Samedi, 26 novembre 2022
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    Survol de la programmation queer du Festival du nouveau cinéma

    Depuis sa création il y a plus de 50 ans, le Festival du nouveau cinéma (FNC) présente au public montréalais la crème du cinéma, de la vidéo et de la production télévisuelle. Événement automnal couru des cinéphiles, le FNC compte à son programme les œuvres des meilleur.e.s réalisateur.trice.s du monde entier. Et, une fois de plus, les cinéphiles intéressé.e.s par les thématiques LGBTQ+ auront droit à plusieurs films queers. Survol commenté.


    En compétition officielle, on retrouve Will-o’-the-Wisp, une fantaisie sensuelle du cinéaste portugais Jao Pedro Rodrigues dont on avait découvert il y a 20 ans le sulfureux film Ô Fantasma. Et depuis, les films de ce cinéaste partagent toujours un certain sens de la transgression. Will-o’-the-Wisp est la première comédie de Rodrigues, à mi-chemin entre la fantaisie musicale et le conte de fées. On se retrouve transporté dans une histoire réjouissante et gaie (dans tous les sens du terme) de bout en bout. L’intrigue est celle du prince Alfredo qui, sur son lit de mort, se souvient de sa jeunesse et de son histoire d’amour passionnée avec le bel Afonso, son instructeur tout en muscles et en sensualité à la caserne des pompiers. L’anxiété climatique, la politique républicaine et l’histoire colonialiste portugaise s’entremêlent de manière totalement réjouissante dans cette œuvre hors norme.

    Le film Broadway, présenté dans la section Panorama, met en scène une jeune danseuse en fugue qui intègre un groupe de marginaux installés dans les décombres d’un immeuble industriel abandonné d’Athènes. Ce nouveau « Broadway » est le théâtre d’une existence précaire sous les plumes et les paillettes. Mélange de romance queer et de suspense rappelant certains des premiers Almodovar, Broadway réunit avec audace conte ludique, comédie musicale et film noir décalé, tout en y ajoutant une touche de fantaisie surréaliste. Drapé d’une ambiance sensuelle et électrisante et peuplé d’antihéros attachants, ce premier long métrage célèbre une liberté qui s’éloigne des normes sociales.

    Dans Shall I Compare You to a Summer’s Day, — présenté en en collaboration avec Fugues —une narratrice raconte, à la manière d’un conte de fées, la rencontre de deux hommes qui tombent amoureux… Mais les histoires d’amour ne sont toutefois pas si simples dans ce premier long métrage du cinéaste égyptien Mohammad Shawky Hassan. Librement inspiré du célèbre Sonnet 18 de William Shakespeare, mais transposé dans la communauté LGBTQ contemporaine du Caire et dans un groupe de jeunes hommes polyamoureux, Shall I Compare You to a Summer’s Day est à la fois ludique, surprenant et éclaté, allant de la comédie musicale au théâtre, du récit intime aux Contes des mille et une nuits. Décoiffant et réjouissant !

    Shall I Compare You to a Summer’s Day

    Récit initiatique sensible et nostalgique, le premier long métrage de Trevor Anderson, Before I Change My Mind explore la quête identitaire d’une jeunesse sans étiquette, à la découverte d’un nouvel environnement, mais aussi d’elle-même. Robin débarque dans une petite ville albertaine ; son genre est ambigu aux yeux des autres élèves de sa classe. Il attire l’attention de Carter, un adolescent intimidateur avec qui il développera un lien complexe. Avec sa trame sonore new wave « pleine de pépites », son humour décalé et sa réjouissante utilisation d’images vidéographiques, Before I Change My Mind rend un vibrant hommage aux années 80.

    Before I Change My Mind

    Tantôt provocateur, tantôt contemplatif, Queens of the Qing Dynasty est le second long métrage de la Néo-Écossaise Ashley McKenzie. Porté par le naturel de Sarah Walker et de Ziyin Zheng (deux non professionnels), cette amitié qui débute dans un hôpital se révèle comme un hommage à toutes les diversités, au pouvoir de l’amitié et aux mystères des liens humains. Entre détresse intime et sentiment d’isolement, la cinéaste embrasse la subjectivité de son héroïne grâce à une forme cinématographique radicale où la juxtaposition d’images et les mouvements de caméra atypiques contribuent à créer un univers surprenant et rempli d’audace.

    Queens of the Qing Dynasty

    Premier long métrage coloré, libre et naturaliste de Joseph Amenta, Soft offre une voix à une jeunesse marginalisée. Le portrait de trois préadolescents queers qui partagent un quotidien d’errance insouciante dans leur quartier défavorisé se révèle plein d’énergie et d’étincelles, mais aussi parsemé d’éclats d’émotion bouleversants.

    Soft

    Outre la rétrospective de Bruce LaBruce, présentée conjointement avec la Cinémathèque québécoise (voir notre autre article), le FNC nous donnera la rare l’occasion de (re)voir Le Sexe des étoiles, une œuvre de Paule Baillargeon qui abordait à l’écran, il y a 30 ans, la question de la transidentité et de la transparentalité. Mal dans sa peau à l’école, indifférente à l’amour de sa mère débordée, une ado de 12 ans a toujours le nez dans les étoiles. C’est alors que son père revient de New York en affirmant enfin son identité de genre : elle est une femme trans. Bouleversée, l’adolescente s’accroche aux lambeaux de ses souvenirs, tout en apprivoisant l’arrivée de cette nouvelle femme dans sa vie. Un touchant récit d’apprentissage et une véritable œuvre pionnière du cinéma québécois.

    Le Sexe des étoiles

    On pourra aussi visionner trois premiers épisodes de la série française Chair tendre de Jérémy Mainguy et Yaël Langmann, qui aborde la découverte de Sasha qui apprend qu’il n’est pas né garçon, mais intersexe…

    Chair tendre


    INFOS | 51e édition du Festival du nouveau cinéma, du 5 au 16 octobre 2022.

    Pour connaître toute la programmation, visitez nouveaucinema.ca

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