Vendredi, 14 juin 2024
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    49e anniversaire de Priape, des produits variés en constante évolution et toujours aussi sexy

    Même si certaines personnes n’y ont pas mis les pieds, tous ont à tout le moins entendu parler de Chez Priape, ce sex shop et magasin de vêtements érotiques, de bouquins, de calendriers sexy et d’accessoires situé dans le Village. Sans oublier son atelier de cuir où l’on confectionne des dizaines d’items allant des harnais aux chemises, en passant par des jock straps… En fait, fêtant cette année ses 49 ans, Priape est une véritable institution dans le secteur et qui a su tirer son épingle du jeu parfois contre vents et marées. Il y a 10 ans, on a même pensé que la boutique fermerait ses portes définitivement. Mais non. Un acheteur s’est présenté en octobre 2013 pour sauver la mise et investir afin de la garder en vie. Il s’agissait d’un producteur de New York du nom de Stephen Pevner qui a cru et qui, 10 ans plus tard, croit toujours en la force et au caractère particulier de cette entreprise.   

    Pour ce 10e anniversaire de l’achat de Priape par Stephen Pevner, l’occasion était trop belle pour le rencontrer, surtout après la pandémie de COVID-19. « Oui, cela a été difficile, très difficile, mais on a survécu à la pandémie et aux fermetures obligatoires et j’en suis très, très heureux », dit-il. Stephen Pevner reprend l’expression américaine « Guns & Butter » (des armes et du beurre) — qui réfère à ce qui fait rouler l’économie américaine — mais la transforme en « Dildos & Butter » (des dildos et du beurre), en éclatant de rire. « Qu’est-ce que les gens faisaient pendant les confinements ? Ils achetaient de la nourriture, ils restaient à la maison et voulaient se faire plaisir. Pour notre part, on voyait qu’ils achetaient des dildos et d’autres jouets sexuels, comme les Flesh Light (des masturbateurs). Qui aurait dit que les Flesh Light auraient eu autant de succès un jour ? Mais c’est le cas. Donc, nos ventes en ligne, de jouets sexuels principalement, ont sauvé Priape de la catastrophe durant cette période-là. Heureusement d’ailleurs. Cela a permis au magasin de passer à travers cette crise puisqu’on est resté fermé assez longtemps. Cela nous a permis aussi de garder nos employés qui sont revenus travailler ici », explique-t-il. 

    À ce moment-là, effectivement, les ventes en ligne représentaient un tiers du chiffre total de l’entreprise. « Nous sommes très, très chanceux d’avoir pu compter là-dessus », s’exclame presque Stephen Pevner. 

    « Mais je rends hommage ici aux propriétaires précédents, comme Bernard Rousseau, entre autres, pour avoir fait circuler le nom de Priape à travers le Canada, pour avoir maintenu la promotion et continué de faire connaître Priape et ses produits. C’est ça aussi qui a fait la différence. Les ventes en ligne affluaient parce que les gens étaient fidèles à Priape. Ils auraient pu commander d’ailleurs et il y en a plein sur Internet, mais c’était chez nous qu’ils commandaient. Pour ça, il faut remercier les propriétaires précédents qui ont eu à cœur la marque de Priape, et ce, bien avant moi. »

    Ça ne veut pas dire que tout a été rose pour autant. Au printemps de 2020, au tout premier confinement, un dégât d’eau est survenu dans les étages supérieurs de l’édifice et a affecté le magasin. Personne n’était sur place. « Et on ne pouvait faire venir personne pour une
    estimation des dommages et des réparations. Finalement, cela a pris en tout un an et deux mois pour que tout soit rentré dans l’ordre, c’était long. Cela paraît ridicule, mais c’était une autre tuile qui nous tombait dessus, en plus de la situation », évoque Stephen Pevner, qui est aussi le producteur et propriétaire de l’entreprise newyorkaise The Saint at Large qui organise, entre autres, le mythique party fétiche Black Party de la métropole américaine. Il est aussi producteur de films et de théâtre.

    En parlant de fétichisme, justement, Priape a toujours ravi sa clientèle par son atelier de cuir où, encore aujourd’hui, quatre personnes sur 25 employés au total travaillent quotidiennement. Mais cela n’a-t-il pas changé, le milieu cuir avec ses partys, ses événements, ce temps où les gens allaient s’approvisionner chez Priape n’est-il pas révolu ? « On a réinventé ce qu’on vendait, poursuit-il. Avant, les gars allaient dans un party, ils s’habillaient en cuir de manière plus formelle, c’était plus “classique” disons. Aujourd’hui, les codes sont différents. Les hommes portent un jock strap et un harnais et c’est tout. Du noir presque obligatoire, on est passé chez Priape à des couleurs vives. La mode s’est transformée, certains portent même du cuir rose et pourquoi pas ! C’est très excitant de voir tous ces changements. »

