Vendredi, 24 avril 2026
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    Fabrice Nguena

    Auteur, militant et défenseur des droits humains

    Peux-tu nous parler de ton parcours et de ton engagement au sein des communautés afroqueer à Montréal?
    Fabrice Nguena : Je suis Fabrice Nguena, afroqueer, défenseur des droits humains et auteur. Je suis arrivé à Montréal en 2007 et j’ai rejoint immédiatement Arc-en-ciel d’Afrique, le premier et seul organisme afroqueer qui existait à l’époque. L’année suivante a été historique, avec notre première participation à la Journée communautaire au Village et surtout au défilé de la Fierté. Nous, les membres pionniers d’Arc-en-ciel d’Afrique, avons par la suite créé La Fondation Massimadi, qui continue aujourd’hui à déconstruire les préjugés homophobes et transphobes dans les communautés noires à travers l’art et la culture. Je suis également gouverneur à la Fondation Émergence depuis 2021.

    Quel moment de ton parcours militant t’a le plus marqué?
    Fabrice Nguena : En presque vingt ans de militance pour le respect de la dignité des
    personnes queer, le moment le plus marquant pour moi est la publication, en 2024, de mon premier livre, AfroQueer – 25 voix engagées, qui met en lumière 25 personnes afroqueer (noires et LGBTQI+). Le but étant de briser les préjugés, de pouvoir offrir des récits, si rares dans nos communautés, ainsi que des modèles d’identification aux jeunes afroqueer.

    Comment analyses-tu le contexte actuel des droits LGBTQ+ ici et ailleurs dans le monde?
    Fabrice Nguena : Ces dernières années sont marquées par une montée du masculinisme, exacerbée par le trumpisme qui se répand. On assiste à un choc en retour des queerphobies, tant dans les pays du Nord qu’en Afrique, où plusieurs pays viennent soit de criminaliser l’homosexualité pour la première fois, soit de durcir les lois existantes. Ceci a pour conséquence une recrudescence inquiétante de propos et d’actes homophobes et transphobes, un peu partout dans le monde, et même dans les écoles et au sein de la jeunesse au Québec.

    Comment ton engagement se manifeste-t-il aujourd’hui, concrètement?
    Fabrice Nguena : Ces deux dernières années, mon engagement militant s’exprime de plus en plus par mes collaborations à différents projets littéraires, par mes participations à des conférences et, au quotidien, par mes publications libres et sans détour sur ma page Facebook, pour dénoncer les violations de droits humains, de plus en plus en Afrique.

    Qu’est-ce que cet engagement t’apporte sur le plan personnel?
    Fabrice Nguena : Aujourd’hui, je peux dire sans hésitation que militer pour les droits
    humains, et surtout ceux des personnes queer, a également contribué à mon propre épanouissement, et surtout a donné un sens à ma vie. Un moine japonais, Nichiren, disait : « En éclairant le chemin de quelqu’un d’autre, on éclaire son propre chemin ».

    Quel message aimerais-tu transmettre aujourd’hui aux communautés LGBTQ+ et à leurs allié·e·s?
    Fabrice Nguena : Aujourd’hui plus que jamais, aussi surprenant que cela puisse paraître, si nous ne voulons pas retourner cinquante ans en arrière en ce qui concerne nos droits et libertés, il faudra qu’on se souvienne qu’aucun droit, aucune liberté n’est définitivement acquis. « Votre silence ne vous protègera pas », disait l’universitaire afroqueer étatsunienne Audre Lorde, une militante qui m’inspire particulièrement.

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