Directeur général du GRIS Mauricie/Centre-du-Québec
Avec le recul des mentalités dans les écoles partout au Québec, à quel point est-ce plus difficile de sensibiliser les jeunes?
François Vanier : Le GRIS constate l’augmentation du malaise des jeunes face aux réalités LGBTQ+, autant dans les régions que dans les grands centres comme Montréal. Sans vouloir déstabiliser nos bénévoles, l’équipe de formation doit s’assurer qu’iels sont pleinement conscient·e·s du climat auquel iels feront face en partageant leur parcours de vie auprès des jeunes. On veut s’assurer que leur implication demeure agréable. C’est important de bien saisir les préjugés sous chacune des questions et de les faire tomber en partageant nos histoires. Depuis quelque temps, les questions d’opinion sont plus présentes en classe. Les bénévoles doivent donc faire preuve d’agilité pour recadrer ce genre de questions, en partageant leur vécu pour éviter tout débat d’opinion dans les classes.
As-tu parfois l’impression que le travail des dernières décennies est à recommencer ?
François Vanier : Le travail n’est pas à recommencer, malgré les moments qui peuvent nous décourager ou nous remettre en question. Je préfère affronter ces enjeux en les voyant comme un creux dans une courbe. Je souhaite que ce soit cyclique pour qu’on puisse remonter cette courbe-là. Le GRIS réalise encore plusieurs belles actions en Mauricie, et c’est grâce à une diversité de personnes qui croient fermement en notre mission, nos bénévoles et nos partenaires. Avec la superficie de la région où l’on travaille, j’ai l’impression de poursuivre le déploiement de nos actions plutôt que de recommencer quelque chose. Le milieu communautaire est sous-financé et sous-valorisé.
Pourquoi continuer à y travailler?
François Vanier : Bien que les défis semblent imposants et en changement constant, je me rappelle souvent que les jeunes en questionnement ou en processus d’affirmation ne seront pas moins nombreux. Il faut continuer de faire en sorte que les élèves qui entourent les jeunes LGBTQ+ puissent cultiver l’inclusion pour avoir une attitude positive. Ce sont les jeunes qui sont notre source de motivation pour se retrousser les manches et poursuivre notre implication. Quand j’étais ado, je n’ai pas rencontré le GRIS à l’école. Aujourd’hui, je veux offrir aux jeunes ce que je n’ai pas eu : des modèles LGBTQ+ positifs. Je crois vraiment à notre culture du témoignage. Depuis bientôt neuf ans en poste, j’ai le privilège de côtoyer de nouvelles personnes bénévoles au vécu unique et tellement riche, des collègues investi·e·s et des partenaires avec qui on ne peut que rayonner aux quatre coins de notre belle grande région.

