On imagine les athlètes olympiques comme des machines de performance. Des corps sculptés par des années d’entraînement, capables d’endurance surhumaine, de discipline monastique et de sacrifices que le commun des mortels ne pourrait jamais soutenir. Si les Jeux sont synonymes de dépassement de soi, ils sont aussi — il faut le dire — un terrain fertile pour les rapprochements.
Corps affûtés, adrénaline, fin de compétition, célébrations nocturnes : l’équation est connue. Au Village olympique des Jeux d’hiver de Milan, la réserve de condoms a été épuisée… en trois jours. À en juger par la ruée vers les condoms, les athlètes semblent bel et bien vivre leur meilleure vie en Italie.
Selon le quotidien italien La Stampa, cité par The Guardian, les athlètes avaient reçu 300 000 condoms aux Jeux de Paris — soit environ deux par jour par personne pour la durée des jeux. À Milan, pour ces Jeux d’hiver, le nombre aurait chuté à moins de 10 000.
Moins de 10 000 condoms pour plus de 2 900 athlètes, sur une période de 16 jours. Disons-le : ça surprend. On peut difficilement être surpris que Paris, capitale de l’amour et ville historiquement queer-friendly, ait vu les choses en grand. Mais Milan? Fournir moins de 10 000 condoms à une armée d’athlètes jeunes, en forme, loin de chez eux et dopé·e·s à l’endorphine? C’est comme organiser la Fierté sans prévoir de paillettes.
Depuis des décennies, la distribution de condoms au Village olympique fait partie intégrante des politiques de santé publique des Jeux. Elle vise à promouvoir des relations sexuelles protégées dans un contexte où des milliers de jeunes adultes, venus des quatre coins du monde, cohabitent dans un climat d’euphorie et de camaraderie internationale. Un microcosme où les frontières s’estompent — parfois autant que les inhibitions.
Et si l’on en croit cette pénurie express, les athlètes de Milan incarnent peut-être plus fidèlement que jamais la devise olympique modernisée : « Plus vite, plus haut, plus fort — ensemble. »

