Vendredi, 3 Décembre 2021
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    Lina Cruz : Morphs ou l’imaginaire dévoilé

    Et si le corps, le mouvement, ou tout simplement la danse pouvaient en révéler sur nous-mêmes et nous permettre de nous partager. C’est le défi que s’est lancé la chorégraphe Lina Cruz dans sa toute dernière création, Morphs, qui sera présentée à l’Agora de la danse. L’écriture formelle de Lina Cruz produit en bout de ligne une danse charnelle, incarnée dans laquelle chacun.e peut se retrouver. 

    Bien sûr, les effets de la pandémie n’ont pas réduit les ardeurs des artistes à créer, mais les ont obligé.e.s à adapter, modifier leur projet aux nouvelles réalités des salles liées aux mesures sanitaires en vigueur. Cela a été le cas pour Lina Cruz. «Au départ, j’avais prévu ce spectacle pour trois danseur.euse.s et pour plusieurs musiciens, confie Lina Cruz en entrevue, puis pour simplifier, j’ai décidé qu’il y aurait cinq danseur.euse.s et un musicien, qui chantera et récitera des poèmes aussi.»

    Pour cette création, Lina Cruz s’est concentrée sur les rêves aussi bien lorsque nous sommes endormi.e.s qu’éveillé.e.s. «Je me suis focalisée sur ce monde secret propre à chacun de nous et ce que ce monde nous raconte, continue la chorégraphe, et je me suis mise dans la position de quelqu’un qui découvrirait ce monde inconnu à travers le trou de la serrure. J’ai voulu faire sur scène une célébration colorée de ce monde onirique.» Elle ouvre ce qu’elle appelle une boite noire d’où s’échappent des univers parallèles, des ambiances, des couleurs et des sons non soutenus par une narration rationnelle. En fait, retrouver un monde semblable aux jeux de l’enfance où tout était possible, comme… dans nos rêves.

    La chorégraphe – qui a pratiqué la danse et essaimé son travail aussi bien en Colombie, en Espagne et à Montréal –, recherche dans son écriture une grande habileté de la part des interprètes : ils doivent être malléables face à ses exigences, mais aussi avoir une forte présence théâtrale sur scène. Ils ne sont pas uniquement des corps qui bougent, mais des êtres qui s’expriment. «Je leur demande d’être patient.e.s, car j’insiste énormément sur des détails, mais c’est aussi le plaisir d’aller plus loin», précise Linda Cruz.

    Sa longue carrière l’a amenée à se confronter à tous les styles de danse et de travail sur le corps. «À l’adolescence, j’ai commencé la danse classique bien avant de découvrir la danse contemporaine. En parallèle, j’ai fait des années de karaté, ce qui peut paraitre étrange, mais j’y ai aussi découvert une autre façon de bouger, de travailler certains mouvements comme ceux à partir du bassin. J’y ai aussi exploré la vitesse du mouvement, une question essentielle dans les arts martiaux, ainsi qu’une réflexion par la méditation sur là où commence un mouvement et là où il se finit. Tout cela m’a nourrie et me nourrit encore dans ma démarche de chorégraphe.» Morphs est un voyage au cœur d’une belle folie individuelle et collective, joyeuse et ludique, un sentiment de liberté sur tous les possibles de l’imaginaire.


    INFOS | Morphs à l’Agora de la danse – Espace Wilder, les 27, 28, 29 et 30 octobre 2021 agoradanse.com 

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