Le Conclave international des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence
Tenu du 5 au 9 août 2026 à Montréal dans le cadre des festivités de Fierté Montréal. Fondé officiellement sous forme d’organisme communautaire en 2016, le couvent montréalais célébrait une décennie d’engagement, d’entraide et de visibilité militante dans la métropole. Une soixantaine de Sœurs venues des États-Unis, d’Europe, d’Australie et d’autres provinces canadiennes se sont jointes aux Sœurs de Montréal pour cet événement. Le Conclave a servi de plateforme internationale pour échanger sur la hausse globale de l’homophobie et de la transphobie. Les différentes délégations ont partagé leurs réalités locales et harmonisé leurs stratégies d’intervention concernant la prévention du VIH et des ITSS, le soutien psychosocial et la santé sexuelle.



Exposition L’Émergence du Village gai (Montréal 1974-1990)
Initialement créée à l’automne 2025 dans les locaux des Archives gaies du Québec (AGQ), l’exposition L’Émergence du Village gai (Montréal 1974-1990) a bénéficié d’une seconde présentation (« prise 2 ») au cœur même du Village. Installée dans un local de la rue Sainte-Catherine Est pour être directement accessible au grand public lors de Fierté Montréal, elle a été enrichie par le commissaire François Bellemare, grâce, entre autres, au soutien de Priape, des AGQ, de Fierté Montréal et de Fugues.

Prix communautaires
Dans le cadre de Fierté Montréal, plusieurs prix communautaires ont été décernés afin de souligner l’engagement de personnes et d’organismes envers les communautés 2SLGBTQIA+. Le prix Claude-Tourangeau, qui reconnaît un apport exceptionnel à la lutte contre la sérophobie, a été remis à Sidalys et reçu par son directeur général, Guillaume Le Negaret. Le prix Bâtisseur·euse, qui honore une contribution importante à la défense des droits et au rayonnement des communautés 2SLGBTQIA+, a été décerné à Manon Massé. Le prix John-Banks, qui souligne une contribution exceptionnelle à la création et au rayonnement du mouvement de la Fierté, a été remis aux AGQ, représentées par Jacques Prince, ainsi qu’aux ALQ, représentées par Laure Neuville. Enfin, le prix Mado, créé en 2025 pour reconnaître l’apport exceptionnel d’un·e artiste drag au rayonnement de cet art et à l’avancement des communautés de la diversité sexuelle et de genre, a été décerné à Tracy Trash, artiste drag, animateur et comédien.


CRÉDIT : AMANDINE NAVARRO



Fierté indomptable : une contestation plus radicale
Pendant que le grand défilé de Fierté Montréal avançait sur le boulevard René-Lévesque, une autre marche, organisée par Fierté indomptable — Wild Pride, reliait le Parc Jeanne-Mance au parc La Fontaine. Pour sa deuxième édition, la manifestation — à laquelle environ 2000 personnes ont participées — proposait une alternative nettement plus radicale que rassemblement officiel de Fierté Montréal. Rappelons que le programme politique de la Wild Pride repose essentiellement sur l’anticapitalisme, l’anticolonialisme, l’antiracisme et l’anticarcéralisme, auxquels s’ajoutent une position explicitement antisioniste. Pour le collectif, les luttes queer ne peuvent être dissociées de celles des populations confrontées au colonialisme, à l’occupation, au racisme, à l’exploitation économique ou à la violence d’État. Une orientation qui se reflétait largement dans les slogans et les pancartes du cortège : plus du tiers des affiches observées faisaient référence à la guerre à Gaza, à la situation des Palestinien·nes ou à l’État israélien, presqu’autant, à première vue, que celles portant directement sur les droits LGBTQ+. Cette forte présence de la question palestinienne illustrait le
positionnement intersectionnel du collectif, mais aussi l’écart idéologique qui le sépare en partie de Fierté Montréal qui focalise d’abord son action sur les droits LGBTQ+. Fierté indomptable en a profité pour dénoncer à nouveau ce qu’elle considère comme la «corporatisation des identités queer» et la «récupération des luttes LGBTQ+ par des entreprises ou des institutions» qui participeraient, selon elle, aux systèmes de domination qu’elle combat. « On veut faire la révolution et bousiller le système actuel », lançait une manifestante rencontrée dans la marche. Une déclaration qui ne constitue pas le programme officiel de Fierté indomptable, mais qui résume assez bien la radicalité politique présente dans ce cortège où on a quand même vu défiler les co-chefs de Québec Solidaire, présents quelques minutes plus tôt à Fierté Montréal et quelques conseillers municipaux.



