Mercredi, 22 juillet 2026
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    Montréal, ma belle

    Pour cette édition d’août, où l’on célèbre la Fierté dans la métropole, j’avais envie de rendre hommage à ma ville natale : Montréal. Je suis fière d’être montréalaise. Puis, question de faire d’une pierre deux coups, je vous propose également de découvrir le film québécois de 2025 qui a inspiré le titre de ma chronique.

    Non, ce n’est pas une chronique où je vais vous parler des fameux cônes orange. Sans conteste, il y en a beaucoup à Montréal (quoique j’en ai vu autant à Québec, à Laval ou à Saint-Jérôme dans les dernières semaines ; donc, la métropole n’a pas le monopole !). Cela dit, Montréal possède plusieurs qualités que je souhaite vous rappeler. Je suis native de Montréal et j’ai manifestement un parti pris.
    Je me souviens que, jeune, dans ma ruelle d’Ahuntsic, j’ai fait les 400 coups. Je l’aimais, ma ruelle. J’y passais le plus clair de mon temps à courir, à faire du vélo et à jouer avec mes ami.e.s. Montréal compte quelque 4 000 ruelles et elles cachent souvent de beaux joyaux, au-delà des cordes à linge ! Quand j’ai commencé à voyager dans d’autres grandes villes du monde, à 19 ans, je cherchais les ruelles, car je croyais qu’il y en avait dans toutes les grandes villes…

    On parle souvent de l’iconique Central Park, à New York, mais Montréal a aussi son poumon au cœur de la ville : le mont Royal et ses points de vue splendides ! Je me souviens d’y être allée, jeune, lors des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, en 1992, marquant la fondation de la ville, en mai 1642, par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Cet anniversaire historique a permis de transformer
    le visage de la métropole avec l’inauguration, notamment, du musée Pointe-à-Callière, du Biodôme et de la place Émilie-Gamelin.

    Les festivités comprenaient également le projet Les Ambassadeurs du 350e, organisé par les clubs de vacances de la ville. Douze mille enfants âgés de 6 à 12 ans y ont participé. Ils ont réalisé des messages, sous forme de dessins, de textes ou de bricolages, pour exprimer leur vision de Montréal aux jeunes qui auraient leur âge en 2142. Parmi ceux-ci, 350 messages, dont le mien (je ne me souviens plus de ce que j’y ai inscrit ; dommage, je ne le saurai jamais de mon vivant !), ont été insérés dans une capsule temporelle enfouie sous une stèle, au pied de la croix du mont Royal. Elle ne sera ouverte que le 17 mai 2142, jour du 500e anniversaire de la fondation de Montréal. Quel hasard… Un 17 mai… la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (créée sous l’impulsion de la Fondation Émergence, un organisme montréalais) !

    D’ailleurs, venons-en au vif du sujet. Montréal est l’une des villes les plus ouvertes au monde à l’égard de l’homosexualité et des réalités LGBTQ+. Si vous n’avez pas eu la chance d’assister aux premiers Outgames mondiaux, tenus à Montréal du 26 juillet au 5 août 2006, sachez qu’il s’agissait d’un événement marquant, qui célèbre d’ailleurs son 20e anniversaire cette année ! C’est lors de cet événement que la Conférence sur les droits humains, qui rassemblait plus de 1 500 délégué.e.s, a mené à l’officialisation du 17 mai comme Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.


    Les Outgames étaient un événement international majeur, axé sur le sport, la culture et les droits humains, ayant rassemblé plus de 10 000 athlètes. Pour quiconque se trouvait au Stade olympique lors de la cérémonie de clôture, c’était grandiose ! J’ai eu l’occasion d’y être, à l’époque, pour tourner un documentaire dans le cadre de mon stage à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Voir ces milliers de participant.e.s provenant de plusieurs pays entrer fièrement dans le stade, comme aux Jeux olympiques, c’était quelque chose ! C’est également à ce moment qu’a été proclamée la Déclaration de Montréal sur les droits LGBT. Conçue comme un outil de plaidoyer pour promouvoir et défendre universellement l’égalité et la sécurité des personnes LGBT, elle s’articule autour de plusieurs sphères fondamentales (1).

    Enfin, je pourrais bien sûr vous parler de la myriade de festivals et d’événements qui se déroulent dans la métropole, de Fierté Montréal au Festival international de jazz, en passant par les Francos, Osheaga, ÎLESONIQ, LASSO Montréal, le Festival international Nuits d’Afrique, MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE, le Festival St-Ambroise Fringe Montréal, le Festival MURAL, le Festival international Présence autochtone, Montréal en lumière, le Festival de cinéma LGBTQ+ Image+Nation, le Festival international de films Fantasia, le Festival du nouveau cinéma, CINEMANIA, le Festival Streetfood de Montréal, Igloofest, L’International des Feux Loto-Québec, etc. Tous ces événements, et j’en passe, démontrent à quel point Montréal est une ville culturellement active, mais aussi diversifiée, unique, vibrante, ouverte et créative, à l’image de ses habitants et de ses quatre saisons.

    Montréal, ma belle : le film
    Un lecteur m’a suggéré de vous présenter le très beau film de la réalisatrice Xiaodan He, sorti sur les écrans en février 2026, qui relate le parcours de Feng Xia (Joan Chen), une immigrante chinoise et mère de famille de 53 ans vivant à Montréal, qui tombe amoureuse d’une jeune Québécoise (Charlotte Aubin). Si l’histoire est, à première vue, plutôt classique, au rythme du respect des traditions de Feng, qui travaille dans le dépanneur familial, c’est lorsque cette dernière décide de faire l’école buissonnière vis-à-vis de ces traditions pour explorer ses désirs que le récit devient un vibrant hommage à la liberté et à la destinée individuelle.

    L’écriture cinématographique de Xiaodan He favorise l’observation. Les scènes sexuelles sont à la fois révélatrices et empreintes d’une douce pudeur, et la réalisatrice fait parler les silences, comme dans la tradition du cinéma lesbien d’ici (la scène où Feng va chez le médecin pour obtenir des explications — qui seront éventuellement liées à ses désirs — rappelle celle où Sarah, dans Sarah préfère la course, consulte son médecin). S’il est rafraîchissant de voir une femme immigrante d’âge mûr explorer ses désirs lesbiens — un thème rare dans le cinéma québécois —, il est aussi très intéressant de voir Montréal pour tout ce qu’elle a de charmeur : ses parcs verdoyants où foisonnent les activités, ses ruelles, ses dépanneurs, ses cafés, ses escaliers en colimaçon, sous une chaleur estivale étouffante.
    Plus encore, le film rend un bel hommage à Montréal, telle une symphonie urbaine moderne, tout en mettant de l’avant les réalités contemporaines de l’immigration dans la métropole. Qui plus est, on y voit Montréal pour ce qu’elle est vraiment : une ville ouverte à la diversité sous toutes ses formes — ethnique, culturelle, sexuelle, de genre, etc. Et, pour avoir beaucoup voyagé, je peux dire que rares sont les villes qui offrent un si bel accueil à la diversité, à l’autre. On s’y sent chez nous. Moi, j’y suis née et j’ai envie d’y rester. Je suis fière d’être montréalaise.

    1-Pour lire ou en savoir davantage sur la Déclaration de Montréal : https://www.declarationofmontreal.org/

    2-Montréal, ma belle (1 h 58, Québec/Canada, 2025), réalisé par Xiaodan He, est disponible sur Prime Video et Apple TV.

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