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    Élections 2026 : les familles 2SLGBTQ+ réclament des gestes concrets du prochain gouvernement

    Procréation assistée, pluriparenté, grossesse pour autrui, éducation à la sexualité et reconnaissance des parents non binaires : à l’approche des élections québécoises du 5 octobre, la Coalition des familles LGBT+ interpelle les partis politiques. Inquiète de la progression de l’homophobie et de la transphobie, elle estime que le prochain gouvernement aura plusieurs chantiers à mener pour assurer une véritable égalité aux familles 2SLGBTQ+.

    Un chiffre donne le ton à cette sortie en pleine campagne électorale. Entre 2017 et 2024, les perceptions négatives des adolescent·e·s québécois·es envers les familles homoparentales auraient presque triplé, selon une étude publiée en 2025 par GRIS-Montréal.

    Pour la Coalition des familles LGBT+, qui œuvre à la reconnaissance sociale et légale des familles 2SLGBTQ+, cette évolution ne peut être dissociée de la montée plus générale des discours homophobes et transphobes observée au Québec et ailleurs.

    L’organisme profite donc de la campagne électorale pour demander aux partis qui aspirent à former le prochain gouvernement de prendre des engagements dans plusieurs dossiers qui ont des conséquences très concrètes sur la vie des familles.

    Procréation assistée : l’égalité d’accès demeure à atteindre

    La procréation assistée arrive en tête des préoccupations de la Coalition. Malgré la couverture offerte par la RAMQ, l’organisme estime que toutes les familles ne bénéficient toujours pas d’un accès véritablement équitable aux services, notamment en fonction de leur composition familiale ou de l’endroit où elles vivent au Québec.

    La Coalition demande d’abord que la couverture publique soit accessible à toutes les familles, partout dans la province.

    Elle souhaite également que Québec retire la notion de « projet parental unique » actuellement utilisée et privilégie plutôt une couverture établie selon un nombre d’essais ou de paillettes de sperme par individu.

    L’organisme réclame aussi que toutes les méthodes de procréation assistée choisies par les futurs parents puissent être couvertes.

    Enfin, les cliniques de fertilité, qu’elles soient publiques ou privées, devraient fournir des informations claires et uniformes, notamment lorsqu’elles accompagnent des personnes LGBTQ+ dans leur projet parental.

    Encadrer les « donneurs en série »

    La question des dons de sperme fait l’objet d’une revendication particulière. La Coalition demande la création d’un comité de travail chargé de proposer des mesures permettant de limiter le nombre de dons pouvant provenir d’un même individu.

    L’objectif est d’éviter les situations impliquant des « donneurs en série », qui peuvent engendrer des enjeux de santé publique lorsqu’un même donneur est à l’origine d’un très grand nombre de naissances.

    Protéger l’éducation à la sexualité

    À l’heure où les questions d’identité de genre, d’orientation sexuelle et d’éducation à la sexualité font l’objet de débats parfois très polarisés, la Coalition demande au prochain gouvernement de protéger les programmes d’éducation à la sexualité dans toutes les écoles québécoises et à tous les niveaux.

    Elle considère cette éducation comme un outil essentiel pour combattre non seulement l’homophobie et la transphobie, mais également la misogynie et les stéréotypes de genre.

    La revendication prend un relief particulier au regard de l’étude de GRIS-Montréal citée par l’organisme. Publiée en 2025 par Gabrielle Richard, Alexis Graindorge, Amélie Charbonneau, Olivier Vallerand et Marie Houzeau, celle-ci faisait état d’une augmentation du malaise exprimé par les élèves du secondaire à l’égard de la diversité sexuelle entre 2017 et 2024.

    Des services publics qui comprennent les familles LGBTQ+

    Au-delà des lois, encore faut-il que les familles soient adéquatement accueillies lorsqu’elles utilisent les services de l’État.

    Sous le mot d’ordre « L’enfant avant tout, pour vrai », la Coalition demande que l’ensemble du personnel des services publics soit formé aux réalités des familles LGBTQ+.

