne la chercher pour rencontrer Epstein — ce qui, dit-elle, signifiait subir un viol.

    Elle affirme également avoir entendu des conversations troublantes sur la création du « bébé parfait » et la recherche d’un « bassin génétique idéal », des propos qui rappellent certaines théories déjà évoquées autour des obsessions eugénistes présumées d’Epstein.

    Son témoignage demeure l’un des récits les plus détaillés associés spécifiquement au ranch.

    Des inquiétudes connues depuis plusieurs années
    Dès 2019, Maria Jose Rodriguez Cadiz, directrice de l’organisme Solace Sexual Assault Services à Santa Fe, révélait qu’environ 45 personnes avaient communiqué avec son organisation pour obtenir de l’aide, du soutien psychologique ou des informations concernant des abus présumés liés au ranch.

    Elle estimait alors qu’une proportion importante de ces témoignages provenait de femmes affirmant avoir été agressées à Zorro Ranch, même si aucun registre détaillé n’avait été conservé.

    Ces déclarations laissaient déjà entendre que les allégations dépassaient largement quelques cas isolés.

    Des victimes masculines émergent aussi
    L’un des développements les plus marquants des derniers mois concerne l’apparition d’allégations impliquant également des garçons et de jeunes hommes.

    Certaines personnes affirment avoir été attirées au ranch sous de faux prétextes avant d’y être droguées et agressées sexuellement. Ces témoignages, encore peu documentés publiquement comparativement à ceux des jeunes filles, élargissent considérablement la compréhension des crimes présumés d’Epstein.

    Ils pourraient aussi modifier la perception publique de l’ampleur réelle du réseau de prédation qui gravitait autour du financier déchu.

    Pourquoi cette affaire refait surface maintenant
    Pendant des années, l’attention médiatique entourant Jeffrey Epstein s’est concentrée sur Manhattan, la Floride et son île privée des Caraïbes.

    Le regain d’intérêt pour Zorro Ranch rappelle toutefois que les allégations d’abus ne se limitaient pas à ces lieux déjà tristement célèbres.

    Pour plusieurs survivant·e·s, la réouverture de l’enquête représente peut-être enfin une occasion d’être entendu·e·s, d’obtenir du soutien et, possiblement, de contribuer à de futures poursuites judiciaires.

    Pour les autorités, le défi demeure immense : retrouver des preuves, vérifier des témoignages vieux de plusieurs années et déterminer qui pourrait encore être tenu responsable.

    Une chose est certaine : les révélations entourant le Zorro Ranch ouvrent un nouveau chapitre dans l’affaire Epstein — un chapitre que de nombreuses victimes présumées attendaient depuis longtemps.

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