Mercredi, 24 juillet 2024
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    Le peintre Olivier Corneau a (vraiment) survécu à Survivor Québec

    Plusieurs personnes ont découvert Olivier Corneau à Survivor Québec grâce à sa personnalité colorée, ses chapeaux nature, la mort qu’il a frôlée et son élimination surprise. Pourtant, bien d’autres connaissaient Olicorno, le peintre qui a mis au monde des tableaux gigantesques vendus dans 15 pays.

    Pourquoi voulais-tu participer à Survivor Québec ?
    Olivier Corneau : Parce que je vivais une transition. J’étais copropriétaire d’une galerie d’art, j’avais beaucoup de responsabilités et j’allais dans une direction beaucoup plus adulte. Avec Survivor, j’ai vu l’occasion de faire le changement dont j’avais besoin pour retrouver ma spontanéité, ma liberté et mon plaisir, afin de me sentir moins contraint à une image sérieuse.

    Tu souhaitais passer inaperçu pour ne pas être ciblé, mais ça n’a pas fonctionné. Comment expliques-tu ça ?
    Olivier Corneau : Chassez le naturel et il reviendra au galop ! Pourtant, je me suis préparé pendant des mois. J’ai suivi des formations, un coaching, une thérapie en profondeur et
    participé à des retraites de méditation silencieuse. Je suis allé aux Philippines avec des plans clairs, mais quand tu arrives sur place, tu es surpris par la vulnérabilité, la faim et la fatigue. Le naturel revient comme si tu n’avais pas eu de préparation. Ensuite, les choses bougent en fonction des interactions avec les autres personnes et quelles parties de ta personnalité sont utilisées dans la dynamique de groupe.

    Peux-tu nous raconter ton expérience d’empoisonnement alimentaire ?
    Olivier Corneau : On a mangé ce qu’on pensait être du manioc, mais c’était probablement une plante appelée badjang. Mon expérience a été extrêmement violente. Si j’avais eu une réaction allergique et que ma gorge avait enflé, j’aurais pu mourir. J’avais d’énormes brûlures et un immense inconfort. J’ai été sous surveillance une dizaine d’heures à la clinique. Il fallait que je respecte les règlements de Survivor, donc pas de nourriture en extra ni de confort supplémentaire ; rien qui aurait pu m’avantager par la suite. J’ai reçu le traitement minimal pour assurer ma sécurité et que je puisse retourner légitimement sur le jeu. Je suis un vrai survivant de Survivor.

    Tu as demandé à André de dire à ton chum que tu l’aimes. À quel point as-tu craint de ne pas t’en sortir ?
    Olivier Corneau : J’étais certain que je mourrais… Quand on se tient devant la mort, on
    retourne à un état animal : ce n’est ni grandiose ni spectaculaire. C’est vulnérabilisant et ça nous oblige à déployer toute notre humilité.

    Tu as été éliminé tôt par une élimination surprise. Que penses-tu de ton aventure ?
    Olivier Corneau : J’ai eu la malchance de tomber dans une craque entre deux éliminations qui offraient des deuxièmes chances : avant moi, Desneiges a changé d’équipe ; après moi, Audrey a accédé à l’exil. Moi, j’ai vécu une injustice qui m’a rendu très triste. Surtout quand j’ai constaté que les épreuves après mon élimination misaient sur la résistance à la douleur. J’étais déjà dans un tel état de douleur en raison de ma condition médicale que j’aurais gagné ces épreuves. Ensuite, j’ai vu ma tribu s’affaiblir d’épisode en épisode et perdre les épreuves. C’était difficile à regarder. À partir de la fusion, j’ai pu en profiter avec du recul.

    Tu es peintre depuis des années, mais tu as d’abord obtenu un bac en administration des affaires au HEC. Pourquoi ce chemin ?
    Olivier Corneau : Je savais que j’étais un artiste et que je voulais me gérer moi-même, alors j’ai vu ce parcours comme le meilleur moyen pour lancer ma carrière d’entrepreneur. L’art était quelque chose de facile pour moi, alors que la gestion m’était inconnue. Donc, je me suis lancé dans les études qui allaient m’offrir ce qui me manquait. Ça s’est avéré une très bonne idée. En tant qu’artiste, ce qui m’aide à me démarquer et à en vivre depuis 12 ans, c’est ma capacité à m’administrer, à générer des ventes et mener une carrière en constante croissance, sans subvention.

    Comment explores-tu les liens entre l’art et la science ?
    Olivier Corneau : Je puise mes inspirations dans plusieurs lectures scientifiques sur l’astrophysique ou la physique quantique. J’aime digérer ces idées et voir comment ça ressort sur une toile. Le cosmos est pour moi une métaphore sur la mort. Quand je fais des nébuleuses, c’est le plus grand spectacle d’une mort, car il s’agit de la mort d’une étoile qui explose. Visuellement, c’est extraordinaire. C’est dans ces phénomènes cosmiques que les particules nécessaires à notre vie humaine ont été créées. Pour moi, peindre la nébuleuse, c’est raconter la complexité de la vie et le côté vaste, à la fois terrifiant et inspirant de l’univers.

    Parlant de vastitude, la plupart de tes œuvres sont immenses.
    Olivier Corneau : J’aime faire des projets qui testent mes limites et ma patience. Après la création, il y a une énorme difficulté à trouver les bons collectionneurs, car la taille des pièces est surdimensionnée. Je me mets des bâtons dans les roues en créant des toiles qui n’entrent pas chez le consommateur moyen. Mais quand j’arrive dans un lieu (un musée, une bâtisse gouvernementale ou une grande entreprise), et que je tombe sur une œuvre monumentale, je sais quelle émotion je ressens et c’est ce que je cherche à reproduire avec mon propre travail.

    Tu es en couple avec le comédien Marc-André Poliquin, dont j’ai déjà fait le portrait dans Fugues. À quel point est-ce nourrissant d’être en couple avec un artiste ?
    Olivier Corneau : On a la chance de n’être en compétition dans aucun domaine. On a en commun la sensibilité artistique. J’ai plus l’aspect entrepreneurial et prise en charge de mon destin. Mon chum a davantage l’aspect communautaire et la création en groupe. On est deux pôles opposés à l’intérieur d’une même sphère et ça nous permet d’avoir deux angles de vue vraiment intéressants qui se nourrissent.

    Quelles sont tes aspirations ?
    Olivier Corneau : J’ai envie d’être un représentant des arts visuels dans une sphère publique, en utilisant la télévision, la radio et le divertissement pour amener les gens à voir et comprendre l’art visuel, qui est souvent froid ou hermétique, et qui semble hors d’accès alors qu’il ne l’est pas tant que ça.

    INFOS | http://www.olicorno.com
    https://www.instagram.com/olicorno/
    https://www.noovo.ca/emissions/survivor-quebec

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