Jeudi, 16 avril 2026
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    Montréal crée un groupe d’intervention en itinérance pour mieux réponse à la crise

    La mairesse Soraya Martinez Ferrada a annoncé, le 17 février, la mise sur pied du Groupe d’intervention tactique en itinérance (GITI), une nouvelle instance de coordination destinée à structurer et accélérer les actions face à la crise de l’itinérance.

    Cette nouvelle structure prend le relais de la cellule de crise instaurée en décembre 2025 par l’administration Martinez Ferrada. L’objectif : rassembler les acteurs déjà impliqués, briser le travail en silo et mettre en place des solutions durables pour répondre à une situation qui ne cesse de s’aggraver.

    Selon la Ville, le GITI vise à apporter davantage de prévisibilité dans les interventions, à optimiser les ressources existantes et à mieux planifier les actions à long terme.

    Une table de concertation élargie
    Le Groupe d’intervention tactique en itinérance sera composé de 12 membres permanents issus du gouvernement du Québec, de la Ville de Montréal ainsi que de partenaires institutionnels et communautaires. Parmi eux figurent la mairesse Soraya Martinez Ferrada, le conseiller de Saint-Jacques Claude Pinard — qui présidera le groupe —, les ministres Sonia Bélanger et Chantal Rouleau, ainsi que des représentants du milieu communautaire, dont Samuel Watts, de la Mission Bon Accueil, et Annie Savage, du RAPSIM.

    La Ville affirme vouloir ainsi exercer un leadership accru en matière d’itinérance, tout en travaillant en collaboration avec la gouvernance régionale déjà en place. Le groupe aura notamment pour mandat d’identifier les obstacles systémiques, d’améliorer la coordination entre les partenaires et d’assurer une gestion proactive des risques, particulièrement lors des périodes saisonnières critiques.

    Au cours des prochains mois, le GITI prévoit également présenter plusieurs outils structurants, dont une cartographie métropolitaine des services en itinérance et un plan d’action intégré.

    Des services fortement concentrés au centre-ville
    Actuellement, la majorité des ressources en itinérance — refuges d’urgence, centres de jour, services alimentaires, cliniques et organismes communautaires — se concentrent dans les arrondissements de Ville-Marie et du Sud-Ouest, notamment dans les secteurs du centre-ville, du Village, autour du square Cabot et du pôle Atwater. Cette concentration historique s’explique en partie par la proximité des grands refuges et missions établis depuis plusieurs décennies. Elle entraîne toutefois une pression importante sur certains quartiers centraux, alors que plusieurs arrondissements périphériques disposent de peu ou pas de services spécialisés.

    L’ACVMTL salue l’initiative, mais demeure vigilante
    L’Association citoyenne du Village (ACVMTL) a accueilli favorablement l’annonce. Elle estime que le rassemblement de la Ville, du gouvernement provincial, des agences publiques et du milieu communautaire autour d’une même table pourrait permettre de corriger les problèmes de coordination qui nuisent depuis des années à l’efficacité des interventions.

    « Le fonctionnement en silo a trop souvent miné la réponse des autorités aux besoins du terrain », souligne l’organisme, évoquant des responsabilités qui, à l’occasion, semblent se diluer entre les différents paliers décisionnels.

    L’Association affirme qu’elle appuiera toute initiative structurante visant à lutter contre la crise de l’itinérance, en particulier l’engagement de la nouvelle administration municipale de créer au moins 2000 logements de transition et logements sociaux afin de permettre aux personnes en situation d’itinérance de quitter la rue.

    Le logement au cœur des attentes
    Dans le contexte d’une année électorale au Québec, l’ACVMTL entend rencontrer les candidats et candidates afin d’obtenir des engagements clairs quant à la mise en œuvre de la Politique nationale de lutte à l’itinérance adoptée en 2014. Cette politique faisait du logement social et de transition une priorité centrale — un engagement que l’organisme estime avoir été relégué au second plan par les gouvernements successifs.

    La cartographie des services annoncée par la Ville pourrait, selon l’Association, mettre en lumière une répartition inégale des ressources sur le territoire montréalais. Elle évoque une concentration marquée des services dans les quartiers périphériques du centre-ville, notamment dans le Village, phénomène qu’elle attribue à un « tassement » progressif observé depuis une trentaine d’années.

    L’ACVMTL affirme qu’elle veillera à ce que le déploiement futur des ressources respecte le principe d’équité territoriale, afin de rapprocher les services des besoins dans l’ensemble des arrondissements et d’éviter la formation de zones de forte concentration, comparables à celles observées dans certaines grandes villes nord-américaines.

    Cohabitation et qualité de vie
    Au-delà des enjeux de répartition des services, l’Association insiste sur l’importance de la cohabitation sociale et de la qualité de vie des résidantes et résidants du quartier. Elle souhaite que la voix citoyenne soit entendue dans les décisions à venir et que les solutions mises en place reposent sur une vision inclusive du logement.

    Pour l’organisme, la cohabitation ne peut réussir sans un accès élargi à l’habitation pour toutes et tous — une condition essentielle pour concilier solidarité, dignité et vitalité urbaine.

    INFOS | Pour lire la réaction de l’ACVMtl à l’annonce de la créaction du GITI par la Ville, visitez le www.acvmtl.ca

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