La diffusion récente d’un nouvel extrait de la série « The Vampire Lestat » (Le vampire Lestat) — troisième saison de la série « Interview With the Vanpire » — a révélé un élément surprenant : une partie de l’intrigue se déroule à Montréal !
Dans cette séquence, au fil d’une vidéoconférence avec Louis, son ancien amant, Lestat cherche l’inspiration pour une chanson romantique qu’il est en train de composer. Il souligne que son voisinage parle le même français que Louis, originaire de La Nouvelle‑Orléans, et c’est alors qu’on découvre que son appartement se trouve à Montréal. Il évoque également au passage la présence d’un groupe métal de garage, portant le nom évocateur de Satan’s Night Out, qui répète à proximité. Un détail qui se révélera sans doute essentiel dans sa réinvention musicale et identitaire.
C’est dans ce contexte qu’il apprend que le journaliste Daniel Molloy a publié un ouvrage tiré des entretiens menés avec Louis, un livre dans lequel Lestat est dépeint sous un jour peu flatteur. Furieux face à ce qu’il perçoit comme une trahison, il se précipite dans une librairie de quartier où la traduction française de l’ouvrage, Entretien avec un vampire, trône fièrement en vitrine. Il la feuillette frénétiquement, tout en prêtant une oreille distraite aux commentaires des deux libraires blasés, formulés dans un français à l’accent québécois très assumé, qui s’acharnent sur son « personnage ». Sa réaction, d’hystérie contenu, est absolument délicieuse.

Pourquoi Montréal?
Comme la série n’est pas encore diffusé, on peut y aller des suppositions les plus folles. Le choix de Montréal ne semble toutefois pas anodin : la ville agit comme un point d’ancrage symbolique pour illustrer la transition que traverse le vampire.
Métropole nord‑américaine à forte empreinte européenne, bilingue et traversée par des identités multiples, Montréal s’impose sans doute comme un espace intermédiaire en parfaite résonance avec celle de Lestat, vampire français évoluant depuis toujours entre le Vieux (l’Europe) et le Nouveau Monde (les Amériques). Là où La Nouvelle‑Orléans incarnait la décadence d’une vieille noblesse ampoulée, Montréal suggère un rejet des conventions et ouvre la voie à une nouvelle posture de Lestat : moins recluse et, surtout, plus provocatrice. On peut toutefois douter que Montréal occupe une place véritablement centrale dans le déroulement de l’intrigue, au‑delà de son rôle d’espace culturel transitoire.
Qu’est-ce que l’extrait laisse entrevoir?
Sur le plan narratif, la série demeure fidèle à la structure des romans d’Anne Rice. Les deux premières saisons, adaptées du roman éponyme, adoptaient le point de vue de Louis, un récit progressivement remis en question par le journaliste Daniel Molloy, qui cherche à en dévoiler les failles pour présenter ce qu’il considère être la vérité. C’est d’ailleurs à travers cette mise en doute que, entre la première et la deuxième saison, plusieurs révélations viennent transformer la perception d’événements clés.
Le second roman, The Vampire Lestat, sur lequel se base l’essentiel de la troisième saison, se présente comme la réplique du vampire aux propos tenus dans l’ouvrage. Mais, plutôt que de publier une biographie pour y répondre, Lestat choisit de devenir une icône du rock métal, iconoclaste et résolument outrancière, rompant définitivement avec la tradition de discrétion absolu des cercles vampirires. L’affiche principale de la saison semble d’ailleurs suggérer un rejet des conventions à la David Bowie dans sa période Ziggy Stardust.
Va‑t‑il s’approprier — ou vampiriser (au sens d’exploiter) — le groupe Satan’s Night Out ? L’hypothèse semble plausible, et on ne peut donc attendre qu’avec une impatience difficilement contenue la diffusion des six épisodes de la nouvelle saison. La réponse viendra en juin 2026 sur la chaîne AMC.

