Mardi, 28 juin 2022
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    Brooke Lynn Hytes en tournée en Afrique du Sud

    La drag queen Brooke Lynn Hytes, a entamé samedi soir une tournée en Afrique du Sud où la scène est encore naissante.

    L’Afrique du Sud a une des lois les plus progressistes au monde notamment en ce qui concerne les droits LGBTQ+. Et c’est le premier pays d’Afrique à avoir légalisé le mariage gai. Mais dans la rue, la stigmatisation persiste.

    «La scène drag en Afrique du Sud est très récente, quand je vivais ici il y a environ 15 ans, on ne voyait pas de drag queen», raconte dans un entretien la star vêtue d’une robe léopard et coiffée d’une perruque rappelant Marilyn Monroe.

    Dans un instant, elle sera sur la scène de ce bar branché de Johannesburg, pour un «hommage irrévérencieux aux différentes identités sexuelles».

    La salle recouverte de plantes artificielles du sol au plafond est déjà pleine, quelques centaines de jeunes, moins jeunes, hétéros et homos. Le spectacle est un mélange de playback, de danse et de comédie féroce ponctuée de déhanchés gracieux et d’époustouflants grands écarts de l’artiste qui a passé deux ans au sein du Cape Town City Ballet. «Le travestissement, c’est mettre vie à l’imagination», explique Brooke Lynn Hytes, alias Brock Hayhoe.

    Brooke Lynn Hytes est l’une des drag queens canadiennes les plus connues. Personnalité télévisée et anciennement danseur de ballet, l’artiste est principalement est principalement connue pour avoir participé à la onzième saison de RuPaul’s Drag Race et comme présentatrice de la compétition de télé-réalité Canada’s Drag Race. Elle est également productrice de l’émisison «1 Queen, 5 Queers», et entend utiliser encore plus le petit écran à l’avenir pour faire entendre des voix queers. Rappelant que les reines de la nuit ont inspiré la mode et créé des tendances, l’artiste confie rêver de «voir une drag queen dans une campagne pour une grande maison de couture».

    Jamais seules 
    «J’ai été arrêté par les policiers en drag queen, c’est dur», raconte Adam Benefeld, qui anime le show. Il dit ne pas se sentir «en sécurité en drag» en Afrique du Sud. Alors pour lui, ces spectacles sont plus que de simples performances. Serré dans un justaucorps blanc avec des épaulette qui se finissent en cornes, il explique qu’«il s’agit de montrer qu’on peut être tellement plus que ce qu’on est».

    Selon Theo de Jager, qui organise ces spectacles à travers le pays, «l’idée de changer de genre est encore effrayante pour beaucoup de gens, et cette peur se traduit souvent par la discrimination». Il raconte que dans le pays, les drag queens préfèrent ne jamais se déplacer seules en particulier dans les transports: «On ne sait jamais sur qui on va tomber et qui peut cacher des tendances homophobes».

    Et beaucoup d’entre elles sont encore «terrifiées» à l’idée de se travestir en public. Les actes de violence homophobe sont fréquents, notamment avec des cas de viols visant des gais et des lesbiennes en raison d’orientations sexuelles jugées inappropriées. Alors la venue d’une star internationale a rameuté du monde dans cette salle de spectacle devenue, l’espace d’un soir, un coin d’expression libre. Des stars locales se sont déplacées.

    Selon Nicki Supreme, en tenue argentée ornée de fourrure, de plus en plus de filles sont tentées par l’univers des drag queens: «Ce n’est pas que pour les gais, tout le monde peut devenir drag queen». 

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