Mardi, 19 mai 2026
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    The Beauty: Captivant, mais tout aussi sensuel qu’une côtelette qui décongèle !

    Un virus sexuellement transmissible confère une beauté irrésistible à ceux et celles qui en sont porteurs… tout en les condamnant à une mort atroce. Seriez-vous capables de résister à la tentation de devenir l’objet de tous les désirs, ne serait-ce que pour un bref moment ?

    La série, créée par Ryan Murphy — connu pour ses nombreux succès, tels que Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, Hollywood, mais également l’affligeant All’s Fair — et Matthew Hodgson, s’inspire directement de la bande dessinée éponyme de Jeremy Haun et Jason A. Hurley. On y suit l’enquête de deux agents du FBI, Cooper Madsen (Evan Peters) et Jordan Bennett (Rebecca Hall), chargés d’enquêter sur des morts violentes qui touchent les beaux de ce monde. Qu’on se le dise : être une bombe sexuelle prend un tout nouveau sens, car les personnes contaminées finissent littéralement par exploser après un certain temps !

    Le récit mêle enquête policière, critique sociale et horreur corporelle, tout en proposant une réflexion cynique sur l’obsession de l’apparence et la marchandisation des corps, notamment la manière dont les corps marginalisés — queers, racisés ou non conformes — se voient contraints d’adopter des standards oppressifs. Byron Forst (Ashton Kutcher), un puissant entrepreneur responsable de l’apparition du virus, incarne cette instrumentalisation qui transforme la beauté en produit de consommation et la mort en objet de spectacle.

    De leur côté, les deux agents présentent deux visions différentes du corps. Jordan n’y voit qu’une commodité qu’elle cherche à améliorer afin d’en tirer le maximum de plaisir, tandis que son collège privilégie l’approche japonaise du wabi-sabi, considérant les irrégularités et le passage du temps comme les marques d’une beauté authentique.

    L’esthétique de Ryan Murphy est à l’honneur : sexualisation des corps, exagération des codes glamour, images léchées et satire des normes sociales, ce qui génère des moments hautement jubilatoires, mais également d’autres scènes qui laissent aussi froid qu’une côtelette qui décongèle lentement sur un comptoir de cuisine… C’est le cas de certaines scènes d’action qui n’en finissent plus de ne pas finir et d’une sexualité qu’on cherche vainement à nous présenter comme torride. Cependant, même si on exclut une comparaison avec Heated Rivalry, qui a récemment bousculé les codes du genre, on parle au mieux d’un érotisme de midinette à la 50 nuances de Grey. Les corps des personnages principaux restent sagement voilés à la taille ou, tout au contraire, pour les seconds couteaux, se complaisent dans une sexualité quasi robotique ou dans l’affichage de fesses « scandaleusement » dénudées (j’ironise).

    Paradoxalement, ce ne sont pas les deux agents du FBI qui retiennent principalement l’attention, mais plutôt les deux assassins. Antonio (Anthony Ramos) a pour mission de faire disparaître toute preuve pouvant incriminer Byron, tandis que Jeremy (Jeremy Pope), sociopathe contaminé par le virus, s’est transformé en un tueur aussi irrésistible que dangereux. Le premier se reconnaît dans le second, donnant naissance à une alliance improbable et fascinante, où émergent des dialogues émaillés de vérités cyniques. Chacune de leurs apparitions se traduisant par des scènes aussi délirantes qu’absurdes.

    Malgré ce bémol, l’intrigue demeure captivante et la direction artistique soignée. L’épisode 4 démarre d’ailleurs sur des chapeaux de roues et illustre bien tout le potentiel irrévérencieux de la série, en particulier à travers le cynisme exacerbé du personnage de Byron. Sur le plan érotique, on nous avait cependant promis un menu relevé et épicé, mais le résultat s’apparente plutôt à un « Joyeux festin » (Happy Meal).

    La série demeure malgré tout très divertissante, notamment par la mise en lumière du paradoxe d’une beauté corporelle élevée au rang de richesse suprême, mais condamnée à n’être qu’une chair à canon, sa date de péremption étant scellée dès l’instant où le virus est contracté.

    INFOS | Les 11 épisodes de The Beauty sont diffusés, en anglais et dans un très bon doublage français, sur Disney+.

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