La saison 2 avait laissé le joueur 456 (Lee Jung-jae) devant ses projets de révoltes réduits à néant, suite à de multiples trahisons. Désillusionné, il se laisse tout d’abord dépérir jusqu’à ce qu’un nouvel élément vienne rebattre les cartes du jeu diabolique!
La conclusion de ce triptyque anxiogène se décline en deux actes parallèles. Sur l’île, après avoir assisté aux massacres de leurs congénères, les survivants du jeu sont confrontés à de dernières et terribles épreuves. Sur la mer, l’inspecteur de police Hwang Jun-ho (Wi Ha-joon) et ses hommes tentent de localiser l’île afin de mettre un terme aux activités. Dans l’un comme dans l’autre cas, chaque équipe cache une couleuvre en son sein qui fomente leur perte.
Difficile de ne pas s’identifier à la joueuse 149, une mère âge qui tente d’effacer les dettes de son fils et découvre que celui-ci s’est également joint à cette danse macabre. De même, pour la numéro 222, qui tente d’assurer l’avenir de son enfant à naitre et réalise trop tard dans quel bourbier sanguinaire elle s’est enfoncée. La saison 2 avait également intégré un premier personnage LGBTQ à la série en la personne de Cho Hyun-ju (Park Sung-hoon), une femme trans ex-militaire. Au cœur d’une Corée du Sud intolérante, celle-ci cherche à financer sa chirurgie de réassignation et son futur incertain, tout en affrontant le mépris de plusieurs des concurrents.
Des alliances inattendues se tisseront au cœur de ce groupe face à des joueurs impitoyables dont certains se révéleront être aux frontières de la sociopathie. Laissez de côté les certitudes rassurantes auxquelles nous ont habitués les séries américaines. Ici, chacun peut mourir au détour d’un corridor. La saison 3 s’ouvre d’ailleurs sur l’image très forte d’un mobile pour bébé dans chacune des pièces est composée du cadavre d’un mutin.
Le message est clair : ici, la mort n’est qu’un simple jeu!
Contrairement à la saison 2 qui comportait quelques longueurs, celle-ci peut se targuer de ne pas délaisser un rythme haletant et un niveau de violence inégalée. Une partie de cache-cache constitue d’ailleurs un point d’ancrage sanguinolent qui n’est cependant rien comparé à la rationalisation des bains de sang dont certains joueurs parsèment leurs discours afin d’écarter tout dilemme moral.
En mi-saison, un événement inattendu viendra bouleverser les enjeux de la joute et réaligner les priorités de plusieurs joueurs, plus particulièrement 456. La série fait également preuve d’une rare habileté à nous faire endosser la position de l’un des riches observateurs qui contemplent nonchalamment les souffrances de l’arène. Bien qu’un tantinet prévisible, la conclusion n’en demeure pas moins très satisfaisante et rappelle que le meilleur de l’humanité sommeille parfois en nous.
INFOS | Les six épisodes de la saison 3 du « Jeu du calmar » (Squid Game) sont disponibles en coréen, en anglais et dans un excellent doublage français sur Netflix.

