Vendredi, 1 juillet 2022
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    Icesis Couture à Montréal pour la première fois 

    Grande gagnante de la deuxième saison de Canada’s Drag Race, l’Ottavienne Icesis Couture se produira au Cabaret Chez Mado, le 3 mars prochain, si la Santé publique le permet. Quelques semaines avant le spectacle, notre journaliste a eu l’occasion de discuter en tête-à-tête avec elle en visioconférence.


    On se parle un mois après ta victoire. Comment te sens-tu ?
    Icesis Couture : Ce qui m’arrive est absolument incroyable, mais ça me semble encore irréel ; je n’ai d’ailleurs pas encore reçu ma couronne. Peu importe, je suis tellement heureux et reconnaissant de cette expérience. Les choses sont magiques depuis la fin de la saison.


    Dès ton entrée dans le work room, plusieurs personnes avaient le pressentiment que tu pourrais gagner. Avais-tu la même confiance en tes moyens ?
    Icesis Couture : Pas du tout ! J’étais très nerveux, car ce sont les Olympiques de la drag ! Je vis à Ottawa, la scène drag y est très petite et j’avais eu très peu d’opportunités pour performer à l’extérieur. Je suis tellement dans ma bulle que je ne savais pas ce qui se passait dans les autres villes canadiennes. Alors, quand j’ai vu le calibre de la compétition, j’ai pensé que ce serait difficile.


    À quoi ressemble la scène drag ottavienne ?
    Icesis Couture : Nous sommes une poignée de drags très diversifié.e.s et on se soutient comme une petite famille. Ironiquement, quand j’ai été sélectionné sur Drag Race, je me disais que si je gagnais, j’allais peut-être déménager à Montréal ou à Toronto pour avoir plus d’opportunités, mais maintenant que j’ai gagné, je ne veux toujours pas partir. Je me sens bien ici. Ma famille et tous mes amis sont près de moi. Mais on ne sait jamais…


    Comment as-tu développé ton esthétique ?
    Icesis Couture : Je suis autodidacte. J’ai appris à coudre et à créer des looks par moi-même. Quand je me préparais pour l’émission, en fonction des thèmes qu’on nous avait fournis, je me suis assis à ma table durant quatre jours avec un crayon et une feuille de papier pour trouver mes idées. Ensuite, je les ai conçues.

    LA ROBE AMSTERDAM RAINBOW / PHOTO: Adam Lizo


    Avais-tu peur d’être jugé en tant qu’artiste autodidacte ?
    Icesis Couture : Oui, mais pas uniquement sur mes looks, mais sur ma drag en général, parce que j’ai eu moins d’occasions de performer que les autres et que je fais tout pour moi. À mes débuts sur Drag Race, j’avais l’impression de ne pas avoir ma place. Même après 15 ans d’expérience ! Chaque fois que je fais un nouveau show ou que je fais de nouvelles rencontres, j’ai la crainte de ne pas être à la hauteur. En vérité, je ne trouve pas ça négatif. Ça démontre simplement à quel point la drag est importante pour moi.


    Plusieurs drags ont du mal à sortir de leur zone de confort, afin de marier leur univers aux différentes catégories de Drag Race. Est-ce que ça te préoccupait ?
    Icesis Couture : J’avais le sentiment qu’il y avait une allure précise que je devais avoir et des choses que je devais créer spécifiquement pour cadrer dans Drag Race, alors j’ai préparé mes looks avec ça en tête. Mais quand j’ai eu l’opportunité de faire un look un peu étrange et que j’ai vu à quel point c’était célébré, ça m’a beaucoup rassuré. Drag Race est de plus en plus inclusive avec des participant.e.s weirdos, des personnes trans ou des hétérosexuels cisgenres.


    Ton frère fait aussi de la drag sous le nom de Savannah Couture. Est-ce que tu vivais bien avec ça ou tu voulais être le seul de ta famille à pratiquer cet art ?
    Icesis Couture : Pendant des années, il était mon assistant, il m’aidait à faire mes perruques et à me préparer. Après m’avoir regardé faire durant des années, il m’a demandé s’il pouvait devenir ma drag daughter. Je trouvais que c’était un peu bizarre, alors je lui ai proposé d’être ma drag sister. J’étais prêt à l’aider, car on s’entend vraiment bien. Durant les quatre premières années de sa carrière, je faisais ses costumes et ses maquillages. Depuis, il vole de ses propres ailes en créant tout par lui-même.


    L’encourages-tu à s’inscrire à Canada’s Drag Race ?
    Icesis Couture : Il a fait les auditions la même année que moi. Évidemment, je suis meilleur, donc j’ai été pris ! (Rires.) Il veut encore participer, mais après m’avoir vu gagner, ça l’a rendu plus nerveux, car il va être comparé à moi. En fait, plusieurs de mes drag daughters ont auditionné et vous allez certainement les découvrir dans le futur.


    Comment votre famille réagit-elle au fait que vous faites de la drag ?
    Icesis Couture : Ils adorent ça ! Ma mère, mon beau-père et toute ma famille viennent nous voir en spectacle, ils nous donnent des lifts vers nos shows et ils nous aident avec notre matériel.


    L’automne dernier, quand on faisait des soirées de visionnement de Drag Race, ma mère travaillait à la porte. Et l’autre jour, on est allés magasiner des souliers pour une tournée à venir. Elle est notre plus grande fan !

    Photo : @sro_media


    Comment as-tu fait pour durer depuis 15 ans dans la drag ?
    Icesis Couture : Je dois préciser qu’après avoir eu une jeunesse très difficile, la drag m’a aidé à devenir personne que je suis. C’est LA chose qui me rend heureux. Je continue donc sans arrêt de travailler fort, d’être professionnel, ponctuel, gentil et de repousser les limites, parce que je ne me vois juste pas dans un monde où la drag ne fait pas partie de ma vie. C’est ma raison d’exister.


    Ça semble pourtant si difficile sur le corps et la peau…
    Icesis Couture : Ouf ! Sur Drag Race, on filmait plusieurs jours de suite et comme j’ai une barbe très forte, je devais me raser deux fois par jour. En plein tournage, mon visage était à vif et je me mettais parfois à saigner… La production devait prendre une pause et on me demandait d’arrêter de saigner ! Je leur répondais : « Je ne peux rien faire ! Je suis tellement désolé ! » (Rires.) Pour le reste, je suis conscient des effets sur mon corps de toutes ces années à performer intensément, mais je refuse de rester les deux pieds au sol sans bouger en faisant des balades et en pointant du doigt. Je vais continuer de pousser et de prendre des Advils. La seule chose qui pourrait me faire arrêter, c’est si mon corps me lâche. Mais on n’est pas rendu là. Seulement à moitié.


    Quels sont tes projets à venir ?
    Je travaille sur de la musique. Mon objectif principal est de voyager à travers le monde, de rencontrer les fans de Drag Race et de répandre l’amour. Je veux simplement être là pour les gens. À court terme, le 3 mars, je serai en show avec Pythia chez Mado. Par la suite, la grande tournée devrait reprendre.


    INFOS : 1115 Ste-Catherine Est www.mado.qc.ca


    Visitez le site Internet www.icesiscouture.com et suivez Icesis Couture sur :


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