Certain·es l’ont peut-être remarqué : Héma-Québec était présent avec un kiosque lors des Journées communautaires de Fierté Montréal. Ce n’est pas un hasard. C’est le signe que tout le monde peut donner son sang, même si l’on appartient à la diversité sexuelle et de genre.
Héma-Québec existe depuis 1998, ayant pris le relais de la Croix-Rouge dans la gestion du sang. Les besoins ne diminuent pas : toutes les 80 secondes, dans la province, un patient a besoin de sang. Pour maintenir les réserves et faire face à la demande, l’organisme a besoin de 1 000 dons de sang par jour. Chacun·e peut alors faire la différence et se porter volontaire pour un don. Un geste de solidarité. On le sait peut-être moins, mais Héma-Québec collecte aussi du plasma, du lait maternel, des cellules souches et même des tissus humains, répondant ainsi à une demande vitale pour les hôpitaux du Québec.
Et personne n’est exclu. « Depuis le 4 décembre 2022, le questionnaire que nous proposons aux personnes qui se présentent pour un don est non genré, précise Patrice Lavoie, directeur des relations publiques et du rayonnement chez Héma-Québec. On n’a plus besoin de s’identifier en fonction de son orientation sexuelle et de son identité de genre.
Le questionnaire se fonde sur les comportements sexuels au cours des trois derniers mois, avec un ou plusieurs partenaires. C’est un questionnaire qui est le même pour tous et toutes, sans distinction. » Pour Patrice Lavoie, ce changement est un pas dans la bonne direction, car le questionnaire n’est plus discriminatoire. « En fonction de l’évolution de la recherche médicale, nous regardons aussi ce qui se fait dans d’autres pays et nous nous adaptons, après avoir fait nos représentations auprès de Santé Canada pour obtenir son accord. »
Un changement important, puisque le questionnaire précédent pouvait dissuader une catégorie de la population de donner son sang. Les plus ancien·nes se souviendront du scandale du sang contaminé dans les années 1980. Les recommandations des scientifiques pour éviter la propagation du VIH demandaient que les homosexuels, les bisexuels, les usagers de drogues et les Haïtiens soient écartés comme donneurs. Et, bien sûr, de nombreuses personnes des communautés LGBTQ+ ne souhaitaient pas déclarer leur orientation sexuelle et se voir refuser leur don de sang.

En s’attardant davantage aux comportements dans son questionnaire, Héma-Québec se veut ainsi plus inclusif. « Cela change beaucoup de choses, car j’ai reçu des témoignages de personnes LGBTQ+ qui se sentaient plus à l’aise à l’idée de ne pas avoir à s’identifier. »
Un questionnaire est non genré depuis presque quatre ans, mais il est impossible de savoir s’il y a eu davantage de personnes LGBTQ+ qui se sont rendues dans un centre de prélèvement. « Ce serait contre-productif, dans la mesure où l’on ne demande plus aux personnes de s’identifier selon leur orientation sexuelle ou leur genre, d’avoir des chiffres, précise Patrice Lavoie. Mais nous tenons à les rassurer et à leur dire qu’ils et elles sont les bienvenu·es, sans risque d’avoir à s’identifier. »
Cependant, une question reste. Le questionnaire demande que la personne précise quel était son sexe à la naissance. Selon Patrice Lavoie, cette précision est jugée importante pour éviter des risques pour la personne donneuse. Une fiche d’information sur les risques liés au don de sang à l’intention des personnes trans et non binaires est disponible sur le site d’Héma-Québec et remise à chaque personne qui se présente pour un don. Elle explique l’importance de préciser le sexe à la naissance, ainsi que la prise éventuelle d’une hormonothérapie. Des conseils sont d’ailleurs donnés aux personnes trans et non binaires qui souhaiteraient donner leur sang dans les meilleures conditions.
cherche à être le plus inclusif possible et que les personnes transgenres et non binaires peuvent, si elles le souhaitent, donner leur sang », conclut Patrice Lavoie. « Nous mettons l’accent aujourd’hui sur l’ouverture et la confiance, en n’étant plus axés sur la définition de la personne, mais sur ses comportements. »
Il est facile, sur le site d’Héma-Québec, de prendre rendez-vous dans un lieu de collecte près de chez soi. Un geste qui peut faire toute la différence.
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