Samedi, 18 avril 2026
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    Une expo en hommage aux créatrices et créateurs des zines LGBTQ+

    Jusqu’au 31 mars 2025, les Archives gaies du Québec (AGQ) accueillent l’exposition  «GÉNÉRATION XEROX» lancée le 30 novembre dernier. Il s’agit d’une ode à l’autoédition, à la culture des zines et aux documents éphémères queers facilement reproductibles. Cette culture «underground» des zines présentée dans toute sa variété et ses caractéristiques et, pourrait-on même rajouter, dans toute sa splendeur.

    On a puisé ici dans les vastes collections des AGQ pour préparer cette exposition «GÉNÉRATION XEROX» dont Simone Beaudry-Pilotte, Mark Andrew Hamilton et August Klintberg en sont les commissaires. Près d’une centaine d’items sont ainsi offerts aux yeux des visiteurs et visiteuses. Un zine, «[c’est généralement] une œuvre publiée en petite série et de manière indépendante, dont le tirage est inférieur à 1000 exemplaires. N’importe qui peut devenir ‘’zinester’’ (autrement dit quelqu’un qui crée un zine) et la plupart des gens créent des zines par amour de la création plutôt que par recherche du profit», nous apprend le site web de la Purdue University de West Lafayette dans l’Indiana.

    On y retrouvera des affiches des manifestations contre les descentes policières aux bars Truxx (21 octobre 1977 alors que 200 hommes gais sont arrêtés) et au Bud’s (cela s’est produit dans la nuit du 1er au 2 juin 1984 alors que les policiers armés vont y faire 188 arrestations d’hommes gais), des affiches contre la venue du Pape Jean-Paul II (Coalition contre le Pape et sa visite), en 1984 ; affiche aussi annonçant une Célébration du Nouvel An Gay ’74, dans une salle de l’Université McGill, sur la rue McTavish (qui deviendra le lieu de plusieurs partys et rassemblements gais d’ailleurs), entre autres. 

    Côtés zines, on verra le «DPN», le «IHSIMS», du réalisateur Bruce LaBruce, «Bundle of Sticks, Unmistakably Queer Bent, Sexual explicit sheer Anarchy, Punk and Chaos», également des zines lesbiens engagés tels que «Riot Grrrl» ou encore «Clit International», des zines undergrounds militants, ou encore «Bad Fag», un autre petit zine engagé très gai cette fois-ci. Les fameux «Homocore», «Demon Seed», «Latoyah Jackson» et «Figues», entre autres, sont compris dans cette exposition-ci. 

    Mais pourquoi une telle expo à ce moment ? «C’est une sorte de commémoration de beaucoup de voix anonymes et de différents points de vues du ‘’main stream’’ gai. C’est très punk, très indépendant et très artistique à la fois, d’expliquer le commissaire Mark Andrew Hamilton. C’est zines constituent une collection de plus en plus en demande par les chercheurs désirant trouver de l’information sur l’histoire des trans, des bisexuels, etc., et que l’on ne retrouve pas ailleurs. C’est aussi pour le graphisme qui, encore là, ne se voit pas ailleurs.» «Les ouvrages vont du début des années 1970 jusqu’à aujourd’hui», de commenter l’archiviste et commissaire Simone Beaudry-Pilotte. «Beaucoup de gens viennent ici pour la recherche, oui, mais il y a aussi bien des artistes qui s’inspirent des très nombreux
    documents des collections des Archives pour créer leurs oeuvres, poursuit Simone Beaudry Pilotte. Cette expo sert aussi à montrer les zines au public.»

    «Avec cette exposition, nous voulons donner l’occasion aux gens de toucher, avec des gants bien sûr, aux artefacts, poursuit Mark Andrew Hamilton. J’étais récemment à New York où il y avait également une belle exposition de zines, mais les pièces étaient sous-verre alors qu’ici on peut les manipuler. C’était vraiment dommage. Ils sont faits pour être pris dans les mains et regardés. C’est une question de respect pour les artistiques originaux qui les ont créés.»

    «Certaines œuvres sont plus réputées que d’autres, comme ‘’Homocore’’ par exemple, c’était une petite publication, mais avec beaucoup de fans qui la lisaient. C’était aussi parce que Homocore a créé un mouvement de jeunes gais punk underground, notamment avec G.B. Jones et Bruce LaBruce, dans les années 1980», indique Mark Andrew Hamilton. Pour info, Homocore a publié sept numéros entre 1988 et 1991. 

    «On a fait l’effort, pour cette exposition en particulier, d’avoir des œuvres en français et en anglais», souligne pour sa part Simone Beaudry-Pilotte.  En collaboration avec l’artiste et éducateur invité August Klintberg, dans l’espace de consultation arrière, celui-ci expose la série de gravures « Join or die », en réponse au bulletin épiscopalien «The Integer». Cette œuvre est exposée pour la première fois au public. Un petit zine commémoratif de l’exposition a aussi été concocté par l’artiste designer Asad Pervaiz. Des événements spéciaux liés à l’exposition seront organisés au cours des prochaines semaines et les détails seront annoncés prochainement. Suivre la page Facebook.com des Archives. Le tout est en collaboration avec la Caisse Desjardins du Quartier-Latin. 

    INFOS | Archives gaies du Québec : bureau 201A du 1000 rue Atateken (Montréal) avec des visites libres et gratuites du mercredi au vendredi de 13h00 à 17h00. 514-287-9987.
    https://agq.qc.ca

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