Samedi, 4 février 2023
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    Le cinéaste français Paul Vecchiali meurt à 92 ans

    Le cinéaste Paul Vecchiali, qui a toujours farouchement défendu son indépendance en proposant des films souvent inclassables, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 92 ans, dans un hôpital du sud de la France, a précisé son compagnon, Malik Saad.

    Cet homme du Sud de la France, sympathique et généreux, est d’abord passé par Polytechnique avant de se trouver, au début des années 60, une bande (Jean Eustache, dont il produit les premiers films, Jean-Claude Biette, Jean-Claude Guiguet) et d’inaugurer en leur compagnie une longue carrière au cinéma. 

    Son premier long métrage, les Ruses du diable (1966), lui vaut d’être remarqué par François Truffaut et d’occuper une place en marge de la Nouvelle Vague, tournant sans attendre les financements, écrivant (aux Cahiers du cinéma), et fondant en 1976 la structure de production Diagonale, une des rares expériences collectives de création au sein du cinéma français.

    Son territoire de prédilection fut celui du mélodrame, genre propice aux orages affectifs comme à toutes sortes d’écarts. Il en a livré quelques fleurons tourmentés, sombres, douloureux et impudiques, comme les magnifiques Corps à cœur (1978), Rosa la rose, fille publique (1985) ou Once More (1987).

    LIEN POUR VISIONNER CE FILM https://archive.org/details/cynic2-OM 

    Paul Vecchiali n’aimait pas qu’on lui attribue le qualificatif de cinéaste gai, bien que Dès Once More, il avait fait de l’homosexualité un thème central de son œuvre. C’est aussi avec ce film qu’il a abordé la question du sida, chose rare au cinéma français à l’époque. 

    Le cinéaste vouait une admiration sans borne au cinéma des années 30 (en 2010, il avait d’ailleurs publié L’Encinéclopédie, près de 1000 pages consacrées à la filmographie complète de cinéastes ayant tourné dans les années 1930 en France) et était aussi un grand admirateur de Jean Genet, et C’est l’amour fait de nombreuses références à l’œuvre de l’écrivain. Son idole était Danielle Darrieux, dont il collectionnait les photos, adolescent, à Toulon et qu’il fera notamment tourner dans En haut des marches (1983), un film qui rend hommage à sa mère et évoque le traumatisme de la guerre.

    Comme bon nombre de cinéastes gais (on peut citer en France André Téchiné et François Ozon), Paul Vecchiali aimait faire tourner des femmes et travaillait avec les actrices pour les amener sur un nouveau territoire, les bouleverser, les transformer en les faisant rentrer dans son univers tout en pénétrant dans le leur.

    Après quelques années à se battre contre un système qui ne le comprenait plus, Vecchiali était revenu sur le devant de la scène, rieur et enchanté d’avoir découvert dans la légèreté du numérique une nouvelle manière de contrebande. Au total, il a réalisé une cinquantaine de films dont trente longs-métrages.  Son style, c’était l’économie des moyens mais couplée à la générosité d’un regard juvénile, l’air de nous dire que cent ans (et des poussières) de cinéma, ce n’est que le début.

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