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    Un coloc d’enfer

    Owen Greene, n’a qu’un seul désir lorsqu’il entre à l’université : décrocher des « A » et un stage. Ses plans sont cependant bouleversés lorsqu’il fait la rencontre du colocataire qui lui est imposé, nulle autre que Zarmenus, un prince de l’Enfer envoyé sur Terre dans le cadre d’un programme d’échange expérimental.

    Évidemment, le qualificatif « d’enfer » réfère ici à plusieurs éléments, puisqu’au-delà du fait que Zarmenus est littéralement issu de la dimension infernale, la personnalité du colocataire alterne également entre l’exceptionnel et l’insupportable. Alors qu’Owen est d’un naturel tranquille, son compagnon de chambre se révèle au contraire bruyant, provocant, amateur de fêtes débridées et… de parties de jambes en l’air. Une situation qui exaspère Scott, relégué à l’étage supérieur du lit superposé qu’ils partagent, même s’il ne peut s’empêcher de lorgner les hommes que son coloc ramène, ainsi que son corps d’athlète.

    La présence du démon n’est par ailleurs pas sans soulever l’ire de certains groupes conservateurs et ses débordements ne font donc qu’attiser les flammes de leurs préjugés. Afin de redorer son image, Zarmenus propose donc un marché : prétendre qu’Owen est son petit ami afin de présenter une image plus sage tout en apprenant le b.a.-ba de ce qui constitue un parfait « bon humain ». Évidemment, comédie romantique oblige, les frontières entre le faux et le vrai deviennent de plus en plus floues, alors que des sentiments sincères prennent éventuellement le dessus sur la mascarade.

    Le roman présente deux hommes aux personnalités contrastées. Tandis qu’Owen est en plein questionnement identitaire, Zarmenus est totalement transparent sur sa sexualité et n’arrive pas à comprendre pourquoi on en fait tout un plat. Placés à des pôles opposés, les deux personnages sont donc amenés à évoluer et à nuancer leur regard sur l’autre. La notion même de « démonisation » est également remise en question alors qu’Owen réalise que le célèbre « L’enfer, c’est les autres » de Sartre renvoie surtout à une incompréhension de la différence. Par ailleurs, l’assurance affichée de Zarmenus révèle bientôt des zones de fragilité alors qu’Owen, face aux manifestations d’intolérance visant son coloc, se découvre une force insoupçonnée.

    Le roman alterne avec adresse entre romance, fantaisie et humour et, bien que visant un public adolescent, plaira à tous.

    INFOS | Un coloc d’enfer / Cale Dietrich. Paris : Comet, 2026. 427 p.

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