    Cela comprend les milieux juridiques, mais aussi les écoles, le réseau de la santé et les services sociaux.

    L’enjeu peut sembler administratif, mais il touche directement le quotidien des familles : comment une école, un hôpital, une clinique ou un service gouvernemental accueille-t-il une famille qui compte deux pères, deux mères, plusieurs parents ou un parent non binaire?

    Des formulaires qui correspondent enfin à la réalité

    Cette reconnaissance doit également se retrouver dans les formulaires gouvernementaux et ceux utilisés dans les services publics.

    La Coalition demande au gouvernement « d’appliquer ses propres lois » et de s’assurer que les documents utilisés dans les écoles, les hôpitaux, les cliniques et les autres institutions permettent réellement aux familles homoparentales et aux parents non binaires de s’identifier conformément à leur réalité.

    Une revendication qui rappelle que des expressions aussi banales que « père » et « mère », lorsqu’elles constituent les seules options possibles sur un formulaire, peuvent exclure une multitude de configurations familiales pourtant reconnues par la société et, dans plusieurs cas, par le droit québécois.

    Grossesse pour autrui : corriger certaines zones grises

    La Coalition souhaite également que Québec apporte des modifications au cadre entourant la grossesse pour autrui (GPA).

    Elle demande notamment que toutes les provinces canadiennes puissent être reconnues comme des États désignés au sens des dispositions québécoises encadrant les projets de grossesse pour autrui réalisés hors Québec.

    L’organisme souhaite également que la loi puisse tenir compte de certaines situations exceptionnelles. Il donne l’exemple de Québécois·es qui désireraient réaliser leur projet parental avec un membre de leur famille vivant dans leur pays d’origine.

    L’objectif est de mieux prendre en compte la diversité des situations familiales tout en maintenant un encadrement juridique des projets de GPA.

    Pluriparenté : la Coalition demande à Québec d’abandonner son appel

    C’est probablement l’une des revendications les plus directement politiques de la Coalition. L’organisme demande au gouvernement du Québec d’abandonner l’appel du jugement Garin et de reconnaître légalement la pluriparenté.

    La pluriparenté permettrait qu’un enfant puisse avoir plus de deux parents reconnus légalement. Cette réalité peut notamment concerner certaines familles LGBTQ+ dans lesquelles trois personnes ou plus ont élaboré ensemble un projet parental.

    Pour la Coalition, la reconnaissance de ces familles doit se faire en fonction de la réalité vécue par les enfants plutôt que d’un modèle familial limité à deux parents.

    Voir toutes les familles dans les communications publiques

    Enfin, la Coalition demande au gouvernement de mieux représenter la diversité familiale dans ses propres communications. Cette représentation devrait également être exigée des services sociaux et des milieux scolaires.

    Photos, brochures, campagnes gouvernementales, matériel pédagogique : pour l’organisme, rendre visibles les familles homoparentales, transparentales, pluriparentales et les autres configurations familiales 2SLGBTQ+ contribue aussi à leur reconnaissance sociale.

    Des droits acquis, mais une acceptation qui ne va pas de soi

    Les revendications présentées par la Coalition des familles LGBT+ montrent surtout le chemin qui reste à parcourir entre l’égalité inscrite dans les lois et l’égalité vécue au quotidien.

    Le Québec a considérablement transformé son droit familial au cours des dernières décennies afin de reconnaître les familles LGBTQ+. Pourtant, les obstacles administratifs demeurent, certains modèles familiaux attendent toujours une pleine reconnaissance et l’augmentation des perceptions négatives chez les adolescent·e·s constitue un signal préoccupant pour l’organisme.

    À quelques semaines du scrutin, la Coalition souhaite donc que les partis se prononcent clairement.

    Car derrière les débats sur la procréation assistée, la pluriparenté, les formulaires gouvernementaux ou l’éducation à la sexualité se trouve une réalité beaucoup plus simple : des enfants et leurs parents qui souhaitent que leur famille soit reconnue, respectée et traitée comme toutes les autres.

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