Récemment, le Comité international olympique (CIO) a confirmé que les femmes transgenres seront exclues des catégories féminines lors des prochaines compétitions olympiques. Intitulée « Policy on the Protection of the Female (Women’s) Category in Olympic Sport », cette nouvelle directive entrera en vigueur dès les Jeux de Los Angeles en 2028. Le CIO affirme qu’elle repose sur des données scientifiques et des avis d’expert·e·s.
L’organisation a également précisé que l’admissibilité aux épreuves féminines sera désormais déterminée à l’aide de tests génétiques uniques visant à établir le sexe, une mesure qui, selon elle, permettra « d’assurer l’équité et de protéger la sécurité, notamment dans les sports de contact ».
Un débat omniprésent… pour une réalité marginale
Au cours des dernières années, la participation des athlètes trans est devenue un enjeu récurrent dans les guerres culturelles, les campagnes politiques et les règlements des instances sportives. Pourtant, lorsqu’on se penche sur les Jeux olympiques eux-mêmes, l’écart entre le débat et la réalité est frappant. À ce jour, une seule femme trans ouvertement identifiée a participé aux Jeux : l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard, lors des Jeux de Tokyo en 2020. Engagée dans la catégorie des plus de 87 kg, Hubbard n’a pas remporté de médaille.
Le parcours complexe de Laurel Hubbard
Son parcours vers les Jeux olympiques n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. Âgée de 43 ans au moment de sa participation, Hubbard avait commencé l’haltérophilie dans les années 1990, avant sa transition. Elle avait même établi un record junior en 1998, mais a quitté le sport en 2001, à l’âge de 23 ans. «Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que j’ai arrêté l’haltérophilie parce que c’était devenu trop difficile à supporter», expliquait-elle en 2020. «La pression d’essayer de s’intégrer dans un monde qui n’était pas vraiment conçu pour des personnes comme moi.»
Une participation sous haute tension
Lors des Jeux de Tokyo, Hubbard a été la cible d’une vague de critiques et de propos transphobes, plusieurs remettant en question sa légitimité à concourir malgré son parcours sportif. Par la suite, aucune femme trans ouvertement identifiée n’a participé aux Jeux de Paris en 2024. À ce jour, aucun cas de femme trans ayant remporté une médaille olympique n’a été confirmé.
Une confusion alimentée par la visibilité accrue
Une partie de la confusion entourant cet enjeu tient à la visibilité croissante des athlètes trans et non binaires dans le sport en général. Par exemple, Quinn (assigné.e femme à la naissance) a remporté l’or avec l’équipe canadienne de soccer féminin à Tokyo — est devenu·e la première personne trans non-binaire à décrocher une médaille olympique.

Des données limitées… mais révélatrices
Le CIO ne publie pas de données officielles sur l’identité de genre des athlètes. Les chiffres reposent donc uniquement sur les personnes ayant choisi de rendre publique leur identité. Il est donc possible que d’autres athlètes trans aient participé sans le divulguer. Cela dit, les cas documentés demeurent extrêmement rares : une seule femme trans ouvertement identifiée en plus d’un siècle d’histoire olympique moderne.
Un décalage frappant
Ce chiffre, à un seul chiffre, contraste fortement avec l’ampleur de l’attention médiatique et politique consacrée à la question. Alors que plusieurs fédérations sportives à travers le monde resserrent ou modifient leurs règles concernant la participation des personnes trans, la réalité sur le terrain — du moins aux Jeux olympiques — demeure celle d’une présence quasi inexistante.
Un décalage qui soulève une question fondamentale : pourquoi un phénomène aussi marginal occupe-t-il une place aussi centrale dans le débat public?

