Vendredi, 24 avril 2026
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    2FIK

    Artiste multidisciplinaire

    Qu’est-ce qui t’a poussé à marier l’art et le propos social?
    2FIK : Je pars du principe que tout ce que nous faisons est politique : la façon dont nous nous habillons, dont nous occupons l’espace, ce que nous consommons, comment on interagit, quelles sont nos valeurs, etc.

    Quand j’ai commencé à développer ma pratique artistique, j’ai réalisé que je ne pouvais pas faire de l’art de façon complète et totale sans devenir agnostique. À 30 ans, j’ai décidé d’abandonner ma vie en tant que musulman pour devenir agnostique, ce qui a facilité beaucoup de choses dans ma tête. La redéfinition de ma relation à la religion m’a permis d’être un meilleur artiste. Il me paraît évident que l’art et le propos social vont main dans la main.

    Qui sont les artistes engagé·e·s qui t’inspirent ?
    2FIK : Soa de Muse, une drag queen française qui, depuis le début de sa carrière, a toujours été claire par rapport à son positionnement politique et à ce en quoi elle croit. Je trouve admirable sa façon d’utiliser sa plateforme pour rappeler ses valeurs. Elle Barbara, une artiste multidisciplinaire montréalaise qui traite de son identité trans de façon si pertinente. Elle a une capacité à être politique de façon très soft.

    Elle ne s’énerve jamais, mais ce qu’elle dit nous gifle. Inana Sankofa, également artiste multidisciplinaire, qui évolue dans le milieu du ballroom. Elle exprime ses points de vue politiques à travers la scène montréalaise et internationale de façon unique.

    Est-ce que l’état du monde étouffe ton envie de créer ou ça te motive?
    2FIK : Ça dépend de mon humeur du jour. J’ai la certitude qu’on a besoin de l’art plus que jamais. On doit se pousser dans nos retranchements pour se rappeler qui nous sommes en tant qu’humain·e·s. On est dans un contexte extrêmement clivant où même les minorités se tapent dessus entre elles : eh oui, je parle des queers. On passe notre temps à s’embrouiller entre nous alors qu’on devrait être bien plus solidaires qu’on ne l’est.

    Dans ce contexte, il n’y a rien de plus important que de se rappeler nos principes communs et de garder en tête que l’art est une façon de créer des ponts et des discussions, pour avoir des nuances dans un monde où tout est très noir et blanc. Ce côté manichéen empêche de réfléchir et, si on ne réfléchit plus, on meurt tout simplement. L’art est fait pour faire douter. Je crée pour poser des questions, pour avoir des débats et pour créer des liens. Je dois continuer ce que je fais, sinon je vais laisser la peur gagner.

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