Première représentante du Nouveau-Brunswick à Canada’s Drag Race, Sami Landri a fait briller le drag acadien jusqu’en finale de la sixième saison. À quelques jours d’animer son Sami Party au Club Soda, le 14 mars prochain, on revient sur son expérience transformatrice à Drag Race et ce qu’elle pense de la gagnante Van Goth, la vilaine autoproclamée.
Qu’apprécies-tu du drag acadien?
SAMI LANDRI : Quand j’ai commencé à Moncton en 2018, l’idée du drag acadien n’existait pas vraiment. Maintenant, dans les Maritimes, il y a plusieurs drags acadiennes. Ça grandit
énormément. Je suis très fière d’avoir partagé ce point de vue là sur l’émission. On a souvent la perception que le drag existe seulement dans les grands centres urbains, mais je trouve ça encore plus intéressant en régions. C’est plus singulier. Les drags de régions représentent davantage un territoire, une communauté, un paysage et un vécu, contrairement au simple fait de divertir pour divertir.
Tu étais déjà très connue sur les réseaux sociaux et tu faisais plusieurs shows depuis des années.
Pourquoi voulais-tu participer à Canada’s Drag Race?
SAMI LANDRI : Mon drag se vivait surtout sur les médias sociaux. Après quatre ou cinq ans, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce que je voulais accomplir. Comme si j’avais atteint une sorte de plafond. Je voulais un nouveau challenge. En plus, sur les réseaux sociaux, c’est moi qui ai le contrôle sur tout : j’écris, je conceptualise et je réfléchis à comment je suis perçue. J’avais envie de shaker ça, de sortir de ma zone de confort et d’arriver en quelque part où je n’ai pas le contrôle. J’ai auditionné parce que je me sentais prête.

À quel point était-ce intimidant d’aller là-bas avec ton esthétique trash-chic dans un monde ultra glamour où on vise surtout la perfection?
SAMI LANDRI : C’était très intimidant! J’aurais aimé prétendre le contraire et dire que je reste dans ma ligne en me foutant des autres, mais la vérité est que j’étais intimidée. Il y avait la possibilité que je ne me fasse pas comprendre du tout, que ça flop totalement, mais j’étais prête à tout. Je savais à quoi je m’inscrivais. J’aurais pu être la première à partir. Je me connaissais assez bien comme artiste et comme personne pour vivre any outcome.
Au deuxième épisode, tu as vécu des moments de doute et de manque de confiance. Pourquoi?
SAMI LANDRI : Durant la préparation avant le tournage, j’avais mis du temps pour préparer mon mental. Deux jours avant de commencer, à l’hôtel, j’ai dit : I’m so ready for this. I have never been at a better place in my confidence and in my mental health. Deux jours plus tard, j’étais en mental breakdown! Ça ne se passait pas comme je le voulais. J’étais plus fragile que je pensais.
J’ai douté d’avoir fait un mauvais choix en participant à l’émission. Finalement, c’est le moment qui m’a fait grandir le plus.
Pourquoi ça?
SAMI LANDRI : Il fallait que j’affronte la situation. J’ai aussi compris que, dans la vie, j’évite souvent les choses quand je suis dans une position difficile. Tout d’un coup, je n’avais pas le choix de passer au travers. Lorsque je pleurais dans le deuxième épisode, c’était la mort de mon ego. C’est venu casser toutes prétentions et ce que j’avais construit comme perception de moi-même. Pour le reste de la saison, on me voit en train de me rebâtir. J’ai trouvé de nouvelles facettes de mon talent et une nouvelle confiance.
Quel défi as-tu préféré?
SAMI LANDRI : Le moment où j’ai eu le plus de plaisir, sans stresser, c’est le lipsync sur la chanson de Céline Dion. J’avais la chance d’offrir une perfo sur une chanson qui me permet de montrer ce que je fais bien. Puisque PM avait établi à quel point elle dansait bien, tout le monde pensait qu’elle gagnerait, mais on oublie que le lipsync, c’est plein d’autres choses. Je voulais leur montrer ma vision du lipsync. Je ne vais jamais faire semblant que je suis une danseuse, mais je sais que je suis une bonne performeuse.



Est-ce qu’il y a un commentaire des juges qui t’a marquée?
SAMI LANDRI : En finale, quand Brooke Lynn Hytes a dit : « I am most curious about you. You intrigue me. » Étrangement, c’est l’un de mes talents. J’ai une capacité pour piquer la curiosité et donner envie aux gens de comprendre ce qu’ils sont en train de regarder.
Le Canada a élu sa première vilaine en six saisons. Ça te fait quoi de voir qu’on célèbre une
personnalité comme celle de Van Goth?
SAMI LANDRI : Je trouve qu’elle a gagné à cause de ses talents. Elle est une drag extrêmement glamour. Elle a un niveau de polish incroyable. Pour ça, j’ai un énorme respect pour elle. Le choix de faire gagner une vilaine, j’ai trouvé ça intéressant…
Maintenant plus que jamais, il faudrait qu’on mette de l’avant la compassion et l’amour. Dans un monde où on se rejette les uns les autres, c’est encore plus important d’être invitant. Durant la saison, quand Van Goth pétait des plombs, tu essayais parfois de calmer le jeu.
T’entendais-tu bien avec elle durant le tournage?
SAMI LANDRI : Au début, on s’entendait super bien. Elle m’a approchée pour qu’on devienne amies. Puis, quand j’ai fini dans le bottom à l’épisode 2, elle m’a laissé de côté. Au fond, c’était une bonne chose. Ça m’a rappelé quand tu arrives à l’école et que l’intimidateur te propose d’être méchants
ensemble, mais que tu as un inconfort avec ça. À un moment donné, tu réalises que tu préfères faire tes propres choix et tes propres amis. Quand je me suis rapprochée de PM et de Velma, je me
sentais bien.
Conseillerais-tu à ta grande amie Xénia, alias Chiquita Mére, de s’inscrire?
SAMI LANDRI : Oui, car je sais à quel point elle est talentueuse. Chaque fois que je la vois performer, je me dis que personne ne fait ce qu’elle fait. Personne ne peut donner autant d’énergie, prendre le public par les cheveux et leur dire de l’écouter.
INFOS | POUR (RE) VISIONNER LA 6e SAISON de Canada’s Drag Race, visitez Crave.ca.
https://www.samilandri.com

