Vendredi, 24 avril 2026
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    Gabriel Robichon

    Directeur général de l’ARCG (Aînés et retraités de la communauté gaie)

    Sens-tu un clash dans la façon de militer des LGBTQ+ aîné·e·s et des plus jeunes ?
    Gabriel Robichon : Le clash générationnel vient surtout du fait que nos aîné·e·s ne veulent plus avoir à se battre : ils et elles sont fragilisé·e·s et fatigué·e·s de s’être battu·e·s. Certain·e·s sont encore dans le placard, alors l’idée d’aller dans la rue peut paraître compliquée et dangereuse.

    Ce serait intéressant d’ouvrir un dialogue pour que les jeunes comprennent ce que les personnes plus âgées ont déjà fait pour militer, car, si nous en sommes là, c’est grâce à elles, même si elles n’ont plus forcément l’énergie pour aller dans la rue. Il y a des stratégies qui ont prouvé leur efficacité dans le temps et qui ont permis au Village et aux droits de se développer.

    À mes yeux, il y a également une différence dans le militantisme entre hommes et femmes. À l’ARCG, ce sont uniquement des hommes gais aînés. Je remarque que les femmes ou les personnes trans plus âgées ont plus souvent tendance à continuer à militer, en voyant que leurs droits peuvent reculer.

    Après des décennies de militantisme, sens-tu les militant·e·s LGBTQ+ fatigué·e·s de leurs efforts ?
    Gabriel Robichon : Je sens que les personnes aînées sont fatiguées, pas seulement parce qu’elles ont milité, mais parce qu’elles ont vécu une partie de leur vie dans le placard, avec parfois une vie hétérosexuelle et hétéronormée aux antipodes de leur identité authentique. Plusieurs de ces personnes ont perdu leur famille de sang en raison de l’homophobie ou leur famille choisie en raison de la maladie, comme le sida. C’est tout un tas de deuils à faire.

    En plus des changements sociétaux, s’ajoutent des problèmes de santé qui, malheureusement, peuvent devenir compliqués avec les années. Forcément, ça fatigue le corps et l’esprit.

    Quels sont les enjeux criants pour lesquels vous devez vous battre ?
    Gabriel Robichon : Nos enjeux de financement. On devrait être financé·e·s à la mission et pas seulement aux projets. Également, il faut prendre en compte que la moyenne d’âge de nos membres est de 72 ans : ils et elles sont âgé·e·s de 52 à 93 ans. Ils et elles sont de plus en plus en difficulté. Ils et elles ont besoin d’aide et de soutien pour être accompagné·e·s dans les milieux médicaux où ils et elles ne se sentent pas toujours en sécurité pour avoir des conseils éclairés de professionnel·le·s qui peuvent traiter leurs enjeux. Ils et elles ont aussi le désir de trouver une famille choisie auprès d’autres membres qui leur ressemblent, qui ont des valeurs communes et qui ont vécu, eux et elles aussi, des discriminations.

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