Mercredi, 17 août 2022
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    Maison Plein Cœur, un agrandissement et non un déménagement

    Ça bouge à la Maison Plein Cœur qui a célébré ses 30 ans d’existence l’an dernier. Si la pandémie de coronavirus a chamboulé quelque peu l’organisation des activités, celles-ci ont repris de plus belle. Il a fallu s’adapter à la situation, comme nous tous. Après avoir mis sur pied un programme d’accompagnement, on planche en ce moment sur un tout nouveau projet de «résilience» des personnes vivant avec le VIH/sida. D’autre part, on désire mettre en branle des rénovations majeures qui permettront d’agrandir cette bâtisse datant de 1994.


    La campagne de financement de l’automne dernier a porté des fruits, beaucoup de fruits puisqu’elle a récolté 50 000$. «Nous sommes très contents d’avoir atteint notre objectif. La Maison a beaucoup de besoins en ce moment, donc cela va nous permettre de continuer nos services, mais ce n’est qu’une partie du budget de la Maison», souligne Denis-Martin Chabot, le coordonnateur au développement à la Maison Plein Cœur. Il faut rappeler que la Maison vient en aide à plus de 300 personnes séropositives ainsi qu’à une centaine de proches vivant avec ces personnes-là.

    Agrandir et non déménager
    «En tant qu’organisme communautaire, on a appris beaucoup de choses avec la Covid, de dire Denis-Martin Chabot. Nous avons un avantage d’avoir une bâtisse qui nous appartient, d’avoir des logements pour ceux qui ont besoin de soutien, un programme d’accompagnement et on désire avoir des locaux plus spacieux. Nous sommes à côté d’une station de métro, ça aussi c’est un avantage. De plus, nous avons un terrain pour agrandir, il ne faut pas négliger ça.»

    Même s’il n’est pas si vieux que ça, ce bâtiment-là a besoin de «beaucoup d’amour». Il faut mettre à jour tout l’intérieur, refaire la cuisine et les bureaux administratifs qui sont exigus, etc. La toiture aussi nécessite des travaux de réfection. «Et pourquoi pas un toit vert, s’interroge Denis-Martin Chabot. On doit voir si les règlements municipaux nous le permettent. Et puisque nos besoins ont augmenté, on pense agrandir vers l’arrière du terrain. Mais tout cela coûte cher. Donc, d’ici la fin de l’année, on va lancer une campagne spécifique pour ces rénovations.»

    Une firme d’architecte a d’ailleurs été choisie pour effectuer les plans de tout ce chantier à venir. «Comme on peut le comprendre, on va mettre sur pied un comité de campagne de financement parce que celle-ci sera majeure, commente Denis-Martin Chabot. […] S’il y a une nouvelle vague de coronavirus, cet agrandissement nous permettra de continuer nos activités avec une distanciation physique parce certains membres vivent vraiment dans l’isolement […] Donc, on prend de l’expansion pour ces raisons-là également.»


    À un tournant important
    Soupers communautaires, massage de relaxation, ateliers de pâtisseries et de cuisine, activités socio-culturelles, rencontres de discussions, distribution de paniers alimentaires, etc., normalement ça bourdonne dans cette chaumière-là. Mais durant le premier confinement, plusieurs membres de la Maison, habitués aux nombreux événements et services, se sont retrouvés coupés de ces moments privilégiés. «Plusieurs personnes se sont senties isolées et exclues et toutes seules dans leur petit coin. C’est bien de faire des activités virtuelles, mais quand on a des gens qui n’ont pas de tablettes ni d’ordinateurs et encore moins d’internet, on fait quoi ? C’est là qu’on a appris qu’on doit être plus flexible, on a trouvé de l’argent pour offrir des ordinateurs à ces personnes-là de même que tout le support technique qui va avec afin de leur permettre de sortir de leur isolement. Ça ne réglait pas tout, mais au moins ils pouvaient maintenant garder le contact avec les autres», explique Denis-Martin Chabot. C’est le programme qui porte le joli nom de «Ordinacoeur».

    Le fait d’agrandir signifie de bénéficier d’une plus grande salle pour recevoir encore plus de membres et éviter que ceux-ci soient isolés. Sans en dire trop, mais il y a encore un autre «gros projet» qui se trame. Pour l’instant, on va l’appeler le projet «résilience». En fait, il s’agit d’un programme qui s’étendra sur cinq ans et visant à diminuer la transmission du VIH/sida tout en combattant la sérophobie et la discrimination. «Peut-être qu’il y a une strate de la population de personnes séropositives qui ne s’identifie pas au VIH ou au Village, questionne le coordonnateur au développement de la Maison ? Comment rejoindre ces personnes qui ne se sentent pas interpellées pour qu’elles soient plus résilientes, pour qu’on puisse faire baisser les infections au VIH de manière notable d’ici 2030 ? C’est un projet important dans lequel les ‘’pairs’’ seront pleinement impliqués. Les PVVIH (personnes vivant avec le VIH-sida) seront au cœur de nos actions et d’autres organismes seront également parties prenantes au projet. On travaille sur les derniers détails avant d’en faire une annonce officielle.»

    «Avec tous ces programmes et ces projets, la Maison Plein Cœur est arrivée à la croisée des chemins pour pouvoir briser l’isolement des gens, pour pouvoir accueillir plus de monde, etc. La pandémie nous a démontré qu’il nous faut plus de flexibilité dans les activités et l’aide aux personnes et ce, alors que nous sommes un organisme communautaire, qu’il faut nous adapter aux diverses situations. L’agrandissement est aussi quelque chose d’important donc, on travaille très, très fort pour pourvoir annoncer tout ça sous peu», de conclure Denis-Martin Chabot.

    INFOS| T. 514-597-0554 ou maisonpleincoeur.org
    ou encore [email protected]

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