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    Kevin Lambert et d’autres écrivain.e.s queer dans la première sélection du prix Médicis

    Le jury du Médicis, l’un des prix littéraires français les plus renommés, a dévoilé une première sélection de 13 romans en français parus (en France) en 2021, dont un titre québécois, Tu aimeras ce que tu as tué, de Kevin Lambert. 

    Rappelons que Kevin Lambert s’est fait connaître au Québec et en France grâce à son deuxième roman, Querelle de Roberval (retitré Querelle par son éditeur français), qui a également été en lice pour le Médicis, en 2019. 

    Antérieur à Querelle de RobervalTu aimeras ce que tu as tué  est le premier roman de Kevin Lambert. Il a été publié au Québec au printemps 2017, par Héliotrope, mais vient tout juste d’être publié en France par Le nouvel Attila. L’intrigue se déroule dans un Chicoutimi glauque et violent, hanté par des fantômes d’enfants. Dans ce récit apocalyptique qui mélange fantastique et souvenirs, Kevin Lambert utilise la haine comme ton littéraire et critique avec virulence la xénophobie et l’homophobie qui coulent encore trop fort dans les eaux de notre province.

    LIRE L’ENTREVUE QU’IL ACCORDAIT À FUGUES, EN 2018

    D’autres écrivain.e.s LGBTQ+, sont également en lice pour le Prix Médicis

    On retrouve le plus réçent livre de Christine AngotLe Voyage dans l’Est (Flammarion), qui est également en lice pour les Prix Goncourt et Fémina. C’est un livre très fort, sur l’inceste qui laisse le lecteur abasourdi. Christine Angot y rend compte avec beaucoup de lucidité et de finesse de la nature de l’inceste, qui n’est pas seulement sexuel, mais implique la totalité de la personne de la victime.  

    Sur les traces de Tricks (1979) de Renaud Camus ou de Guillaume Dustan avec Dans ma chambre (1996), Arthur Dreyfus – à la fois auteur, scénariste, journaliste et réalisateur – a entrepris de raconter cinq ans de la vie sexuelle d’un jeune gay avec son Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui (POL), dans le moindre détail et sans filtre dans une brique de plus de 2300 pages. 

    Dans La France goy (Grasset) à travers la vie de son arrière-grand-père, Christophe Donner brosse le tableau d’une époque des plus troubles, marquée par la montée de l’antisémitisme.

    À travers la voix incandescente de Madame Akli, Nina Bouraoui nous offre avec Satisfaction (JC Lattès) un roman brûlant, sensuel et poétique  qui réunit toutes ses obsessions littéraires : l’enfance qui  s’achève, l’amour qui s’égare, le désir qui fait perdre la  raison.

    Dans Presque toutes les femmes (Flammarion), une autobiographie traversée de passions et de détresses, Héléna Marienské raconte une vie passée à l’ombre des femmes, figures familiales ou rivales, autant que dans leur lumière, celle des femmes désirées ou follement aimées. Chacune à sa manière lui aura révélé celle qu’elle est : une femme libre, qui abrite résolument en elle plusieurs autres. 

    On retrouve en lice également Plasmas (Rivages) de Céline Minard, un roman qui plonge dans un univers singulier où des acrobates effectuent des mesures sensorielles dans un monde post-humain, où un parallélépipède d’aluminium tombe des étoiles et du futur à travers un couloir du temps et où un monstre génétique est créé dans une écurie de chevaux sibérienne. Une magnifique écriture, d’une lecture exigeante car le texte est par moment très cérébral, ou dense, ou technique, mais qui nous envoûte et nous transporte dans un monde futur imaginé avec cohérence, avec force, avec précision et surtout avec une immense originalité.

    Dans la sélection étranger, on remarque Les aventures de China Iron, de Gabriela Cabezon Camara, publié chez l’Ogre, une relecture queer du classique argentin Martín Fierro.

    La remise des prix est prévue le 26 octobre. 

    En 2020, Chloé Delaume (Le Cœur synthétique, Seuil), Antonio Muñoz Molina (Un Promeneur solitaire dans la foule, traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon, Seuil) et Karl Ove Knausgaard (Fin de combat, traduit du norvégien par Christine Berlioz, Jean-Baptiste Coursaud, Marie-Pierre Friquet et Laila Flink Thullesen, Denoël) ont respectivement remporté le prix Médicis du Roman français, du Roman étranger et de l’Essai.

    Les 13 romans français et francophones sélectionnés pour le prix Médicis 2021 :

    1. Le premier exil, de Santiago Amigorena (P.O.L.)
    2. Le voyage dans l’Est, de Christine Angot (Flammarion)
    3. Satisfaction, de Nina Bouraoui (Jean-Claude Lattès)
    4. Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui, d’Arthur Dreyfus(P.O.L)
    5. La France goy, de Christophe Donner (Grasset)
    6. Tu aimeras ce que tu as tué, de Kevin Lambert (Le nouvel Attila)
    7. Après l’avalanche, d’Arrigo Lessana (Exils)
    8. Presque toutes les femmes, de Héléna Marienské (Flammarion)
    9. Plasmas, de Céline Minard (Rivages)
    10. Ce que c’est qu’une existence, de Christine Montalbetti (P.O.L.)
    11. La plus secrète mémoire des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
    12. Mon mari, de Maud Ventura (L’Iconoclaste)
    13. Mahmoud ou la montée des eaux, de Antoine Wauters (Verdier)

    Les 11 romans étrangers sélectionnés pour le prix Médicis 2021 :

    • Madame Hayat, d’Ahmet Atlan, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes (Actes sud)
    • Les aventures de China Iron, de Gabriela Cabezon Camara, traduit de l’espagnol (Argentine) par Guillaume Contré (L’Ogre)
    • Les lanceurs de feu, de Jan Carson, traduit de l’anglais (Irlande du Nord) par Dominique Goy-Blanquet (Sabine Wespieser)
    • Les occasions manquées, de Lucy Fricke, traduit de l’allemand par Isabelle Liber (Le Quartanier)
    • Les enfants de la Volga, de Gouzel Iakhina, traduit du russe par Maud Mabillard (Noir sur Blanc)
    • Les Prophètes, de Robert Jones, Jr., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par David Fauquemberg (Grasset)
    • La clause paternelle, de Jonas Hassen Khemiri, traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy (Actes Sud)
    • Lilas rouge, de Reinhardt Kaiser-Mühlecker, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay (Verdier)
    • Poussières dans le vent, de Leonardo Padura, traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis (Métailié)
    • Shuggie Bain, de Douglas Stuart, traduit de l’anglais (Ecosse) par Charles Bonnot, (Globe)
    • Memorial Drive, de Natasha Trethewey, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy (L’Olivier)

    Le jury du Médicis est composé de Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne Garreta, Patrick Grainville, Andreï Makine, Frédéric Mitterrand, Pascale Roze et Alain Veinstein.

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