Samedi, 2 juillet 2022
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    Décès de Bruce E. Horlin : Un pionnier du Village nous a quittés

    Mort le 1er décembre dernier, ce n’est que le 28 février que l’annonce en a été faite. Immédiatement, la stratosphère des médias sociaux s’est emballée et, tout comme pour Brian Charbonneau (alias la drag queen Sheena Hershey), décédé le 5 février dernier, les messages d’amour et commentaires de condoléances ont plu de partout… Pour ceux qui ne le connaissaient pas, Bruce E. Horlin était le fondateur du «mythique» bar K.O.X., un des établissements phares du Village gai montréalais à sa naissance, il y a plus de 30 ans maintenant… Retour sur la vie de cette figure marquante du secteur.

    «Bruce est décédé de causes naturelles», d’expliquer Alain Ménard, à propos de ce pilier du Village depuis presque sa création. Alain Ménard, qui a œuvré dans plusieurs clubs du quartier, a bien connu Horlin et est resté ami avec lui depuis l’époque de la création du K.O.X., en 1982. Bruce E. Horlin était âgé de 68 ans a rendu l’âme à sa résidence de Montréal.

    L’histoire d’amour de Bruce E. Horlin avec le «Village» démarre en 1982. De retour de plusieurs années de séjour à l’étranger (son père était militaire de carrière et Bruce a résidé à plusieurs endroits sur la planete avec sa famille), Horlin veut implanter à Montréal un bar pour hommes. Il crée le K.O.X. qui ouvre ses portes le 23 décembre 1983. Il sera l’un des premiers à publiciser le «nouveau Village de l’Est»! Sis sur Montcalm, dans un ancien garage pour taxis, Horlin y aménage ce bar de style industriel.

    Alain Ménard travaillait à l’époque pour le magazine Sortie lorsqu’il fait la rencontre de Horlin. «Lorsque Sortie cesse sa publication, je suis parti chez Fugues et c’est moi qui a poursuivi le dossier de l’ouverture du K.O.X. car Bruce voulait l’annoncer à l’avance et prendre plusieurs pages de publicité. Il croyait énormément dans le fait d’annoncer «dans le nouveau Village de l’Est»! Bien entendu, il s’inspirait de Greenwich Village à New York et pensait que c’était une manière d’attirer les gais, autant ceux d’ici qu’au sud de la frontière. Bruce a initié la vague de nommer le secteur du «Village» dans les publicités » évoque M. Ménard. «Bruce était un homme d’idées, de concepts de soirées, il n’arrêtait jamais, il était fonceur».

    Paul Haince et Bruce E. Horlin photo Jean Chainey

    Après 10 ans sur Wolfe, on est forcé de déménager le K.O.X. dans la Station C (actuel club Play), en 1992. Entre la fermeture sur Wolfe et l’ouverture officielle du «nouveau» K.O.X., M. Horlin a investi l’espace de ce qui est aujourd’hui le Unity pour inaugurer le bar Pipeline qui fera la transition entre les deux K.O.X.

    Puis, on s’installe dans l’édifice de la Station C connu aussi à l’époque comme le Théâtre Félix-Leclerc. Bruce E. Horlin y crée plusieurs espaces, une grande discothèque à l’arrière, un bar appelé Le Kaché, au coin de Plessis et au 2e étage un bar pour femmes, le K2. Le sous-sol, quant à lui, accueillera le Katakombes, un bar à tendance cuir très masculin. C’est la belle époque du K.O.X./ Katakombes, les soirées y sont complètement folles et les gars y étaient déchaînés, le bar était souvent rempli à pleine capacité. On avait réussi le pari du déplacement du bar sans encombre. Mais une désormais célèbre descente policière au K.O.X./Katakombes, en février 1994, viendra gâcher la sauce… Au cours de cette rafle, presque 200 hommes seront arrêtés pour s’être trouvés dans une «maison de débauche». «Heureusement pour lui, Bruce n’y était plus à ce moment-là, sinon il se serait fait arrêter, continue Alain Ménard. Environ un an avant la descente, il y a eu une chicane entre ses partenaires et Bruce a donc quitté le K.O.X. C’était malheureux, mais c’est comme ça.» Marqué par une la descente, le K.O.X./ Katakombes n’a jamais réussi à remonter la pente et a définitivement fermé ses portes en 1998.

    En 1993, M. Horlin ne fait pas que partir du K.O.X., il laisse Montréal aussi. «Il est retourné en Ontario pour prendre soin de sa mère qui était malade. En tout, il restera en Ontario une quinzaine d’années, fera même de la politique municipale, et deviendra «vice-maire» d’une municipalité régionale de comté. Suite au décès de sa mère, dont il avait été l’aidant naturel, il décide de revenir à Montréal,en 2009. Il a encore l’idée d’ouvrir un bar, mais il voit que les choses ont changé, que c’est plus difficile qu’avant. C’est là que Michel Gadoury (le propriétaire du Stud) lui propose de travailler avec lui. Durant trois ans, Bruce deviendra le responsable des communications et de la publicité du Stud, rappelle Alain Ménard. «Puis, sa santé va décliner et il aura plusieurs complications jusqu’à sa mort» . Le corps de M. Horlin a été incinéré et il sera enterré prochainement dans le lot familial, dans la région d’Ottawa d’où il était natif.

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