Mercredi, 20 mai 2026
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    Un médecin demande à la Cour suprême américaine de priver les LGBTQIA+ d’accès à des soins de santé

    La Cour suprême américaine, majoritairement composée de juges conservateurs, doit se prononcer pour ou contre l’avis d’un médecin, connu pour ses positions homophobes, qui veut réduire l’accès aux médicaments anti-VIH. Une affaire qui fait craindre une augmentation de nombre de personnes contaminées au virus du sida.

    Le docteur Steven Hotze, âgé de 74 ans, n’est pas vraiment un enfant de chœur. Et son CV est des plus longs. Pêle-mêle, ce médecin de Houston a relayé plusieurs théories conspirationnistes, comme sur le Covid-19 qui serait selon lui le fruit d’un complot mondial, tenté de limiter le droit au vote par correspondance au Texas (où il dirige une association de “républicains conservateurs”), demandé aux autorités de “tuer ses fils de pute” en référence aux personnes protestant suite à la mort de George Floyd, ou encore accusé sans preuve les démocrates de fraude électorale.

    Mais l’un de ses grands combats, c’est son opposition à la communauté LGBTQIA+. Une bataille à laquelle il souhaite donner une nouvelle dimension sous l’ère Trump en saisissant la Cour suprême. Car ce médecin d’extrême-droite, qui qualifie les droits LGBTQIA+ de “sataniques” et de “moralement générés”, a intenté un procès à l’État fédéral américain afin de réduire la couverture santé de la PrEP, un médicament-clé dans la lutte contre le virus du sida.

    La vie de nombreux Américains en jeu
    Cela fait un bout de temps que Steven Hotze tente de mener cette guerre juridique. En 2020, son entreprise d’assurance santé, Braidwood Management, a saisi les tribunaux sur ce même sujet. Il estimait que la PrEP “facilitait et encourageait les comportements homosexuels”, ce qui serait contre les opinions religieuses du médecin, et que donc il ne devait pas être obligé de couvrir les dépenses liées à la PrEP.

    Un tribunal de Texas, un État très conservateur, lui a donné raison, et l’administration fédérale a fait appel. L’affaire se retrouve donc aujourd’hui devant la Cour suprême.

    Si cette dernière donne raison à Braidwood, les conséquences seraient loin d’être négligeables. Selon une étude citée par le Guardian, 39 millions de personnes pourraient être privées des services de santé auxquelles elles ont aujourd’hui accès. Une étude de Yale ajoute que 2.000 infections supplémentaires au VIH pourraient avoir lieu chaque année. Interpellé par le journal britannique, Hotze a refusé de répondre.

    Déterminé à réduire les droits de la communauté LGBTQIA+
    Ce n’est pas la seule attaque que le médecin a réalisée envers la communauté LGBTQIA+, dont il traite les membres de “nazis” et qu’il promet de pourchasser “de Houston à San Francisco”. Sa croisade anti-homosexuelle a commencé dès les années 1980, mais son poids dans le débat public a pris de l’importance lorsque lui-même a fait fortune, en l’occurrence en vendant des traitements hormonaux pseudo-scientifiques censés guérir toutes sortes de maladies, comme le cancer. Des sommes d’argent qu’il transfère à la frange conservatrice des républicains.

    En 2015, il s’est vigoureusement opposé au mariage pour tous, estimant que cela permet aux homosexuels de “célébrer ceux qui pratiquent le sexe anal”. “Et c’est mal, c’est maléfique”, disait-il, comme le note un média local. Il affirme que les personnes LGBTQIA+ sont des “termites” qui “rongent le fondement même de notre pays”, et s’est en ce sens opposé à une loi sur les toilettes pour individus transgenres. Il a ensuite contesté l’interdiction de discrimination anti-LGBTQ+ sur le marché du travail. En 2023, une cour d’appel lui a donné raison, en l’autorisant à ne pas embaucher des personnes LGBTQIA+.

    Jeremiah Johnson, directeur exécutif du groupe de défense PrEP4All, explique au Guardian que même si sa tentative devant la Cour suprême échoue, la communauté LGBTQIA+ ne pourra pas crier victoire pour autant. Car comme il le rappelle, l’administration Trump pourrait réduire les efforts de prévention contre le VIH notamment via des coupes budgétaires.

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