Mardi, 16 août 2022
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    En Palestine, le concert d’un chanteur gai annulé

    Sous la pression d’un groupe d’activistes mené par le fils d’un célèbre prédicateur proche du Hamas, le chanteur gai palestinien Bashar Murad a été empêché de se produire à Ramallah.

    Le 17 juin dernier, «de jeunes Palestiniens» ont empêché le chanteur palestinien Bashar Murad, 29 ans et ouvertement homosexuel, de se produire dans un espace culturel à Ramallah, en Cisjordanie, en raison de «son soutien à l’homosexualité en Palestine»raconte le site panarabe Al-Monitor.

    La fronde a été menée par Yaman Jarrar, fils de Bassam Jarrar, un prédicateur proche du mouvement islamiste palestinien Hamas. Dans une vidéo qui a largement circulé sur les réseaux sociaux, on le voit, accompagné d’un groupe d’hommes, prendre la parole dans cet espace culturel :

    «Bashar Murad est un pervers et ne doit pas se produire ici. Il ne nous représente pas, ni aucun Palestinien libre. De plus, notre religion n’autorise pas cela.»

    Sur les réseaux sociaux, écrit Al-Monitor«une majorité de Palestiniens ont salué l’annulation du concert, alors que d’autres ont critiqué l’intervention de ces jeunes hommes».

    Un «héros national» victime d’une campagne de dénigrement
    En parallèle, une autre personnalité palestinienne a été récemment pointée du doigt sur les réseaux sociaux en raison de son homosexualité : il s’agit de Mohammed El-Kurd, l’un des symboles de la résistance face à la colonisation dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. Un «héros national» qui s’est même exprimé à la tribune des Nations unies, explique le site égyptien Al-Bawaba News.

    Le jeune homme fait l’objet d’un tir nourri sur les réseaux sociaux depuis qu’a été exhumée une photographie datant de 2019 où on le voit participer à un événement organisé par AlQaws, une association palestinienne de défense des LGBTQI, à New York.

    Si, en Cisjordanie, l’homosexualité n’est pas formellement interdite, elle reste punie dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, où les personnes accusées d’homosexualité sont passibles de dix ans de prison en vertu d’une loi datant de l’époque du mandat britannique sur la Palestine [1922-1948], toujours en vigueur.

    Dans un édito, le quotidien israélien TheJerusalem Post déplore l’ampleur de l’homophobie dans la région :

    «Il y a non seulement des lois atroces contre les LGBTQ en Cisjordanie et à Gaza, mais les comportements sociaux constituent un problème plus large, avec une homophobie profondément ancrée.»

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