Le chanteur Sam Champagne rayonne depuis plusieurs semaines grâce à son passage à La Voix, lui qui avait déjà une feuille de route bien garnie avant de se retrouver dans l’équipe de Corneille. Depuis fin janvier, l’Ontarien d’origine est aussi sur scène aux côtés de Marc Hervieux dans le cadre du spectacle Sinatra symphonique, qui est à la salle Wilfrid-Pelletier de Place des Arts à la mi-avril et qui continuera sa tournée au Québec les mois suivants.
Que tires-tu de ton expérience à La Voix ?
SAM CHAMPAGNE : Beaucoup de choses. J’ai vraiment lu les commentaires de tout le monde pour avoir l’idée de ce qu’un public plus généraliste pense de moi. D’habitude, je suis devant des publics qui sont plus classiques. Mais, j’ai vraiment compris que même chanter du Brel, pour le public de La Voix, c’est beaucoup, c’est heavy. Ça m’a surpris un peu. Alors, je me suis mis en contexte d’essayer d’imaginer ce que je vais faire pour mon propre projet solo. J’ai chanté de la pop, pour la ronde des duels, du Patrick Watson, puis les commentaires étaient bons, mais aussi mixtes. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais il faut juste que je fasse ce que j’aime le plus : chanter. Puis, si c’est du Brel ou du Patrick Watson, il faut juste que je choisisse ce qui est le plus important pour moi, sans trop penser à ce que les autres disent, parce que ce n’est pas nécessairement mon public cible, tout le monde qui regarde La Voix. J’ai aussi accompli mon rêve de faire partie d’une téléréalité. Depuis que je suis jeune, c’est mon rêve. Mais, ce n’est pas exactement le type de téléréalité que j’aurais aimé faire.
Je pense que, dans le fond, Star Académie, ça aurait été plus le type que j’aurais aimé, mais le contexte n’était pas le bon, ce n’était pas le bon timing. J’ai pas 16 ans. Si j’avais eu 16 ans, je l’aurais fait à 100 %. Mais là, il y a trop de responsabilités. On était pour être isolés pendant trois mois, puis mon mari, sa vie est ridicule [tellement il est occupé], donc ce n’était pas faisable.
D’ailleurs, on a déjà parlé dans ce magazine de ta relation avec ton mari, Francis Choinière (chef de l’Orchestre FILMharmonique et de l’Orchestre philharmonique et Chœur des mélomanes). Comment avez-vous réussi à créer quelque chose d’aussi stable ?
SAM CHAMPAGNE : C’est une grosse question. Quand j’avais 14-15 ans, j’ai eu un crush sur un gars straight au secondaire. Ce n’était vraiment pas un bon moment pour moi. J’étais vraiment en amour. J’ai appris essentiellement qu’il faut s’aimer soi-même avant d’aimer quelqu’un d’autre. Après cette expérience, j’ai décidé que je n’aurais plus de crush basé sur l’apparence. Je ne vais plus viser quelqu’un en me disant : « Ça, c’est mon type ».
Je me disais que, si je visais quelqu’un basé sur l’apparence, ça n’allait jamais fonctionner. J’ai commencé à manifester et à visualiser la personne avec qui je voulais être. Je savais dès cet âge que je voulais une relation stable. J’ai rencontré Francis à 18 ans. Pendant les années avant de le rencontrer, j’avais une vie plate, je ne faisais rien au secondaire, j’étais juste en mode « je veux une vie stable ». Et j’ai trouvé quelqu’un qui est exactement comme moi : les deux, on est des personnes travaillantes, on n’arrête jamais, puis ça a cliqué.

Parlant d’apparence, sens-tu une pression à cet égard, particulièrement à La Voix ou comme homme gai ?
SAM CHAMPAGNE : Je la ressens tellement. Ça me suit tous les jours. J’ai déjà fait des choses très intenses, de la chirurgie, tout ça. Honnêtement, ça m’a aidé. Si tu as un aspect de ton physique qui te dérange beaucoup, ça fait du bien de le tweaker un peu. Mais même à ça, ça ne va pas changer l’atmosphère en dedans de toi. Ça va changer ta confiance, mais pas la relation que tu as avec toi, la voix qui te parle à l’intérieur. Je ressens la pression et je pense que je ne suis pas assez mature pour avoir une bonne réponse. Je pourrais me dire que je vais devenir bûcheron et m’en crisser [de l’apparence], mais est-ce que ça m’aide dans ma carrière de musique ? Avant, je me sentais un peu comme la victime du monde extérieur, comme si je n’avais pas le choix d’essayer d’être beau. Maintenant, c’est plus assumé. C’est un choix. Ça fait partie des ingrédients pour réussir. Comme je pratique mon chant, je fais mes workouts et je mange sainement pour prendre soin de mon corps.
Et est-ce que La Voix t’a aidé dans ce rapport à l’apparence, ou cela t’a mis plus à découvert face aux critiques ?
SAM CHAMPAGNE : Je me sentais prêt à affronter ça maintenant. Je ne l’aurais pas été l’année passée ou il y a trois ans. Durant la COVID, j’étais plus gros. J’ai perdu 40, 50 livres. J’ai fait ce parcours, et maintenant je suis plus confortable dans ma peau. Je ne suis pas arrivé ici par accident. J’ai travaillé pour ça. Ça m’appartient. Donc, j’étais plus prêt à recevoir les commentaires négatifs.
Quelque chose pour conclure ?
SAM CHAMPAGNE : J’adore travailler avec mon mari, mais La Voix a été une bonne opportunité pour moi de m’épanouir tout seul. Les gens voient le succès de Francis, mais ils ne voient pas nécessairement tout ce qu’on fait behind the scenes pour faire en sorte que ça se produise. Peut-être que j’aurais dû plus me concentrer sur ma carrière, depuis les huit ans qu’on est ensemble, mais j’ai toujours voulu bâtir quelque chose ensemble. Et si ça veut dire que j’allais plus être [en arrière-plan] pendant quelques années, c’est correct, parce que je suis content de ce qu’il a bâti, et de ce qu’on a bâti ensemble à date.
INFOS | À partir du 17 avril, Sam Champagne sera du spectacle Sinatra symphonique, avec Marc Hervieux et Mia Tinayre, qui seront accompagnés par l’Orchestre FILMharmonique, dirigé par Francis Choinière.
Pour vous procurer des billets pour ce spectacle qui sera en tournée au moins jusqu’en février 2026, visitez le https://gfnproductions.ca
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