Le Portugal vous en met plein la vue… et plein l’estomac, à petit prix. Si vous croyez que toute l’Europe est excessivement chère, le Portugal vous prouvera le contraire. Nous avons parcouru ses routes pendant deux semaines, du sud au nord, de l’Algarve à Porto, pour un budget raisonnable — même moins coûteux qu’un voyage aux États-Unis (nous avons d’ailleurs annulé notre escapade dans le Deep South, vu la situation politique peu accueillante, particulièrement pour les personnes LGBT). Sans compter que Lisbonne accueillait l’EuroPride cette année : nous nous sommes senties les bienvenues !
Lisbonne Capitale du Portugal, Lisbonne est un incontournable. Ce fut notre point de départ et notre point de retour. La ville séduit avec ses tramways jaunes, ses maisons pastel aux façades ornées d’azulejos, et ses rues pavées (prévoir de bonnes chaussures !), éléments emblématiques de l’architecture portugaise.
Impossible de manquer le pont du 25-Avril — qui rappelle étrangement le Golden Gate de San Francisco —, suspendu au-dessus du Tage et dominé par l’imposante statue du Christ-Roi (inspirée du Christ Rédempteur de Rio). Avec ses 500 000 habitants (près de trois millions dans la région métropolitaine), Lisbonne n’oppresse jamais.


Nous avons adoré flâner au Mercado de Santa Clara (mardi et samedi), un marché aux puces dont les origines remontent au Moyen Âge. Même si nos dates ne coïncidaient pas avec l’EuroPride, nous avons participé à une fête locale dans un parc décoré aux couleurs de l’arc-en-ciel. Et pour trinquer à la portugaise, plusieurs options : la bière Super Bock, la liqueur aux cerises Ginjinha… et bien sûr, le porto (j’y reviens plus tard).
En périphérie, de nombreuses plages méritent le détour. Nous avons séjourné à Sesimbra (Four Points, à 45 minutes de Lisbonne) et profité de sa plage pittoresque. À Cascais, nous avons siroté un verre à l’éclectique On The Rocks Bar de l’hôtel Farol, face à l’Atlantique. Non loin, le Palais national de Pena à Sintra est à voir absolument pour son architecture mystérieuse et colorée. Et pour les amateurs de naturisme, la Praia 19 (ou Praia de Bela Vista), sur la Costa da Caparica, est connue comme plage gaie depuis les années 1990 et plage nudiste officielle depuis 1995. Petite précision : nous n’avons vu personne nu… ce qui me laisse croire que nous n’étions pas au bon endroit !

L’Algarve
Nous avons ensuite pris la route à bord de notre Juke — une voiture pleine d’angles morts, parfaite pour tester la patience sur les nombreux ronds-points portugais. Direction : l’Algarve, au sud du pays, baignée par de sublimes plages atlantiques. Sur la route (environ trois heures), nous avons fait halte à la splendide Praia da Samoqueira, près du village de Porto Covo, avant de passer la nuit à l’Hotel Don Rodrigues à Tavira. Là, la Praia do Barril et son cimetière d’ancres valent le détour. On y accède par un petit train, puis on profite d’une longue plage de sable blanc, avec bars et restos à proximité.
Faro fut notre prochaine étape. À deux pas de notre hôtel Made Inn Faro, la Capela dos Ossos — littéralement tapissée d’os humains — se cache derrière l’Igreja do Carmo. Dans le centre historique, entouré de remparts mauresques, nous avons dîné au Restaurante CHECKin du chef Leonel Pereira (étoilé Michelin 2021-2025) : trois plats de viande, entrée, dessert et vin pour trois personnes, le tout pour moins de 300 $. Abordable, savoureux, service impeccable… et une ligne de moins sur ma bucket list !
Au menu culinaire portugais : sardines, poissons, poulet piri-piri, l’imposante Francesinha et, bien sûr, les pastéis de nata. À Albufeira, après un arrêt au Mercado Municipal de Loulé (allez-y tôt pour éviter la chaleur), nous avons logé à la Guest House Dianamar. À quelques minutes de marche — et un ascenseur pour y accéder —, la Praia do Peneco est un petit bijou : sable blanc, eau turquoise et falaises dorées.
Albufeira oscille entre charme méditerranéen et ambiance de fête débridée sur « The Strip » : bars, karaokés et foule animée garantis. À Carvoeiro, nous avons séjourné au Carvoeiro Garden Hotel et découvert la Praia do Carvalho, plage « secrète » dissimulée derrière un passage creusé dans la roche : mon coup de cœur !
Lagos fut notre dernière étape en Algarve, deux nuits aux Canavial I & II Apartments : propre, abordable, piscine, cuisinette et proprio accueillante. À proximité, des points de vue à couper le souffle — Ponta da Piedade, Praia dos Pinheiros, Praia Dona Ana, et Praia do Camilo (200 marches et un tunnel creusé à la main).
Nous avons aussi fait une excursion vers la fameuse grotte de Benagil, avec la compagnie Experience: Benagil Kayak and SUP, depuis la marina d’Albufeira : 30 minutes en bateau, puis 1 h 30 en kayak ou en paddle board. Note à moi-même : il y a une raison pour laquelle j’étais la seule en paddle board !

Porto
Après sept jours dans le Sud, cap sur Porto. La route (près de six heures) fut l’occasion de faire halte à Águeda et ses parapluies suspendus, si photogéniques. Nous étions attendues pour une croisière en voilier sur le Douro, au coucher du soleil, avec Porto Sailing Spot : magique. Après une nuit au Sheraton Porto Hotel & Spa, nous avons pris le Teleférico de Gaia pour admirer la ville, puis visité les caves de Cálem (fondées en 1859). Visite guidée passionnante et dégustation d’un Tawny 20 ans, d’un Late Bottled Vintage et d’un Fine White. Coup de cœur pour un porto rosé, innovation récente qui, croyez-moi, plaît à toutes les générations.
Nazaré et Peniche
Dernier tronçon : Nazaré, à l’hôtel Villamar Style Maison, à deux pas de la plage mythique. L’hiver, elle attire les surfeurs du monde entier pour ses vagues géantes (jusqu’à 30 mètres) — record absolu : 26,21 mètres en 2020. En été, on s’y baigne… si on brave l’eau glaciale ! Dernière étape : Peniche, avec notre plus bel hôtel du séjour, le Praia D’El Rey Marriott Golf & Beach Resort. Excursion vers l’île de Berlengas et le Forte de São João Baptista : conseil d’ami, prenez le grand catamaran, pas une petite embarcation brinquebalante dans des vagues de haute mer, surtout sans ceinture de sauvetage ! Alors que le phénomène du nuage rouleau impressionnait la région, nous avons repris la route vers Lisbonne, direction Montréal. J’avais déjà visité le Portugal il y a plus de vingt ans, avec peu de moyens… mais peu importe l’âge ou le budget, le pays offre des merveilles pour tous les goûts.
Seul bémol : deux semaines, ce n’est pas assez !

