Quatre fois vandalisé au cours des derniers mois, quatre fois remplacé. Au Centre des femmes de Longueuil, on refuse de laisser les gestes d’intimidation avoir raison d’un symbole de solidarité envers les communautés LGBTQ+. Une succession d’incidents qui survient alors que des actes semblables sont rapportés ailleurs au Québec.
Il flotte toujours devant le Centre des femmes de Longueuil. Pourtant, au cours des derniers mois, le drapeau de la Fierté installé par l’organisme a été vandalisé à quatre reprises. Chaque fois, le Centre a choisi de le remettre en place.
Pour Sophie Tétreault Martel, intervenante communautaire au Centre des femmes de Longueuil, interviewée par radio-Canada, il ne s’agit pas simplement de remplacer un morceau de tissu. Maintenir le drapeau bien visible constitue une façon d’affirmer clairement la solidarité de l’organisme envers les personnes LGBTQ+ et de rappeler à celles qui franchissent ses portes qu’elles y sont les bienvenues.
Une visibilité que les gestes de vandalisme cherchent précisément à faire disparaître.
La répétition des incidents soulève aussi des questions dans un contexte où les organismes LGBTQ+ et féministes constatent une montée des discours hostiles visant notamment les personnes trans, les communautés de la diversité sexuelle et de genre et les femmes.
Pas de caméras pour préserver la confidentialité
Le Centre se retrouve cependant devant un dilemme particulier. L’installation de caméras de surveillance pourrait permettre d’identifier les responsables des gestes de vandalisme, mais l’organisme s’y refuse.
Sophie Tétreault Martel explique dans l’entrevue à Radio-Canada que la confidentialité des personnes qui viennent chercher de l’aide au Centre doit demeurer prioritaire. Filmer les entrées et sorties pourrait compromettre ce sentiment de sécurité essentiel pour certaines d’entre elles.
Autrement dit, le Centre ne souhaite pas répondre à l’intimidation en adoptant une mesure qui pourrait elle-même rendre son espace moins accueillant pour les personnes qu’il accompagne.
Les événements de Longueuil ne seraient par ailleurs pas isolés. Des actes similaires visant des drapeaux de la Fierté ont été signalés ailleurs au Québec. Dans une autre municipalité, un drapeau aurait ainsi été retiré à cinq reprises.
À Longueuil, la réponse du Centre des femmes demeure pour l’instant aussi simple que déterminée : chaque fois que le drapeau est vandalisé, il revient.
Une manière de rappeler que lorsqu’un symbole de visibilité est délibérément pris pour cible, le remettre en place devient en soi un geste de résistance.

