L’une des réussites les plus significatives de cette édition se trouvait peut-être justement là où plusieurs la réclamaient depuis longtemps : dans le Village. Pendant les dix jours du Festival, la scène Loto-Québec et les différentes activités ont permis d’offrir une programmation quotidienne, souvent organisée autour de thématiques particulières, et de maintenir une présence beaucoup plus soutenue de Fierté Montréal sur la rue Sainte-Catherine Est.
Plus de 55 000 personnes auraient assisté aux activités de cette programmation, qui accordait une place importante aux artistes locaux·ales, aux talents émergents et aux personnes provenant de communautés historiquement sous-représentées. Mais le chiffre raconte seulement une partie de l’histoire. Depuis plusieurs années, une critique revenait régulièrement dans les conversations entourant Fierté Montréal : celle d’un Festival dont les activités les plus importantes semblaient parfois s’éloigner du Village alors même que celui-ci demeure, avec toutes ses transformations et ses contradictions, le principal quartier LGBTQ+ de Montréal.
Cette année, la relation paraissait différente. La présence d’une programmation thématique quotidienne a créé une continuité entre le Festival et le Village. On pouvait assister à une activité, poursuivre la soirée sur une terrasse, croiser des artistes après leur prestation, retrouver des ami·e·s dans un commerce ou simplement déambuler sur Sainte-Catherine au milieu d’une foule qui ne semblait plus uniquement traverser le quartier pour se rendre ailleurs. Cette connexion plus organique entre la Fierté et le Village était souhaitée depuis longtemps par de nombreuses personnes. Elle ne règle évidemment pas tous les défis auxquels le quartier fait face, mais elle rappelle qu’une Fierté montréalaise forte gagne à considérer le Village non pas seulement comme l’un de ses sites, mais comme l’un de ses principaux lieux de vie.







