Mardi, 12 mai 2026
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    Le retour d’Anna Brodeur, saison 2 : Une série déjantée où corosif et tendre font bon ménage!

    Après une première saison rocambolesque, Le retour d’Anna Brodeur poursuit sur sa lancée : de l’absurde à la pelle et des personnages toujours à un seul cheveu de craquer. Impossible de résister au plaisir de les voir surfer en eaux troubles, portés par la vague de la névrose !

    Après s’être expatriée en France pendant dix ans, Anna foule à nouveau le sol québécois. Son retour à Montréal s’accompagne de l’obligation de se colleter avec Monique (Élise Guilbault), sa mère erratique et envahissante, et Antoine (Patrick Hivon), un ex qui la trompait à répétition et qui est désormais relégué au rang de vedette déchue. Seule éclaircie dans ce chaos : retrouver Patrick (Benoît McGinnis), son meilleur ami gai de toujours, aujourd’hui directeur d’une agence de relations publiques où elle trouve refuge.

    Le moteur de la série demeure, bien sûr, la relation fusionnelle entre Anna et Patrick. Ils n’hésitent jamais à se lancer leurs quatre vérités au visage, mais ils s’aiment d’un amour profond — au point où l’on comprend que seule une petite « technicalité » les empêche de basculer du côté du couple : l’orientation de Patrick. Comme il le résume si bien : « Si mon attirance pour le pénis ne m’avait pas été confirmée plusieurs fois, c’est sûr que tu serais l’amour de ma vie ! » La chimie entre les personnages est à ce point palpable que l’on croit instantanément à la réalité de cette amitié, qui a su traverser dix ans de séparation et un océan.

    Chaque épisode aligne son cortège de cas médiatiques, à la frontière du ridicule et du touchant, avec lesquels doit composer une équipe dont l’état mental, lui aussi, frôle parfois la catastrophe. Le premier épisode de la saison 2 s’ouvre d’ailleurs sur la vidéo d’une chantre de l’acceptation corporelle (excellente Valérie Blais) qui, complètement saoule, se lamente de ne pas avoir une taille « normale ». Évidemment, la petite équipe doit rapidement trouver une bouée de sauvetage à ce naufrage médiatique.

    Loin de verser dans la farce, la situation laisse place à des moments touchants et des vérités qui font toujours mouche. L’épisode 4 s’inscrit dans la même veine : Anna devra accompagner Jean-Michel Marsolais (Antoine Pilon), chef d’orchestre hypocondriaque, à sa toute première colonoscopie chez un gastro-entérologue (Jean-Moise Martin) qui, sans jeu de mots, sait remuer les entrailles de chacun.

    Du côté des amours, Patrick s’est extirpé d’un trouple qui ressemblait de plus en plus à un duo — et pas forcément à son avantage. Pour compenser, il se promet de « lutter contre sa nature et de devenir le meilleur workaholic » qui soit. Antoine, surnommé Monsieur « On l’sait que t’as un des plus beaux pénis en ville », tente quant à lui de reprendre du poil de la bête et de retrouver sa place au panthéon du vedettariat québécois, mais la pente s’annonce longue à remonter. De son côté, Monique veut publier un roman outrageusement inspiré de sa relation orageuse avec sa fille, ce qui annonce de sinistres averses entre les deux femmes. Enfin, Anna décide de confronter un père (Marc Messier) qui l’a abandonnée il y a plus de vingt ans… et se retrouve face à sa nouvelle épouse (Mariepier Morin), beaucoup plus jeune qu’elle, et sur le point d’accoucher de ce qui sera techniquement sa demi-sœur.

    Bref, chacun voit son univers bousculé et doit se résoudre à abandonner ses illusions pour affronter la réalité. Entre les amours qui se font et se défont, les ambitions qui s’entrechoquent et les secrets de famille qui refont surface, personne n’est épargné : l’heure n’est cependant plus aux faux-semblants, mais aux mises au point. La série n’est d’ailleurs pas sans évoquer la mécanique de l’excellente « Six Feet Under » (Six pieds sous terre), qui savait marier avec finesse des situations à la fois dramatico-loufoques et profondément humaines, en équilibre constant entre humour et drame. Résultat : un terrain de jeu idéal pour les comédiens, qui peuvent s’y déployer et livrer des performances du tonnerre où les bons mots se bousculent aux portillons.

    La série constituera sans aucun doute un rendez-vous hebdomadaire incontournable ! Petite confession après seulement deux épisodes écoutés à ce jour : j’attends toujours avec impatience les interventions de la drag-queen Kimikaze (Hugo Archambault), dont la langue turboacérée vient chaque fois pimenter un plat déjà irrésistible !

    INFOS | Les dix épisodes de la saison 2 de « Le retour d’Anna Brodeur » sont disponibles en français sur Crave. https://www.facebook.com ou https://www.bellmedia.ca

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