Ultime chapitre des aventures du groupe de superhéros Brigayde dont les membres, après avoir affronté les forces démoniaques d’extrémistes religieux, se retrouvent maintenant contraints de faire face à la plus redoutable des menaces… eux-mêmes !
Ce dernier opus s’ouvre sur l’apparition d’un étrange personnage : Hurnon le Collectionneur, qui contemple avec une avidité malsaine sa plus précieuse acquisition : le corps du démon Enoch, fils de Deimos. Il lui révèle qu’une menace cosmique plane sur le multivers et qu’il lui incombera non seulement de le sauver, mais aussi d’assurer sa propre survie, puisque Enoch risque tout simplement de cesser d’exister. Une perspective qu’Hurnon refuse catégoriquement d’envisager (tout en se pourléchant les babines).
Retour dans notre réalité, où les membres de la Brigayde tombent dans une embuscade tendue par leurs propres coéquipiers. Possédés par des forces obscures, ces derniers n’ont de cesse de piéger leurs camarades et de les soumettre à des supplices où s’entrelacent sensualité et torture. Mais qui — ou quoi — se cache réellement derrière ce plan machiavélique ?
Écrit par Patrick Fillion et mis en images par David Cantero, le récit emprunte une voie rarement explorée dans l’œuvre de Fillion, en flirtant ouvertement avec l’horreur corporelle. C’est ainsi qu’une queue gigantesque s’échappe de la bouche de l’un pour le ligoter ou qu’un corps se voit réduit à l’état d’une masse semi-protoplasmique. La bande dessinée s’amuse par ailleurs à détourner avec entrain les codes établis des films de superhéros, allant parfois jusqu’à les tourner ouvertement en dérision.
Le Collectionneur constitue ainsi une référence directe aux Gardiens de la galaxie, tandis qu’une variation savoureuse de l’iconique pose d’atterrissage des superhéros — un genou et un poing au sol — est ici présentée nue et de dos, offrant une toute nouvelle perspective et une vue imprenable.
Le récit parvient à mener de front plusieurs intrigues avec une efficacité remarquable, tout en étant porté par des artistes manifestement au sommet de leur art, tant sur le plan narratif que sur celui des illustrations. Il se conclut par un épilogue qui précise le destin des différents héros et sur une scène aussi surprenante que marquante, impliquant Enoch et son père, et laissant entrevoir, qui sait, la possibilité de nouvelles aventures au sein d’une autre série.
La bande dessinée est par ailleurs enrichie d’une centaine de pages de matériel supplémentaire : esquisses, planches sans paroles et une postface signée Patrick Fillion, qui revient sur les 10 années de publication de ce titre et propose une conclusion personnelle où il laisse entrevoir ce que réserve l’avenir.
Disponible en format numérique sur le site : https://classcomics.com
INFOS | The Brigayde, No. 11 / Patrick Fillion. Victoria (BC) : Class Comics, 2025, 132 p.