    « La section des jouets aussi change et se modifie constamment. Il y a des objets qui sont presque d’un autre monde, rigole Stephen Pevner ! C’est coloré, c’est vibrant. Les matériaux aussi ont changé pour répondre aux goûts des gens et des jeunes. On peut offrir un vaste choix de produits diversifiés. C’est excitant de voir ça aussi, comment les produits ont évolué. […] C’est devenu plus courant qu’on ne le pense ! Des femmes, surtout par exemple durant les feux d’artifice lorsque le magasin est ouvert plus tard, viennent acheter toutes sortes de produits, des jouets, des sous-vêtements, même pour leur chum, leur mari, etc. Donc, on constate que les jouets deviennent plus “mainstream”. »

    Pourtant, Priape n’est pas le seul dans le secteur à vendre des sex toys… « Bien sûr qu’il y a de la compétition, mais souvent leur stock de jouets sexuels est limité. Et Priape possède certaines gammes exclusives. […] Priape répond à un besoin de la communauté. Nous restons le seul sex shop avec autant de produits différents. Et, il faut bien le dire, les clients reviennent parce que le service est là, ils savent qu’ils peuvent compter sur un personnel attentionné pour parler de leur vie sexuelle, etc. », explique-t-il. 

    « L’année prochaine on célèbrera les 50 ans de Priape. Ouf ! Cinquante ans, ce n’est pas n’importe quel anniversaire, c’est véritablement un “monument” ici dans le Village. Même aux États-Unis, à New York ou ailleurs, c’est très rare de trouver des commerces de la communauté qui ont résisté au temps, aux développements, aux augmentations de loyer, aux démolitions, etc. Je suis déjà en train de penser à comment on va souligner ça. Je vais contacter les Archives gaies du Québec et la SDC [Société de développement commercial] du Village pour voir si on ne peut pas collaborer et faire quelque chose ensemble, une exposition, un événement, etc. On verra bien », de conclure Stephen Pevner dont l’esprit bouillonne de projets potentiels.  En attendant, les employés dévoués de Priape sont toujours prêts à servir la clientèle et à la conseiller sur une multitude de produits. 

    INFOS | Chez Priape magasin fétiche pour hommes, 1311, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, QC H2L 2H4  (514) 521-8451 ou https://www.priape.com

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    PRIAPE ET IMAGE+NATION
    Pour souligner le 49e anniversaire de Priape, le magasin collabore avec le festival de films et vidéos LGBTQ+ Image + Nation pour la présentation du film Studio One Forever, du réalisateur Marc Saltarelli. Il y aura une projection dès 19 h au bar Stock (1171, rue Sainte-Catherine Est). Un party avec DJ Wally Verdun, de New York, suivra la projection dans la section Stock’n’Soda du club.  Studio One est l’une des toutes premières discothèques gaies à ouvrir ses portes aux États-Unis. De 1974 à 1993, elle a accueilli des hordes d’hommes gais dans le secteur de West Hollywood à Los Angeles.

    Scott Forbes avait fondé le Studio One dans un vieil entrepôt transformé en bar discothèque, mais qui était un « paradis » et un lieu sécuritaire pour les hommes gais qui subissaient la discrimination et la haine, auxquelles s’ajoutait le sida qui avait fait son apparition et ses ravages. Cette discothèque pouvait recevoir jusqu’à 1000 personnes. Saltarelli a passé beaucoup de temps à interviewer des artistes du show business de l’époque qui ont passé par les planches du Studio One, tels Bruce Villanch, Chita Rivera, Roslyn Kind ou encore Melissa Rivers (la fille de Joan Rivers). On y voit aussi un ancien barman du nom de Michael Koth ou un ex-danseur podium appelé Jimmy et qui est devenu, à l’époque, une vedette locale.  

    Mais pourquoi présenter ce film-là en particulier pour Priape ? « Ce qui m’a tout de suite attiré c’est la date de l’ouverture de ce bar, 1974, soit la même année que Priape. Ensuite, il y a le fait que c’est vite devenu un lieu, une institution pour la communauté gaie de Los Angeles à ce moment-là, comme l’est devenu Priape à Montréal. Il faut comprendre que Studio One est arrivé bien avant le Studio 54 à New York et que des hommes gais y allaient de partout aux États-Unis. C’était légendaire.

    Malheureusement, comme bien d’autres lieux, le Studio One n’a pas survécu comme Priape, mais il représente toute une époque et cela est cher à mon cœur. C’est pourquoi j’ai décidé de le présenter en collaboration avec le Festival Image + Nation. Et il y aura une vedette surprise ce soir-là ! Il faudra y être », explique Stephen Pevner, le propriétaire de Chez Priape. Donc, notez la date et l’heure pour ne pas manquer cet événement unique !  

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